Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Il y a des risques à négliger la recherche fondamentale

    «Si on va trop loin, on prendra du retard» par rapport à l'Europe et aux États-Unis estiment les scientifiques

    31 mars 2012 | Mélissa Guillemette | Canada
    Dans son budget dévoilé hier, Ottawa «s’engage à adopter une nouvelle approche pour appuyer l’innovation, en ciblant les ressources sur les besoins du secteur privé».<br />
    Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir Dans son budget dévoilé hier, Ottawa «s’engage à adopter une nouvelle approche pour appuyer l’innovation, en ciblant les ressources sur les besoins du secteur privé».
    La communauté scientifique se réjouit des investissements maintenus dans le domaine de la recherche dans le budget fédéral déposé jeudi. Mais l'orientation du financement vers des projets qui serviront aux entreprises canadiennes en inquiète plus d'un.

    Si les organismes fédéraux liés à la recherche doivent aussi couper dans leur budget, de nouveaux investissements importants serviront à renforcer les liens entre les chercheurs et l'entreprise. Le gouvernement écrit qu'il «s'engage à adopter une nouvelle approche pour appuyer l'innovation, en ciblant les ressources sur les besoins du secteur privé.»

    Ainsi, le Conseil national de recherche du Canada (CNRC) recevra par exemple une enveloppe de 67 millions pour réorienter ses activités vers la recherche «dirigée» vers l'entreprise et «pertinente pour l'industrie».

    Ce passage dans le budget a fait sursauter l'historien et sociologue des sciences Yves Gingras. «C'est quand même des chercheurs gouvernementaux, rappelle le professeur à l'UQAM. Ou bien on ferme les centres de recherche et les industries se paieront des scientifiques pour leur recherche et développement...»

    Par conséquent, on misera davantage sur la recherche appliquée, qui donne des résultats à court terme, que sur la recherche fondamentale, c'est-à-dire plus théorique et expérimentale.

    L'administratrice pour l'Association francophone pour le savoir Louise Dandurand compare la recherche appliquée à un arbre et la croissance économique à ses fruits. La recherche fondamentale constitue le terreau qui nourrit le tout. «Les instances publiques doivent subventionner la recherche fondamentale, surtout que si le Canada abaisse son financement, ce n'est pas l'industrie qui va compenser. Une entreprise veut améliorer sa rentabilité rapidement et c'est normal.»

    Le spécialiste des lasers ultrarapides à l'Institut national de la recherche scientifique, Jean-Claude Kieffer, connaît bien l'utilité de la recherche fondamentale au CNRC. Il travaille avec des collègues de l'Institut Steacie des sciences moléculaires qui développent des technologies sophistiquées ayant le potentiel d'avoir des retombées... à long terme.

    Sans cette recherche fondamentale, le Canada risque de stagner, juge le chercheur. «Il ne faut pas oublier que les autres pays, en Europe ou aux États-Unis, continuent d'investir dans ces recherches de base et de développement de technologies de pointe. Si on va trop loin, on prendra du retard.»

    ***

    Avec la collaboration de Pauline Gravel
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel