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70 000 $ pour des limousines et une photo

6 juin 2012 | Hélène Buzzetti | Canada
Le ministère de la Défense nationale a notamment déboursé 47 313 $ pour tenir la conférence de presse du 16 juillet 2010 lors de laquelle le ministre, Peter MacKay, avait annoncé qu’Ottawa irait de l’avant avec l’achat d’avions militaires F-35. Pour l’occasion, M. MacKay s’était fait photographier assis dans un de ces appareils.
Photo : Agence Reuters Chris Wattie Le ministère de la Défense nationale a notamment déboursé 47 313 $ pour tenir la conférence de presse du 16 juillet 2010 lors de laquelle le ministre, Peter MacKay, avait annoncé qu’Ottawa irait de l’avant avec l’achat d’avions militaires F-35. Pour l’occasion, M. MacKay s’était fait photographier assis dans un de ces appareils.
Le président du Conseil du Trésor, le ministre Tony Clement, ne voit aucun problème à ce que ses collègues aient dépensé des dizaines de milliers de dollars pour se balader en limousine en Suisse ou se faire photographier à côté d’un avion militaire. Ces sommes, estime l’argentier du gouvernement fédéral, ont été bien dépensées.

Le ministère de la Défense nationale a admis hier qu’il a déboursé 47 313 $ pour tenir la conférence de presse du 16 juillet 2010 à laquelle le ministre, Peter MacKay, avait annoncé qu’Ottawa irait de l’avant avec l’achat d’avions militaires F-35. Pour l’occasion, M. MacKay s’était fait photographier assis dans un de ces appareils, appareil fourni gracieusement par le fabricant, Lockheed Martin, qui l’a transporté à ses frais depuis le Texas par camion-plateau. Les 47 000 $ ont notamment servi à payer un système de sonorisation à la conférence de presse.


« Nous avons l’obligation de communiquer nos décisions, a expliqué Tony Clement. Vous, les médias, seriez les premiers à vous plaindre si nous ne le faisions pas. » Lorsqu’un journaliste lui a souligné qu’une simple conférence de presse à Ottawa aurait pu suffire, M. Clement a répondu : « Vous savez quoi ? Nous avons décidé que nous voulions une illustration visuelle de ce que nous annoncions. Il y avait plus de cent intervenants qui étaient invités parce qu’ils sont experts dans le domaine des avions de chasse. Je ne crois pas que nous devrions nous excuser pour cela. »


M. Clement ne s’excuse pas davantage pour les quelque 23 000 $ que lui et ses collègues du cabinet ont dépensé en location de voitures à Davos, en Suisse, lors du Forum économique mondial de 2011. « Je n’ai aucun problème avec cela, a-t-il dit. J’ai été invité comme ministre de l’Industrie pour parler de l’économie canadienne et de nos succès. » La rencontre a duré trois jours. Quand on lui souligne que plusieurs Canadiens gagnent cette somme en un an, M. Clement a répondu que « Les gens comprennent que nous travaillons pour le peuple du Canada et que nous devons faire cela non seulement au pays, mais dans des forums internationaux ». L’opposition soutient au contraire que Davos étant un petit endroit, les ministres auraient pu soit marcher, soit ne louer qu’une seule limousine pour transporter tout le monde ou faire du « covoiturage ».


 
 
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