Offensive publicitaire d’Enbridge pour défendre ses oléoducs
L’Association canadienne de pipelines d’énergie lance aussi une campagne
Tout le débat entourant la construction d’un oléoduc d’Enbridge dans l’Ouest du pays inquiète l’entreprise albertaine, qui a répliqué à ses détracteurs à coups de pages publicitaires dans les quotidiens anglophones du pays.
La campagne publicitaire, intitulée « Les faits sur les pipelines », défend le bilan d’Enbridge qui aurait livré son pétrole sans encombre dans « 99,999 % » des cas. « C’est bien, mais, pour nous, ce n’est pas assez bien. Tout incident nous indique que nous devons faire encore mieux. Nous n’arrêterons pas tant que nous n’aurons pas atteint 100 % », plaide la publicité publiée dans le Toronto Star et le Globe and Mail hier. Évitant d’écrire le mot « déversement » pour parler plutôt d’« incident », le président Al Monaco affirme que les oléoducs sont « de loin la méthode la plus sécuritaire et la plus efficace pour transporter de grandes quantités de pétrole ».
« Nous estimons que les conversations sur les pipelines doivent tenir compte d’autres facteurs, a expliqué en entrevue le porte-parole d’Enbridge, Todd Nogier. Et il y a un contexte à tout ce débat : nous travaillons fort pour faire baisser le nombre d’incidents à zéro, mais nous transportons une immense quantité de produit et notre bilan est solide. » Depuis 10 ans, l’entreprise aurait fait transiter quelque 12 milliards de barils d’or noir, dit-il.
M. Nogier a d’abord cité le déversement au Wisconsin pour expliquer la campagne publicitaire. Mais il a aussi reconnu que les sorties publiques de politiciens y étaient pour quelque chose. Il y a dix jours, le ministre du Patrimoine James Moore, de la Colombie-Britannique, s’est inquiété de voir Enbridge - qui a dû gérer trois déversements en 12 mois - mener le projet Northern Gateway, qui traverserait sa province pour livrer le pétrole albertain à l’Asie.
Et cette semaine, c’était au tour du ministre des Ressources naturelles Joe Oliver de reconnaître que le gouvernement n’est pas rassuré. « Il est vrai que les pipelines sont le mode de transport de pétrole et de gaz le plus sécuritaire. […] Cependant, il y a eu de récents déversements et j’ai dit que nous, au gouvernement, nous n’en sommes pas contents. Nous considérons que la sécurité est l’objectif primordial et il est très important que l’industrie soit d’accord et qu’elle prenne les mesures qui s’imposent, et je pense qu’elle est d’accord », a-t-il réagi.
Le gouvernement de Stephen Harper continue toutefois de marteler qu’il doit diversifier ses marchés énergétiques, et ce, vers l’Asie.
Autre campagne
À l’instar d’Enbridge, l’Association canadienne de pipelines d’énergie (CEPA) a elle aussi lancé une campagne publicitaire, y plaidant que les récents déversements démontraient que les exploitants « doivent faire mieux pour réduire la fréquence et l’impact des incidents ».
La présidente du groupe de pétrolières Brenda Kenny a expliqué qu’il allait se prendre d’importantes décisions au pays relatives à de nouveaux projets d’oléoduc et l’avenir énergétique du Canada. « Et notre rôle est de nous assurer que ces discussions et décisions sont bien informées », a-t-elle affirmé.








