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    Crise en Syrie - Le Canada promet de faire plus

    Baird exclut une intervention militaire, mais assure davantage d’aide humanitaire

    26 juillet 2012 |Marie Vastel | Canada
    John Baird mise toujours sur une solution diplomatique pour régler la crise syrienne.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Jewel Samad John Baird mise toujours sur une solution diplomatique pour régler la crise syrienne.
    Alors que les violences s’enveniment en Syrie, le ministre des Affaires étrangères John Baird évoque déjà l’ère « post-Assad ». Mais quant aux moyens de convaincre Bachar al-Assad de quitter le pouvoir, pas question d’une intervention armée, a réitéré le ministre Baird. Pour le moment, les Syriens pourront toutefois compter sur une hausse de l’aide humanitaire offerte par le Canada.

    « C’est un domaine dans lequel le Canada peut faire plus, et va faire plus », a promis le ministre Baird hier, à l’issue d’une rencontre avec des représentants de la communauté syrienne au pays et du Conseil national syrien (CNS). Et Ottawa est prêt à aider non seulement la Syrie, mais aussi ses pays voisins, qui ont accueilli des centaines de milliers de réfugiés qui fuyaient les violences.


    Le Canada a offert 8,5 millions de dollars aux pays du Moyen-Orient, la troisième contribution en importance, selon le ministre. Il est trop tôt cependant pour connaître le montant additionnel prévu, et à quel moment celui-ci pourra être annoncé. Ni le ministre ni son bureau n’ont donné plus d’informations à ce sujet.


    Des membres du Conseil canadien syrien (CCS) - qui regroupe des membres de l’opposition à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie - ont cependant indiqué qu’ils souhaitaient qu’Ottawa égale la contribution humanitaire offerte par les États-Unis, laquelle atteint 25 millions. Le ministre Baird ne leur a rien promis, mais les représentants ont « senti que ces demandes vont être concrétisées », a commenté Faisal Alazem, qui tenait à son tour un point de presse pour commenter avec ses collègues la rencontre avec le chef de la diplomatie canadienne. « Plus d’un million de personnes ont dû quitter leur maison. Si vous considérez qu’on va donner un dollar par jour à ce million de personnes, cela veut dire un million de dollars par jour », a-t-il illustré.


    Les représentants du CNS et du CCS ont quelques projets en tête pour le Canada, notamment la construction d’hôpitaux mobiles, car les hôpitaux du pays servent maintenant de centres de détention, a expliqué M. Alazem. M. Baird avait lui-même évoqué plus tôt l’aide médicale qui pourrait être apportée en Syrie. Le CCS souhaite en outre la mise sur pied d’un réseau de communications sécuritaire, afin que les journalistes puissent faire état des affrontements sans risquer de représailles de l’armée du régime.


    Mais hormis ces efforts humanitaires, les Syriens qui ont rencontré le ministre Baird veulent aussi que le Canada mène un nouvel effort diplomatique, notamment en faisant pression auprès de la Russie, qui a opposé son veto - tout comme la Chine - à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU pour l’imposition de sanctions contre le régime Al-Assad. Si Ottawa parvient à tenir des pourparlers avec les Russes au sujet du territoire arctique, le gouvernement canadien devrait pouvoir aussi discuter du sort de la Syrie, a plaidé le père Paolo Dall’Oglio. « Il y a des canaux, une connaissance, un savoir-faire dans la relation avec la Russie. […] Nous demandons au Canada d’utiliser ce savoir-faire pour entamer une nouvelle ronde d’efforts diplomatiques », a sommé ce prêtre d’origine italienne qui a été expulsé de la Syrie le mois dernier après avoir critiqué le régime Al-Assad, alors qu’il y séjournait depuis plus de 30 ans.


    Rejetant une fois de plus l’idée d’une intervention militaire - même s’il argue qu’il n’y a « pas de place pour Assad dans tout effort de négocier une solution » -, M. Baird a convenu que le Canada continuerait ses efforts diplomatiques. « Nous n’allons pas simplement jeter l’éponge, a-t-il dit. Ces conflits ne peuvent pas tous être réglés par le biais d’interventions militaires extérieures et de changements de régime imposés par l’extérieur. »


    Le ministre a par ailleurs reconnu que son gouvernement n’était pas rassuré de savoir que l’armée syrienne a entre les mains des armes chimiques et biologiques, ce qu’a reconnu le régime cette semaine. « Nous nous inquiétons qu’elles soient utilisées contre le peuple syrien et nous sommes préoccupés quant à la sécurité avant et après le moment où le régime tombera », a-t-il commenté au sujet du Canada et de ses alliés.













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