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    Aide internationale - Indigne du Canada

    10 avril 2012 |Bernard Descôteaux | Canada
    Le Canada n'a jamais été parmi les pays les plus généreux du monde en ce qui a trait à l'aide au développement. Les premiers de classe se trouvent parmi les pays d'Europe du Nord. Plusieurs y consacrent plus de 0,7 % de leur PIB. Le champion est la Suède avec 1,02 % de son PIB.

    Le Canada apporte bien sûr sa contribution. Dans une juste proportion? Cela est à voir. Alors qu'elle était en 1991 à hauteur de 0,49 % de son PIB, elle n'est toutefois plus aujourd'hui que de 0,31 %. En chiffres absolus, on ne constaterait pas de diminution, sauf que, l'économie ayant fait des bonds importants en 20 ans, l'effort consenti a considérablement diminué. Ce sera encore plus marqué les prochaines années puisque le programme budgétaire du gouvernement Harper prévoit des diminutions des sommes consenties à l'aide au développement.

    Il n'y a certes pas de quoi être fier. On est loin de ce qui pourrait être qualifié de juste part. Il y a toutefois plus préoccupant. Il y a ce que le gouvernement conservateur veut qu'il soit fait de cet argent. À travers les décisions prises ces dernières années se dégage une trame qui consiste à contraindre les organismes non gouvernementaux qui se consacrent à l'aide internationale à coller étroitement aux priorités gouvernementales qui sont nettement colorées idéologiquement.

    Cette volonté nouvelle des conservateurs remet en cause la tradition humanitaire canadienne faite d'abord d'engagement personnel de citoyens qui consacrent temps ou argent aux causes qui leur tiennent à coeur. Ainsi sont nées la plupart des ONG vouées à l'aide humanitaire qui, au fil des années et des décennies, ont développé des expertises que les gouvernements ont reconnues en en faisant des partenaires. Ce sont elles qui, partout dans le monde, incarnent la générosité canadienne. Or, ces partenaires, le gouvernement de l'heure veut qu'ils soient des exécutants. Plus question d'indépendance et d'autonomie.

    Les cas suivants illustrent bien ce changement de cap: celui d'Alternatives, qui a vu son soutien financier réduit comme une peau de chagrin parce que l'organisme était jugé trop militant en faveur de la cause palestinienne. Celui de Développement et Paix, qui n'a rien d'extrême sauf, aux yeux des conservateurs, sa préoccupation pour la défense des droits de la personne. Il a vu ses budgets abaissés des deux tiers. Puis celui de Droits et Démocratie, qui sera tout simplement aboli. Il avait été créé par une loi en 1988 par le gouvernement Mulroney, qui voulait ainsi garantir son financement et son indépendance. Son tort? Avoir trop mis l'accent sur la promotion des droits et pas assez sur la démocratie. L'argent économisé servira très probablement à financer le futur Bureau des religions, dont la création a été annoncée l'an dernier, qui servira à promouvoir la liberté de religion à travers le monde.

    Des années d'efforts et d'argent investis par des militants sincères de l'action humanitaire seront ainsi réduites à néant. On ne ferait pas mieux si l'on voulait décourager l'engagement des citoyens. Ceux qui recevaient leur aide ne comprendront pas. Ils ne sauront pas que cela est la conséquence de choix idéologiques dont ils n'ont rien à faire. Cela est indigne d'un Canada qui se prétend généreux.
     
     
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