Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Angela Merkel marque ses distances avec les sables bitumineux

17 août 2012 09h58 | Marie Vastel | Canada
Ottawa - L'Allemagne et le Canada sont sur la même longueur d'onde : le traité de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne doit être conclu d'ici la fin de l'année, et le refus d'Ottawa de participer au plan de relance européen n'y changera rien. Mais si Angela Merkel et Stephen Harper sont d'un parfait accord sur le plan économique, la chancelière allemande n'a pas caché ses convictions divergentes en matière d'environnement.

Mme Merkel - dont le pays importe surtout son énergie - s'est dite intéressée, d'entrée de jeu dans sa déclaration aux médias jeudi, par les ressources naturelles qu'a à offrir le Canada. Interrogée plus précisément sur les sables bitumineux, elle s'est cependant rangée derrière ses collègues de l'Union européenne.

L'an dernier, l'élaboration de la Directive européenne sur la qualité des carburants avait suscité la controverse au Canada. En vertu de cette directive, qui a pour objectif de réduire de 6 % d'ici 2020 par rapport à 2010 l'empreinte de carbone des carburants fossiles, le pétrole provenant des sables bitumineux serait considéré comme plus polluant que le pétrole brut. Accusant l'Union européenne de faire de la «discrimination injuste, sans fondement», le ministre canadien des Ressources naturelles, Joe Oliver, avait menacé à demi-mot de s'adresser à l'Organisation mondiale du commerce.

Mme Merkel a fait valoir jeudi qu'elle estimait comme ses partenaires européens qu'il faut que cette question soit approfondie à l'aide d'études scientifiques. «Nous croyons évidemment que nous devons faire tout ce qui est possible pour réduire les émissions de CO2 autant que nous le pouvons, mais nous sommes aussi au courant des problèmes qu'il y a quant aux sables bitumineux. Cela ne veut pas dire, cependant, que l'extraction de gaz naturel est libre d'émissions de CO2. Il faut offrir une base scientifique solide à tout cela, et l'Allemagne va fortement appuyer ce principe», a-t-elle affirmé aux côtés de Stephen Harper.

«Elle réaffirme la façon de faire de l'Union européenne dans ce dossier-là. Et n'en déplaise à M. Harper, et à M. Oliver, et à toutes les pétrolières, si la science, si la méthodologie adoptée par l'Union européenne montre que les émissions de GES [gaz à effet de serre] sont plus importantes que celles de combustibles conventionnels, c'est ce qui va être dans la directive», a analysé Steven Guilbeault, d'Équiterre. Une opinion partagée par Keith Stewart, de Greenpeace, qui souligne que les recherches scientifiques de la Commission européenne ont déjà confirmé que le pétrole des sables bitumineux était en moyenne plus polluant.

Or le ministre Oliver a semblé se réjouir de cette sortie de la chancelière et a tiré des conclusions inverses quant aux études menées jusqu'à présent. Celles-ci auraient démontré selon lui que «les émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble du cycle de vie du brut extrait des sables bitumineux sont semblables, et dans certains cas moins élevées, que plusieurs pétroles bruts présentement importés et utilisés dans l'Union européenne». C'est que le gouvernement canadien utilise les études des pétrolières, rétorque M. Stewart pour expliquer cette différence. M. Oliver a réitéré que le Canada s'assurerait que toute directive soit «équitable et basée sur une science solide».
 
Au diapason

Les deux chefs de gouvernement étaient en revanche au diapason quant à l'importance de conclure l'Accord de libre-échange canado-européen. «Au moment où il y a un manque de croissance dans le monde, nous - le Canada et l'Allemagne - sommes convaincus que le libre-échange est l'un des meilleurs engins de croissance à notre disposition», a martelé Mme Merkel, tandis que M. Harper a répété son souhait que cette entente soit signée d'ici la fin de 2012.

Les deux chefs d'État ont en outre affirmé que le refus catégorique du Canada de participer au plan de relance européen ne mettrait pas cet objectif en péril. «Ces deux questions ne sont pas reliées [...] Nous devons tous deux augmenter notre commerce et notre croissance, c'est essentiel pour l'Europe tout comme pour le Canada», a fait valoir Stephen Harper au terme de sa rencontre bilatérale avec la chancelière, au parlement.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel