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    Recensement - Le Québec fait famille à part

    La province se distingue sur tous les plans par rapport au Canada

    20 septembre 2012 |Guillaume Bourgault-Côté | Canada
    Les couples québécois vivant en union libre représentent maintenant 37,8% des couples de la province, une augmentation de trois points de pourcentage par rapport au recensement de 2006.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Patrick Dell Les couples québécois vivant en union libre représentent maintenant 37,8% des couples de la province, une augmentation de trois points de pourcentage par rapport au recensement de 2006.
    Graphiques interactifs sur les données du recensement 2011

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    Le Québec, société distincte? Sans aucun doute, si l’on parle de composition familiale. Avec près de quatre couples sur dix qui vivent en union libre, la province fait carrément famille à part d’avec le reste du pays, révélait mercredi Statistique Canada.

    La troisième tranche de données tirées du recensement de 2011 confirme ainsi le statut particulier du tableau familial québécois. Car si la famille nucléaire traditionnelle éclate un peu partout au Canada, c’est clairement au Québec que les changements se font sentir le plus significativement. La tendance n’est pas nouvelle, mais elle s’accentue.


    Les couples québécois vivant en union libre représentent maintenant 37,8 % des couples de la province, une augmentation de trois points de pourcentage par rapport au recensement de 2006. À ce chapitre, le Québec supplante tous les pays où la proportion de couples en union libre est importante : à 29 %, la Suède suit loin derrière. Par rapport aux familles de recensement (c’est-à-dire les couples avec ou sans enfants, ainsi que les familles monoparentales), les « amoureux libres » représentent encore 31,5 % des familles québécoises.


    Ce sont là des taux nettement plus haut que la moyenne canadienne, où 16,7 % des 9,4 millions de familles de recensement sont formées de couples en union libre (soit 1,56 million de couples, une augmentation nationale de près de 14 % en cinq ans). Corollaire, le nombre de couples mariés diminue, même s’il demeure la norme. Là aussi, le Québec se distingue. Moins de 52 % des familles de recensement sont des couples mariés au Québec, statistique établie à 67 % au Canada.


    Autres signes distinctifs ? Il y a légèrement plus de familles monoparentales au Québec, et sensiblement plus de familles recomposées (16,1 % au Québec, contre 12,6 % pour la moyenne nationale). Il y a aussi plus de ménages composés d’une personne seule (32,2 % contre 27,1 % pour le Canada). Dans au moins quatre catégories (union libre, mariage, familles recomposées et personnes seules), le Québec se situe ainsi tout en haut (ou en bas) du classement des provinces.


    Ces écarts entre le Québec et le reste du Canada n’étonnent toutefois pas Céline Le Bourdais, directrice de la chaire de recherche du Canada en statistiques sociales et en changement familial de l’Université McGill. « On confirme ici des tendances », dit-elle en rappelant qu’une seule donnée influence toutes les autres. « On vit davantage en union libre et on sait que ces couples sont plus instables, même s’ils durent de plus en plus longtemps. Ça a forcément un impact sur les couples mariés et les familles recomposées. »


    Sur le fond, Mme Le Bourdais soutient que « ça fait des années qu’on se casse la tête pour trouver des raisons expliquant pourquoi les Québécois préfèrent les unions libres. On a évoqué le rejet de l’institution catholique, le manque d’intérêt envers le mariage civil - qui était jusqu’à récemment une cérémonie plate au Palais de justice -, le féminisme plus fort au Québec, ou même un rejet du partage obligatoire du patrimoine pour les mariés… La vérité, c’est qu’on ne le sait pas précisément. »


    Le portrait global dessiné par ce volet du recensement indique « une diversification des formes familiales au Canada et au Québec », observe Eric Caron-Malenfant, analyste à Statistique Canada. « La proportion de couples en union libre augmente, les familles monoparentales aussi, alors que les couples mariés perdent de l’importance. C’est une tendance de fond. »


    La famille canadienne est ainsi plus variée que jamais. De plus en plus d’enfants vivent dans un ménage en union libre (de 12,8 % des enfants en 2001 à 16,3 % dix ans plus tard). Ils sont 63,6 % à vivre au sein d’un ménage marié, soit cinq points de pourcentage de moins qu’en 2001.

     

    Familles « recomposées »


    Il y a près de 500 000 familles « recomposées » au Canada, une donnée dénombrée pour la première fois par Statistique Canada. On entend par là un couple qui vit avec au moins un enfant né d’une précédente union. C’est donc plus de 12 % des 3,7 millions de familles avec enfant qui sont recomposées. Un peu plus de la moitié de ces familles sont des « recomposées simples », c’est à dire sans demi-frère ou demi-soeur dans le portrait. Mais au total, un enfant canadien sur dix vit dans une famille recomposée.


    Le recensement indique aussi qu’il y a 64 500 couples de même sexe au pays, une augmentation de 42 % en cinq ans. Le tiers de ces couples sont mariés - ce qui est légal au Canada depuis 2005. La proportion de couples de même sexe par rapport à tous les couples canadiens (0,8 %) est semblable à celle observée en Australie, au Royaume-Uni et en Irlande, note Statistique Canada. Près de la moitié de tous les couples homosexuels au Canada vivent à Montréal, Vancouver et Toronto.


    Les familles monoparentales demeurent par ailleurs une part importante du tableau familial canadien, avec 1,52 million de foyers ainsi composés. C’est la première fois que les couples en union libre sont plus nombreux que les familles monoparentales. Ces dernières sont composées à 80 % par des femmes (qui s’occupent donc seules de plus de 12 % de toutes les familles de recensement).


    Sinon, le recensement révèle que le phénomène des « Tanguy » - ces jeunes adultes qui ne quittent pas le nid familial - semble s’être stabilisé. Mais plus de 42 % des jeunes de 20 à 29 ans demeuraient chez leurs parents au moment du recensement, un taux qui était de 27 % il y a 30 ans. Les jeunes sont par conséquent moins nombreux à vivre en couple (31 % en 2011, alors que c’était un jeune sur deux en 1981).













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