Les erreurs s’accumulent au SCRS, dit l’inspectrice générale
L’inspectrice générale du Service canadien du renseignement de sécurité, Eva Plunkett, avait indiqué dans son rapport final que la réputation et l’efficacité de l’agence pourraient être mises à mal si de tels problèmes n’étaient pas résolus.
Elle a souligné qu’il arrivait fréquemment que les politiques ne soient pas respectées, ajoutant être encore plus inquiète par le taux croissant d’erreurs dans les rapports - des erreurs trouvées dans un échantillon « relativement modeste » d’activités du SCRS. Mme Plunkett estimait par ailleurs que le SCRS devrait partager ses inquiétudes à cet égard. « Les erreurs dans la transmission de renseignements constituent, comme je l’ai répété plusieurs fois pendant mon mandat, une affaire grave et elles ont le potentiel d’entraîner des conséquences de grande ampleur », a-t-elle écrit.
La Presse canadienne a obtenu copie hier, en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, d’une version déclassifiée de l’évaluation de Mme Plunkett, rédigée en novembre 2011.
Mme Plunkett a tiré sa révérence en décembre dernier et le gouvernement conservateur a récemment annoncé l’abolition de son poste, prétextant réaliser ainsi des économies et éviter les doublons de travail.
L’inspectrice était les yeux et les oreilles du ministre de la Sécurité publique au sein du SCRS. Mme Plunkett avait souligné, dans son rapport, qu’elle abattait du travail qui n’était fait nulle part ailleurs au gouvernement. Elle était à la tête d’une équipe de huit personnes et son bureau profitait d’une enveloppe budgétaire de 1 million.
L’inspectrice générale et son équipe avaient pour tâche de trouver des lacunes et de recommander des mesures pour rectifier le tir avant même qu’une controverse publique éclate et puisse miner la confiance envers le SCRS. « Il s’agit, pour l’heure, de l’unique ressource indépendante et impartiale dont dispose le ministre pour l’appuyer dans ses responsabilités à l’égard d’un groupe oeuvrant dans le secret, mais pouvant user de pouvoirs des plus intrusifs », a-t-elle souligné dans son rapport destiné au gouvernement.
Mme Plunkett n’estime pas que le SCRS a contrevenu à la loi, pas plus qu’il ne soit allé à l’encontre des directives ministérielles ou exercé des pouvoirs de façon « déraisonnable ou inutile » pour l’année 2010-2011.
Elle soulignait toutefois que dans au moins 19 cas, le SCRS ne s’est pas plié à ses propres politiques de fonctionnement. L’inspectrice mentionnait également plusieurs « inexactitudes » dans la transmission d’informations. Si des erreurs sont inscrites dans la base de données du SCRS, elles peuvent mener à des décisions basées sur des renseignements inexacts de la part de l’agence et de ses partenaires.








