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    Colloque Après le rapatriement: l'état des lieux - 1982, une année victorieuse pour le Québec

    L'auteur et journaliste indépendant Ronald Graham est d'avis que le rapatriement de la Constitution a été bénéfique pour les Québécois

    14 avril 2012 | Marco Bélair-Cirino | Canada
    Pierre Elliott Trudeau recevant une ovation de la part de ses députés après un vote en faveur du rapatriement de la Constitution, en décembre 1981.<br />
    Photo : Agence Reuters Andy Clark Pierre Elliott Trudeau recevant une ovation de la part de ses députés après un vote en faveur du rapatriement de la Constitution, en décembre 1981.
    1982, année d'une «grande victoire historique» pour le Québec? L'idée a de quoi faire sursauter, mais c'est le plus sérieusement du monde que l'auteur Ronald Graham a argué hier que le rapatriement de la Constitution de 1982 a tout compte fait été «une bonne affaire pour le Québec».

    «1982 a été l'année d'une grande victoire historique pour les Québécois. Après plus d'un siècle d'injustice, un premier ministre fédéral francophone [Pierre Elliott Trudeau] a finalement coupé la dernière pierre coloniale du Canada avec la Grande-Bretagne et a enchâssé [...] l'égalité linguistique et le droit à l'instruction en français [dans une loi fondamentale] à l'abri des caprices des politiciens d'Ottawa», a fait valoir le journaliste et auteur de The Last Act: Pierre Trudeau, the Gang of Eight, and the Fight for Canada au cours du colloque Après le rapatriement: l'état des lieux — Quel bilan? Quelles perspectives? organisé par l'Association internationale des études québécoises.

    À ses yeux, les observateurs politiques ont tort d'attribuer la défaite électorale du Parti libéral de 1984, la mort de l'accord du lac Meech, le référendum de 1995 «à un rejet par les Québécois» du rapatriement de la Constitution du Canada et de l'enchâssement de la Charte des droits et libertés dans la loi fondamentale. «À l'époque, plus de 80 % des Québécois disaient que le rapatriement et la Charte étaient de bonnes choses. C'est encore le cas aujourd'hui», a soutenu M. Graham, soulignant que René Lévesque «s'attendait à ce que les masses se révoltent» pour signifier leur désaccord à l'accord constitutionnel du 5 novembre 1981 entre Ottawa et toutes les provinces sauf le Québec, mais en vain.

    Selon Ron Graham, la plupart des Québecois ne se sont pas sentis humiliés avant que le premier ministre conservateur Brian Mulroney «décide de diaboliser les gestes de Trudeau afin de mieux vendre Meech».

    «Les limbes»

    Pourtant, 78 % des Québécois francophones et 31 % des Québécois non francophones estiment que le chef du gouvernement fédéral a eu tort de rapatrier la Constitution de 1982 sans l'accord du Québec, comparativement à 20 % des autres Canadiens, selon un sondage commandé en vue du 30e anniversaire du rapatriement.

    «Cette non-adhésion n'a pas concrètement aujourd'hui d'effets visibles très significatifs», a souligné la professeure au Département de philosophie de l'UQAM, Dominique Leydet, même si elle agit «encore aujourd'hui comme un révélateur d'un déficit de légitimité de la Constitution de 1982».

    «Après une période de 15 ans de fortes turbulences constitutionnelles qui s'est close après l'échec du référendum de 1995, le renvoi sur la sécession du Québec et la loi sur la clarté référendaire, les Québécois vivent, travaillent, fonctionnent au sein de l'ordre constitutionnel canadien», a-t-elle expliqué, ajoutant toutefois que le gouvernement du Québec ainsi que la plupart des Québécois ne qualifieraient pas, 30 ans après le rapatriement de la Constitution de 1982, la non-adhésion du Québec de «curiosité historique appartenant à un passé révolu et sans résonance dans le présent».

    Pour Mme Leydet, celle-ci marque aussi la possibilité pour le Québec de relancer le débat constitutionnel, ce faisant le laissant pour l'instant dans «les limbes de la politique méga constitutionnelle», c'est-à-dire dans «un état incertain et nébuleux où on est ni complètement mort ni complètement sauvé».

    D'ailleurs, il existe un «consensus assez fort entre le Québec et le reste du Canada» sur le fait que la non-adhésion du Québec a entraîné des conséquences importantes, si bien que le Québec devrait être l'instigateur de nouvelles discussions constitutionnelles, a indiqué le professeur François Rocher, directeur de l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa, s'appuyant sur le coup de sonde. Par contre, 58 % des Québécois et 64,2 % des habitants du reste du Canada estiment d'ores et déjà qu'aucun changement constitutionnel ne pourra satisfaire le Québec.
     
     
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