Lettre - Lettre au ministre Rob Nicholson
Monsieur le Ministre,
Votre réaction au jugement de la Cour suprême de la Colombie-Britannique appuyant l’aide médicale à mourir, que vous portez en appel, ne surprend guère.
Ce qui surprend, ce sont vos paroles - ineptes - que rapportent les médias, en ce qu’elles montrent que vous êtes mal renseigné et qu’une fois de plus, en tant que conservateur, vous exhibez le pire défaut du parti de M. Harper : son profond mépris de la démocratie.
À ce jour, Monsieur le Ministre, les recherches dans ce domaine démontrent que les personnes dites vulnérables (âgées, malades, handicapées, etc.) ne sont aucunement victimes d’abus, tel qu’il fut établi lors de la cause de Mme Taylor, en Colombie-Britannique. Vos conseillers semblent vous dissimuler ce que vous ne voulez pas entendre…
Que le vote de 2010 au Parlement « constitue une expression de la volonté démocratique dans ce dossier » confirme votre approbation de l’immense déficit de la démocratie canadienne, laquelle vous permet de gouverner en despote avec 25 % des votes ! Comment des députés peuvent-ils prétendre décider au nom de leurs électeurs, dont ils ignorent l’opinion (ou n’en tiennent pas compte) sur cette délicate question impliquant leurs valeurs profondes ?
Puisque je vous vois si mal renseigné et si démocratiquement anémié, je vous signale un éditorial récent du Journal de l’Association médicale canadienne, qui suggère que seule une consultation de toute la population canadienne pourrait satisfaire à la justice ET à l’apparence de justice qu’exigent cette question.
Se peut-il également que vous ignoriez que depuis plus de 30 ans, 70 à 80 % de la population s’est à répétition prononcée en faveur d’une aide médicale à mourir bien balisée, qui seule respecterait les choix de tous les citoyens et citoyennes dans leurs derniers jours ?
Avec mes respects,
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Marcel Boisvert M. D. - Beloeil, le 14 juillet 2012








