Ban Ki-moon ignore les objections de Baird
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s’est envolé mardi pour l’Iran, apparemment sourd aux objections du ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, qui l’a exhorté à boycotter le sommet du Mouvement des pays non alignés devant se tenir cette semaine à Téhéran.
Le bureau de M. Baird a rendu publique une lettre de protestation bien sentie qu’il a envoyée à M. Ban la semaine dernière afin de lui demander de ne pas assister au sommet.
Le Canada a joint sa voix à celles des États-Unis et d’Israël, qui ont aussi publiquement dénoncé la décision du secrétaire général de participer à la rencontre, soutenant qu’il contribuerait ainsi à servir les intérêts du régime iranien.
John Baird a prévenu mardi que Téhéran exploiterait probablement la présence de Ban Ki-moon au sommet, qui réunira une centaine de pays, à des fins de propagande. « Nous craignons que le fait qu’il soit présent là-bas ne permette au régime de se renforcer sur le plan politique », a-t-il indiqué, rappelant que l’Iran avait juré d’anéantir Israël et affichait un bilan désastreux en matière de droits de la personne. « Évidemment, nous l’avons fortement encouragé, comme l’ont fait plusieurs de nos alliés, à réfléchir à cela avant de partir. »
La missive résume ces inquiétudes, qui font écho à celles d’Israël. « Les dirigeants actuels de l’Iran utiliseront votre présence pour servir leurs objectifs odieux. Une telle visite ne fera que légitimer et excuser les actions passées de ce régime que le Canada considère comme la principale menace à la paix et à la sécurité mondiales aujourd’hui », peut-on lire dans la lettre datée du 23 août.
L’Occident croit que l’Iran cherche à se doter de la bombe atomique alors que celle-ci assure que son programme nucléaire ne vise qu’à produire de l’énergie.
Mardi, le bureau de Ban Ki-moon n’a fait aucune mention des objections du Canada, mais a noté celles des États-Unis et d’Israël. Un porte-parole a déclaré que ce dernier profiterait de son voyage pour exprimer clairement au régime les inquiétudes et les attentes de la communauté internationale concernant les problèmes auxquels il doit de toute urgence s’attaquer pour améliorer la stabilité de la région et le bien-être des Iraniens.








