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    Revue de presse - Leadership et argent

    31 mars 2012 | Manon Cornellier | Canada
    Semaine agitée sur la scène fédérale avec l'élection du chef de l'opposition officielle et la présentation du premier vrai budget d'un gouvernement majoritaire conservateur. L'accession de Thomas Mulcair à la tête du Nouveau Parti démocratique, samedi dernier, peut sembler loin, mais les commentaires sont encore assez frais.

    Bilan? Le député d'Outremont était le meilleur choix pour le NPD, dit le Globe and Mail. Le parti a choisi l'opposant le plus solide à Harper et le candidat offrant au NPD les meilleures chances de gagner les élections. «Les néodémocrates ont aussi besoin de lui au Québec, où son leadership peut solidifier la percée faite durant la dernière élection. [...] Et il représente ce genre de modération politique capable de charmer plus que la base traditionnelle du parti.»

    Selon le Winnipeg Free Press, Mulcair a un mandat solide, mais plus de 40 % des membres ont, en appuyant Brian Topp, rappelé qu'ils tenaient à leurs racines. Et ce n'est pas parce que des néodémocrates d'un bout à l'autre du pays ont contribué à sa victoire qu'il est assuré de percer de la même manière auprès de l'électorat. C'est un bon présage, rien de plus.

    Le National Post pense pour sa part que l'élection de Mulcair pourrait se révéler un cadeau pour Stephen Harper si la volonté du NPD de s'enraciner au Québec l'amenait à adopter un discours encore plus nationaliste. (Le fait que le NPD ait produit deux communiqués pour réagir au budget, un pour le Québec et un pour le reste du pays, n'est d'ailleurs pas passé inaperçu.) Et Harper pourrait bénéficier de la division sur sa gauche, Mulcair ayant rejeté toute alliance avec les libéraux.

    Chroniqueur au Post, John Ivison note que les positions de Thomas Mulcair par rapport aux sables bitumineux pourraient sérieusement nuire à tout rebond de son parti dans l'Ouest. Selon Ivison, Mulcair démontre une incompréhension de la réalité économique, non seulement de l'Ouest, mais du reste du pays, puisque l'Alberta contribue largement au financement des services publics canadiens. Penser freiner ce développement pour mieux aider l'économie de l'est du pays serait «extrêmement provocateur», dit Ivison, qui souhaite voir le nouveau chef «parler au nom de tous les Canadiens et non seulement des environnementalistes de sa province natale».

    Occasion ratée


    Le budget présenté jeudi par le ministre Flaherty s'attire bien peu de fleurs des commentateurs de la presse dite fiscalement conservatrice. Alors que l'équipe éditoriale du National Post juge le gouvernement sur la bonne voie, un de leurs chroniqueurs-vedettes, Andrew Coyne, étale sa déception. Aux conservateurs qui attendaient le jour où le gouvernement Harper agirait enfin en accord avec leurs principes, «vous vous êtes fait avoir», dit-il. L'équipe éditoriale de SunMedia est encore plus déchaînée, affirmant que ce budget aurait pu être applaudi par le NPD. «Au mieux, il s'agit d'un budget progressiste-conservateur. Au pire, il est presque trudeauesque.»

    Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, parle d'un budget étrange pour un gouvernement majoritaire. La clarté a cédé le pas à «l'impénétrable». L'austérité et l'audace promises ne sont pas au rendez-vous. Simpson rappelle que, pour vraiment réduire les dépenses de façon permanente, il faut mettre fin à des activités, pas seulement promettre des gains d'efficience qui s'évaporeront au fil du temps. Malgré cela, il pense que les choix conservateurs auront un effet à long terme, soit celui de rendre le fédéral moins présent dans la vie des gens au-delà de l'envoi de chèques.

    Ouvertement à gauche, Susan Riley, de l'Ottawa Citizen, parle elle aussi d'un budget en demi-teintes, du moins en apparence, tant les conservateurs ont préparé les Canadiens au pire. Le gouvernement ne crie pas ses intentions sur les toits. Les coups de ciseaux se feront derrière des portes closes, à petites touches. Mais si le budget semble embrouillé, c'est parce que le message initial l'était, dit-elle. «Le Canada a une des économies les plus solides du monde, nous a-t-on sans cesse répété, mais pour aussitôt ajouter qu'il faut se serrer la ceinture pour en assurer la viabilité.»

    Dan Lett, du Winnipeg Free Press, pense que le gouvernement a été plus qu'il n'y paraît habilement opportuniste. Il a pris avantage d'un creux économique pour faire accepter les compressions qu'il rêvait de faire depuis longtemps, mais que rien n'exige vraiment puisque, avant ce budget, le déficit fondait plus vite que prévu. L'austérité est voulue, dit-il, et est l'aboutissement d'un plan à long terme vers la réduction de la taille de l'État. Tout a commencé avec la réduction des taxes, et donc des revenus, pour pouvoir ensuite justifier de réduire les dépenses. Mais quand la reprise regonflera les coffres et qu'on aura moins de dépenses, on pourra proposer de réduire les taxes à nouveau. Et ainsi de suite. «C'est le scénario rêvé pour quiconque adhère à la philosophie conservatrice et qui croit que c'est la voie à suivre vers la prospérité.» Lett prévient cependant que «les conservateurs diront qu'un gouvernement plus petit est un gouvernement plus efficace. Cela peut être vrai, mais dans plusieurs circonstances, cela signifie seulement moins de gouvernement.»
     
     
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