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Avortement: le vote dès la semaine prochaine

18 septembre 2012 | Hélène Buzzetti | Canada
C’est ce vendredi que la Chambre des communes débattra pour la deuxième et dernière heure d’une motion conservatrice visant à déterminer quand, au juste, un foetus devient un être humain. Le vote tant attendu aura lieu mercredi prochain, mais le parrain de la motion, Stephen Woodworth, ne se fait pas d’illusion sur ses chances de le remporter.

« Je ne suis pas optimiste que j’arriverai proche des 50 % nécessaires pour faire passer cette motion même si je continue de rencontrer des députés et de les convaincre », a indiqué M. Woodworth en conférence de presse lundi midi.


Le député de l’arrière-ban voudrait que la Chambre des communes se penche sur l’article 223.1 du Code criminel statuant qu’aux fins de l’application des mesures sur l’homicide, un enfant n’est considéré comme une personne que lorsqu’il est complètement sorti du ventre de sa mère. La motion commanderait à un comité parlementaire d’entamer une étude médicale, légale et éthique pour déterminer s’il faut reculer le curseur du début de la vie.


D’aucuns ont vu dans cette initiative une tentative de criminaliser l’avortement : déclarer que le foetus est un être humain érigerait en assassinat tout avortement, clament les opposants du député ontarien de Kitchener Centre. M. Woodworth s’en défend bien. L’avortement est une « distraction » dans ce débat, dit-il. Son seul objectif est de revoir une définition de la vie vieille de 400 ans. « Y a-t-il qui que ce soit qui croit qu’il faut prétendre qu’un enfant de huit ou neuf mois de gestation n’est pas un être humain pour justifier l’avortement ? Est-ce que l’accès à l’avortement dépend d’une telle fraude intellectuelle ? »


Outre le débat théorique, M. Woodworth a invoqué des statistiques nébuleuses sur le nombre de foetus nés puis morts par avortement. Selon lui, citant Statistique Canada, de telles morts seraient survenues 241 fois entre 2000 et 2005. « Une mort n’est pas décrite comme une mort infantile à moins que l’enfant ne soit né vivant. Alors, ces quelque 50 enfants par année sont nés vivants et sont morts au cours d’une interruption de grossesse, soutient-il. J’ai vérifié et aucune poursuite n’a été déposée parce qu’au moment où ces interruptions ont eu lieu, l’enfant n’était pas considéré comme un être humain. »


Il a été impossible de faire confirmer ces statistiques, et leur signification, par Statistique Canada lundi. Il se pratique environ 100 000 avortements par année au Canada, dont la très grande majorité avant la 12e semaine de grossesse. Les avortements après la 20e semaine représentent entre 0,3 % et 1 % du lot, selon la source consultée. Ils sont surtout effectués à la suite d’une maladie incurable de la mère ou la détection d’une malformation du foetus.

 
 
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