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    Un don de 15 millions controversé

    L’argent versé à l’Université Carleton provient d’un homme d’affaires albertain proche des conservateurs

    14 juillet 2012 |La Presse canadienne | Canada

    Le président de l’Association de faculté de l’Université Carleton a déclaré hier qu’il aimerait que les ententes entre les universités et les donateurs soient rendues publiques à la suite de la controverse touchant l’École de gestion politique de l’Université Carleton.


    Selon Jason Etele, qui enseigne le génie, les problèmes concernant l’entente de collaboration assortie d’un don de 15 millions à l’École de gestion politique par l’hom-me d’affaires Clayton Riddell auraient pu être évités et ont atteint le moral du personnel enseignant. Mais les professeurs ne sont pas surpris, a ajouté le président nouvellement élu de la Carleton University Academic Staff Association. Les ententes de collaboration avec le privé sont devenues une tendance, a ajouté Jason Etele.


    L’Université Carleton avait fait savoir plus tôt cette semaine qu’elle entendait renégocier l’entente conclue avec l’homme d’affaires Clayton Riddell, qui a fait un don de 15 millions à cet établissement d’Ottawa pour la mise en oeuvre de la campagne de publicité de son École de gestion politique.


    Au même moment, l’Association canadienne des professeurs du Canada (ACPC) critiquait sévèrement cette « tendance inquiétante » des universités à court de moyens financiers à renoncer à leur intégrité au profit du soumissionnaire le plus offrant. Au dire du président de l’ACPC, James Turk, la nature même des universités est en jeu, car les dons placent les donateurs dans une position où ils sont en mesure d’influencer l’embauche, le cursus, le type de questions de recherche et le genre de réponses à ces mêmes questions.


    M. Turk a ajouté que le public perdrait, et « devrait alors perdre », sa confiance dans l’université, qui à son tour perdrait son caractère distinctif.


    Carleton a finalement rendu publics les détails de l’entente le vendredi précédant la fête nationale du Canada, et ce, au terme d’une année complète passée à fournir des réponses évasives à ce sujet aux journalistes de La Presse canadienne à la suite d’une demande en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.


    Preston Manning


    Le contrat qui a été livré à La Presse canadienne le 29 juin révèle que la Fondation Riddell a bel et bien nommé trois des cinq membres d’un comité de direction qui a une influence importante dans les décisions concernant le budget alloué au programme de gestion politique, mais également les choix pour l’embauche, le directeur administratif et le cursus.


    Preston Manning, le fondateur du défunt Parti réformiste du Canada, siège à la tête du comité. Son ancien chef de cabinet Cliff Fryers y est aussi, comme Chris Foggart, l’ancien chef de cabinet du ministre conservateur John Baird, de même que deux porte-parole de l’université.


    Dans un courriel envoyé à La Presse canadienne jeudi, la porte-parole de Carleton, Beth Gorham, avait indiqué que l’université prévoyait « revoir les dispositions de l’entente en collaboration avec le donateur ». L’entente « ne reflétait pas pleinement les politiques et les procédures de Carleton en ce qui a trait à la gestion du budget et à la sélection du personnel », a écrit l’établissement dans un communiqué.


    Des batailles similaires opposant enseignants et dirigeants d’université ont eu lieu dans d’autres établissements, entre autres à Waterloo et à Calgary au cours de la dernière année. « On peut se demander où sera la limite, demande pour sa part Jason Etele, le représentant de la Carleton University Academic Staff Association. Il s’agit d’un établissement public et les citoyens ont le droit de savoir comment les universités dépensent leur argent. »













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