Avions de chasse F-35 - Le v.g. a changé les règles du jeu, dit MacKay
Le ministre de la Défense reproche à Michael Ferguson ses «nouvelles» exigences
Ottawa — Le ministre de la Défense persiste et signe: pendant deux ans, il n'a pas prononcé mot des coûts additionnels qui figureraient sur la facture des F-35 parce que ce n'était tout simplement pas la façon de faire lors d'acquisitions militaires. C'est le vérificateur général qui semble avoir changé la donne avec son dernier rapport et, mis devant le fait accompli, son gouvernement s'y conformera, a plaidé le ministre Peter MacKay.
Le ministre n'a pas de regrets quant au processus d'acquisition des F-35, qui a fait l'objet d'un rapport cinglant du vérificateur Michael Ferguson la semaine dernière. «On ne peut pas revenir dans le temps», a-t-il répondu aux journalistes qui lui demandaient si, avec le recul, il ferait les choses autrement.
De passage à Halifax hier, M. MacKay ne s'est pas excusé d'avoir omis de préciser que les avions de chasse de Lockheed Martin coûteraient plus cher que ce qu'annonçait son gouvernement. En entrevue avec CTV cette fin de semaine, le ministre a reconnu qu'il savait très bien que le montant de 16 milliards brandi par son gouvernement pendant deux ans augmenterait d'encore 10 milliards lorsque les coûts d'exploitation de la flotte seraient pris en compte.
Le rapport de M. Ferguson indique que le ministère de la Défense anticipait déjà en 2010 que la facture atteindrait 25 milliards, mais que les chiffres fournis au Parlement étaient en deçà de ces prévisions, ne comprenant pas «les coûts de fonctionnement, du personnel et de l'instruction continue». Or ces coûts marginaux n'ont jamais été indexés aux factures des acquisitions militaires dans le passé, ni par les gouvernements précédents, ni par les conservateurs dans le cas par exemple des contrats navals de 33 milliards annoncés l'automne dernier, a argué le ministre en annonçant que les prix de tels contrats s'en trouveraient ainsi gonflés.
«Le vérificateur demande maintenant que nous calculions ces coûts [...] Il est clair pour moi que nous avons une nouvelle façon de faire les choses, et nous allons le faire en nous conformant aux conclusions du vérificateur général. Mais notez que ce n'est pas ce qui a été fait par les gouvernements précédents», a dit M. MacKay, en soutenant que les salaires des pilotes, le carburant et l'entretien de la flotte d'avions de chasse étaient des dépenses déjà indexées au budget de la Défense nationale. «Peu importe l'appareil que nous achetons, ces coûts seront des coûts d'exploitation.»
Pourtant, la Politique sur les marchés du Conseil du Trésor souligne qu'«inhérente à la notion de meilleure valeur est la prise en considération de tous les coûts pertinents que suppose la vie utile de l'acquisition, pas seulement du coût initial ou du coût contractuel de base». Car «une décision d'achat [...] qui ne tient pas compte des coûts éventuels d'exploitation et d'entretien peut entraîner un coût global plus élevé», note en outre le Guide de gestion du matériel du gouvernement. Et ces directives ont toujours été claires sur le fait qu'il faut présenter tous les coûts — acquisition, entretien et exploitation —, a martelé le libéral Marc Garneau, ex-fonctionnaire au sein de l'Agence spatiale canadienne. «C'est une fausse excuse. Ils sont en train de faire de la gestion de crise, a-t-il affirmé au sujet des conservateurs. M. MacKay est en train de nous passer un sapin.»
L'opposition est unanime: la défense du ministre MacKay ne tient pas la route, et néodémocrates et libéraux persistent à demander sa démission. «On ne peut pas mentir à la face des gens et penser qu'on peut continuer à être ministre. Ça n'a aucun sens», a lancé Christine Moore, du NPD. Celle-ci déplore non seulement que le ministre ait refusé de reconnaître que les F-35 coûteraient plus cher que les 15 milliards que son gouvernement laissait entendre aux Communes, mais aussi que les troupes conservatrices aient attaqué ceux qui plaidaient que c'était le cas, les accusant de ne pas soutenir les troupes militaires. «Je trouve ça d'autant plus dégueulasse qu'ils ont soutenu ces arguments-là quand dans le fond ils savaient qu'ils mentaient», a déploré Mme Moore.
Le ministre n'a pas de regrets quant au processus d'acquisition des F-35, qui a fait l'objet d'un rapport cinglant du vérificateur Michael Ferguson la semaine dernière. «On ne peut pas revenir dans le temps», a-t-il répondu aux journalistes qui lui demandaient si, avec le recul, il ferait les choses autrement.
De passage à Halifax hier, M. MacKay ne s'est pas excusé d'avoir omis de préciser que les avions de chasse de Lockheed Martin coûteraient plus cher que ce qu'annonçait son gouvernement. En entrevue avec CTV cette fin de semaine, le ministre a reconnu qu'il savait très bien que le montant de 16 milliards brandi par son gouvernement pendant deux ans augmenterait d'encore 10 milliards lorsque les coûts d'exploitation de la flotte seraient pris en compte.
Le rapport de M. Ferguson indique que le ministère de la Défense anticipait déjà en 2010 que la facture atteindrait 25 milliards, mais que les chiffres fournis au Parlement étaient en deçà de ces prévisions, ne comprenant pas «les coûts de fonctionnement, du personnel et de l'instruction continue». Or ces coûts marginaux n'ont jamais été indexés aux factures des acquisitions militaires dans le passé, ni par les gouvernements précédents, ni par les conservateurs dans le cas par exemple des contrats navals de 33 milliards annoncés l'automne dernier, a argué le ministre en annonçant que les prix de tels contrats s'en trouveraient ainsi gonflés.
«Le vérificateur demande maintenant que nous calculions ces coûts [...] Il est clair pour moi que nous avons une nouvelle façon de faire les choses, et nous allons le faire en nous conformant aux conclusions du vérificateur général. Mais notez que ce n'est pas ce qui a été fait par les gouvernements précédents», a dit M. MacKay, en soutenant que les salaires des pilotes, le carburant et l'entretien de la flotte d'avions de chasse étaient des dépenses déjà indexées au budget de la Défense nationale. «Peu importe l'appareil que nous achetons, ces coûts seront des coûts d'exploitation.»
Pourtant, la Politique sur les marchés du Conseil du Trésor souligne qu'«inhérente à la notion de meilleure valeur est la prise en considération de tous les coûts pertinents que suppose la vie utile de l'acquisition, pas seulement du coût initial ou du coût contractuel de base». Car «une décision d'achat [...] qui ne tient pas compte des coûts éventuels d'exploitation et d'entretien peut entraîner un coût global plus élevé», note en outre le Guide de gestion du matériel du gouvernement. Et ces directives ont toujours été claires sur le fait qu'il faut présenter tous les coûts — acquisition, entretien et exploitation —, a martelé le libéral Marc Garneau, ex-fonctionnaire au sein de l'Agence spatiale canadienne. «C'est une fausse excuse. Ils sont en train de faire de la gestion de crise, a-t-il affirmé au sujet des conservateurs. M. MacKay est en train de nous passer un sapin.»
L'opposition est unanime: la défense du ministre MacKay ne tient pas la route, et néodémocrates et libéraux persistent à demander sa démission. «On ne peut pas mentir à la face des gens et penser qu'on peut continuer à être ministre. Ça n'a aucun sens», a lancé Christine Moore, du NPD. Celle-ci déplore non seulement que le ministre ait refusé de reconnaître que les F-35 coûteraient plus cher que les 15 milliards que son gouvernement laissait entendre aux Communes, mais aussi que les troupes conservatrices aient attaqué ceux qui plaidaient que c'était le cas, les accusant de ne pas soutenir les troupes militaires. «Je trouve ça d'autant plus dégueulasse qu'ils ont soutenu ces arguments-là quand dans le fond ils savaient qu'ils mentaient», a déploré Mme Moore.








