Regain d’intérêt du PC pour le Québec
Les conservateurs lancent une offensive contre Thomas Mulcair
La nouvelle publicité mise en ligne par le gouvernement conservateur place en opposition les politiques économiques des deux chefs en interpellant les électeurs. « Connaissons-nous vraiment Thomas Mulcair ? », s’interroge le narrateur dans les premiers instants de la version française du message de 30 secondes. La publicité prétend que la taxe sur le carbone de Thomas Mulcair « augmenterait le prix de l’essence, de l’électricité et plus encore ». Les conservateurs y soulignent la volonté de M. Mulcair de s’opposer à des accords commerciaux qui augmenteraient les exportations, tout comme ses « théories économiques dangereuses ».
Le Parti conservateur fait apparemment référence au « syndrome hollandais » évoqué à plusieurs reprises par le chef du NPD au sujet de l’exploitation des sables bitumineux. Ce concept apparu dans les années 1970 veut que l’exploitation rapide des ressources naturelles hausse la valeur de la monnaie locale et nuise à d’autres secteurs de l’économie.
De son côté, Stephen Harper est décrit comme un chef incarnant la stabilité économique. Le message évoque notamment les centaines de milliers d’emplois créés dans le cadre du Plan d’action économique du Canada et la route vers l’équilibre budgétaire empruntée par le chef conservateur. La publicité conclut que « nous ne pouvons pas nous permettre le NPD de Mulcair ».
Cette nouvelle publicité est diffusée au moment où les conservateurs glissent dans les sondages, autant au Québec qu’au Canada. Selon le dernier coup de sonde Léger Marketing-Le Devoir mené il y a deux semaines, plus d’un Québécois sur deux dit appuyer le NPD, tandis que seulement 14 % des répondants favorisent les troupes conservatrices. À l’échelle du pays, les conservateurs ont glissé en deuxième position, quatre points derrière les néo-démocrates, selon un sondage commandé en mai par La Presse canadienne. La marge d’erreur de 2,2 % provoque toutefois une égalité approximative entre les deux partis.
Il n’a pas été possible d’obtenir de commentaires de la part du Parti conservateur au cours de la journée d’hier.
Le NPD a aussi préféré ne pas se prononcer au sujet de cette nouvelle offensive conservatrice. Le parti ne compte pas non plus répliquer prochainement par l’entremise d’un message publicitaire.
Travailler avec le PQ
À l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste, le premier ministre Harper s’est présenté dimanche dans la circonscription de Lotbinière -Chutes-de-la-Chaudière en compagnie de 19 ministres de son cabinet. « Il y a un gouvernement fédéral conservateur qui a à coeur les intérêts du Québec, a affirmé à cette occasion le lieutenant québécois du gouvernement conservateur et ministre de l’Industrie, Chritian Paradis. Je pense que le fait qu’il y ait une présence aussi massive des membres du cabinet, des ministres anglophones, ça démontre que, franchement, on veut que les choses fonctionnent au Québec. »
M. Paradis est le seul élu à avoir accepté de répondre aux questions des journalistes en lien avec une rencontre qui a eu lieu la semaine dernière entre le premier ministre Stephen Harper et son prédécesseur Brian Mulroney, tel que le rapportait vendredi La Presse canadienne. Cette rencontre entre MM. Harper et Mulroney visait essentiellement à discuter de la probable élection d’un gouvernement péquiste au Québec et de la manière de rétablir les ponts avec la province francophone.
M. Harper a également rencontré le premier ministre Jean Charest en marge d’une conférence à Montréal, le 11 juin. Le PC craint que la probable élection d’un gouvernement dirigé par un parti souverainiste au Québec ne nuise à l’unité nationale. « Peu importe le gouvernement qui sera élu, nous, ce qu’on veut, c’est travailler avec le gouvernement du Québec, a commenté M. Paradis. Ce qu’on veut pousser justement, c’est assurer une prospérité pour les Québécois, pour les Canadiens. »
La réconciliation des conservateurs avec le Québec pourrait être compliquée par une série de décisions qui ont irrité l’électorat de la province, telles que l’abolition du registre des armes à feu, l’adoption du projet de loi C-38 et la réforme de l’assurance-emploi. « On ne peut pas toujours être en constante harmonie avec la province de Québec, mais je pense que ce qu’il faut faire, c’est identifier nos intérêts communs et les pousser », a renchéri M. Paradis.
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, s’est pour sa part réjouie de l’intérêt manifesté par Stephen Harper pour le Québec. Elle estime que le premier ministre du Canada a bien raison de prendre son parti au sérieux.
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Avec La Presse canadienne








