Projet Northern Gateway - «La Colombie-Britannique n’est pas à vendre»
Des représentants politiques somment Christy Clark de refuser tout projet d’oléoduc
« L’argent n’est pas la question. Personne ne veut d’une “compensation-oléoduc” qui met en danger sa communauté et sa mode de vie […] et les risques de déversement de pétrole sont simplement incontournables avec les projets de pipeline et de pétroliers d’Enbridge. La Colombie-Britannique n’est pas à vendre », a tranché Jennifer Rice, conseillère municipale de la ville de Prince-Rupert, sur une île au large de la province de l’Ouest, en plein trajet des bateaux qui transporteraient le pétrole vers l’Asie si le projet d’Enbridge se concrétisait.
Réunis en point de presse, Mme Rice et le grand chef Stewart Phillip, président de l’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, ont sommé la première ministre Christy Clark de s’opposer entièrement au projet Northern Gateway, qui verrait l’oléoduc d’Enbridge traverser la province depuis l’Alberta.
Au Conseil de la fédération, la semaine dernière, Mme Clark a mis sur table sa liste de conditions pour que sa province considère favorablement le projet caressé par son homologue albertaine Allison Redford. Parmi celles-ci, que la Colombie-Britannique obtienne sa part de retombées.
Or, le projet de 5,5 milliards $ est carrément inacceptable, ont rétorqué Mme Rice et M. Phillip à Vancouver, hier. Et le grand chef autochtone a prévenu que les communautés de la province étaient prêtes à se battre jusque devant les tribunaux.
Non seulement la Colombie-Britannique n’a pas besoin d’un oléoduc, mais Enbridge n’est de surcroît certainement pas l’entreprise pour piloter un tel projet, a quant à lui fait valoir David Anderson, ancien chef libéral dans la province et ex-ministre fédéral de l’Environnement. « Il est temps de dire non de façon catégorique », a-t-il déclaré à propos de la position de Mme Clark. Car la preuve que de faire confiance à Enbridge est risqué, selon lui, c’est le plus récent déversement de plus de 1000 barils de pétrole qui se sont retrouvés dans un champ du Wisconsin, aux États-Unis, vendredi. Le mois dernier, c’était en Alberta qu’Enbridge avait dû gérer la fuite de 230 000 litres de pétrole.
Le gouvernement fédéral s’est fait discret depuis le début de la querelle qui oppose Mme Clark et Mme Redford. Mais questionné à savoir si Ottawa pourrait éventuellement intervenir et forcer la main de la Colombie-Britannique, le bureau du ministre des Ressources naturelles Joe Oliver n’a pas caché l’importance pour son gouvernement de diversifier son marché énergétique. « Nous allons continuer de travailler avec les provinces pour assurer la prospérité à long terme du Canada. Il est dans l’intérêt de notre pays d’avoir plus d’un acheteur pour l’exportation de nos ressources. Le secteur énergétique est névralgique pour l’avenir économique du Canada », a noté le ministre Oliver dans une déclaration transmise par courriel par son attachée de presse.
« Les projets d’envergure subiront une évaluation environnementale rigoureuse avant qu’ils ne soient autorisés à aller de l’avant », a-t-il ajouté. Dans son projet de loi budgétaire, le gouvernement conservateur a cependant allégé les évaluations environnementales de « grands projets à retombées économiques ». Des changements qui s’appliqueront au projet d’Enbridge dans l’Ouest du pays.








