La réforme du Sénat perd de son importance
Le Sénat triple-E - pour élu, égal et efficace - était à la fois un dogme politique et un cri de ralliement.
Cette question a contribué à la poussée du Parti réformiste et des conservateurs du premier ministre Stephen Harper. C’était le mantra de la droite, la voie vers la réelle égalité pour les régions. Ce n’est plus vraiment le cas. Ses partisans purs et durs de l’idée remettent celle-ci en question.
Même le dirigeant partant d’un groupe de réflexion de l’ouest du pays s’étant prononcé pendant des décennies en faveur d’une réforme du Sénat a changé son fusil d’épaule. Roger Gibbins, qui quittera plus tard ce mois-ci ses fonctions de président et chef de la direction de la Canada West Foundation, s’est joint au premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, et à Tom Flanagan, ancien stratège de campagne de M. Harper, parmi le groupe des personnes influentes de l’Ouest qui sont parvenues à la conclusion que la réforme du Sénat - telle qu’elle est actuellement envisagée - était inutile ou malavisée.
Un projet de loi visant à limiter à neuf ans la durée des mandats des sénateurs et à encourager la tenue d’élections sénatoriales à l’échelle des provinces est en train de s’enliser dans le processus législatif.
Bien que Tim Uppal, ministre de la réforme démocratique de M. Harper, ait présenté le projet de loi C-7 comme l’une de ses priorités, il est difficile de ne pas penser que la question de la réforme du Sénat a perdu de son importance. « Je crois que la nouvelle réalité est qu’on ne peut pas former un gouvernement national sans force dans l’ouest du Canada, a affirmé M. Gibbins, professeur à l’Université de Calgary. Le Sénat était une sorte de Saint-Graal dans des parties de l’Ouest canadien, la façon d’avoir une voix régionale au sein du gouvernement national. Si les gens commencent à se dire qu’ils auront cette voix de toute façon, la réforme du Sénat devient moins cruciale », a-t-il ajouté.








