Un Conseil de la fédération qui s’annonce sous le signe de la frustration
Les provinces, qui discuteront santé et énergie, se disent indisposées par le manque d’écoute d’Ottawa
Les premiers ministres canadiens tenteront de forger un front commun lorsqu’ils se rencontreront cette semaine pour discuter d’une série de dossiers, notamment les soins de santé, l’énergie et l’économie, tout en ripostant à un gouvernement fédéral que certains accusent d’avoir fermé la porte aux discussions.
Le premier ministre néo-écossais, Darrell Dexter, l’hôte de cette réunion du Conseil de la fédération, soutient que ses collègues et lui-même s’attaqueront à tous les défis, de la création d’une position à propos des transferts en matière de santé à l’élaboration d’un plan énergétique pancanadien.
Il a toutefois ajouté que la majorité des discussions entre les leaders provinciaux et territoriaux seront teintées de frustration à propos de leurs rapports de plus en plus distants avec le premier ministre fédéral, qui les a rencontrés pour la dernière fois il y a trois ans.
Lors d’une entrevue avant le début des trois jours de discussions, mercredi, M. Dexter a déclaré qu’il existait une bonne dose de consternation au sujet de la question de l’implication entre le gouvernement fédéral et les provinces.
Cette consternation est liée à une série de décisions fédérales qui, aux yeux des provinces, ont été prises avec peu ou pas de consultation, comme les changements à l’assurance-emploi, le projet de loi omnibus sur la criminalité et les réformes à la Loi sur les pêches.
Transferts en santé
L’un des premiers sujets qui sera abordé est l’annonce du ministre fédéral des Finances Jim Flaherty, au début de 2011, touchant la hausse des transferts fédéraux pour les soins de santé octroyés dans les provinces. M. Flaherty a confirmé que ce taux demeurera à 6 % par année jusqu’en 2017, avant d’être calqué sur la croissance économique et l’inflation, tout en demeurant au-delà de 3 %.
Plusieurs provinces, dont le Québec, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse, le Manitoba et Terre-Neuve, ont déclaré que M. Flaherty leur avait imposé cette entente sans laisser place aux négociations. Le gouvernement fédéral a rétorqué que cette nouvelle formule était généreuse.
Plusieurs provinces de l’est du pays possédant une population âgée considérable ont laissé entendre que la modification entraînerait des coûts prohibitifs.
Les premiers ministres devraient également discuter d’une stratégie énergétique nationale, dirigée par l’Alberta, qui permettrait de former une approche commune pour exploiter et mettre en marché de façon durable les ressources énergétiques.
Les premiers ministres de l’Ouest appuient déjà la vision de la chef du gouvernement albertain Alison Redford. Plusieurs leaders ont par ailleurs fait publiquement savoir que leurs intérêts provinciaux divergents et leurs ressources énergétiques variées n’empêcheraient pas la formation d’un front uni, un sentiment soutenu la semaine dernière par un comité sénatorial à majorité conservatrice qui a recommandé une approche pancanadienne de la question énergétique.








