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    Budget Flaherty: départ de plus de 19 000 fonctionnaires fédéraux

    29 mars 2012 18h11 | La Presse canadienne | Canada
    Les fonctionnaires fédéraux devront dire adieu à plus de 19 000 de leurs collègues et aussi à bon nombre de leurs avantages sociaux à la suite du budget 2012, qui annonce une réduction des dépenses du gouvernement de l’ordre de 5,2 milliards.

    Les coupes étaient redoutées et elles ont fait l’objet de nombreuses spéculations au cours des derniers mois. Elles sont maintenant chiffrées, mais comme annoncé auparavant par le ministre des Finances Jim Flaherty, le budget n’en révèle pas vraiment les détails.

    Il reste à voir comment les différents ministères procéderont aux coupes.

    Les compressions étaient nécessaires, selon le gouvernement conservateur, pour accomplir son plan de réduction du déficit et de retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2015-16.

    Les ministères devront globalement trouver près de 7 % d’économies. Les réductions varient d’un ministère à l’autre.

    «Ces réductions des dépenses sont modérées. On est loin de ce qu’on voit en Grande-Bretagne. On est loin de ce qui a été fait par Paul Martin (ex-premier ministre libéral) dans les années 1990», a dit le ministre Flaherty, en point de presse avec les médias lors du huis clos qui a précédé le dépôt de son budget.

    La réduction des dépenses ministérielles entraînera une abolition de 12 000 postes de fonctionnaires sur trois ans.

    Après les départs volontaires et de ceux qui prendront leur retraite — et qui ne seront pas tous remplacés — il y aura 19 200 fonctionnaires de moins, soit une diminution de 4,8 % de la fonction publique fédérale.

    Ces chiffres demeurent bien en-deçà de ceux qui avaient été avancés par certains groupes, qui avaient estimé que jusqu’à 60 000 emplois pourraient être éliminés.

    La grande proportion des emplois seront perdus à Ottawa et à Gatineau, touchant peu les employés de la fonction publique en région. Quant à savoir quels ministères devront se départir de leurs employés, il faudra encore attendre.

    On sait par contre déjà que 600 cadres perdront leur emploi, soit 7,4 % du personnel de direction. «La proportion de cadres correspondra ainsi davantage aux pratiques exemplaires du secteur privé», peut-on lire dans le budget Flaherty.

    Il en coûtera toutefois 900 millions au gouvernement pour réaffecter ou se défaire de ses employés.

    Les fonctionnaires devront aussi oublier certaines de leurs indemnités de départ lors de la retraite.

    Sans oublier que pour tous ceux qui deviendront fonctionnaires après 2013, il est proposé dans l’énoncé économique que l’âge de la retraite passe de 60 à 65 ans.

    Leurs fonds de pension seront aussi modifiés. Le gouvernement propose de rajuster les cotisations des employés de la fonction publique de façon à ce qu’elles en viennent à être égales à celles de l’employeur, soit une proportion de 50-50. Elles ne sont actuellement que de 37 %.

    Les députés aussi

    Les députés devront aussi faire un effort. Comme les fonctionnaires, ils devront aussi éventuellement débourser 50 % des cotisations à leur fonds de pension, mais le budget ne souffle mot sur de possibles réductions de leurs généreuses prestations, une fois la retraite arrivée.

    «Ni les fonctionnaires ni les députés ne contribuent adéquatement aux fonds de pension. Cela va prendre un certain temps pour se rendre là mais on va y arriver», a répondu M. Flaherty, lorsqu’on lui a demandé pourquoi les députés n’en font pas plus pour donner l’exemple.

    Toutefois, d’autres consultations sont nécessaires pour accomplir ces objectifs, a-t-il avancé, laissant entendre que d’autres changements pourraient être effectués.

    «Jusqu’à maintenant, le gouvernement a été dur envers les Canadiens ordinaires et il n’y a aucune preuve qu’ils sont prêts à donner l’exemple», a déploré Greg Thomas, directeur national de la Fédération canadienne des contribuables.

    Car les citoyens sont touchés: l’âge pour pouvoir toucher les prestations de la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti va passer dans le futur de 65 à 67 ans.

    La fin pour Katimavik


    Le gouvernement Harper met aussi la hache dans une série d’organismes et de programmes.

    La Table ronde sur l’environnement et l’économie sera chose du passé, tout comme l’organisme Procréation assistée Canada. Cette dernière décision fait suite à un jugement rendu en 2010 où la Cour suprême avait conclu que la procréation assistée relève largement du provincial. Le secrétariat de la Commission des nominations publiques est aussi mis au rancart, une coquille vide qui engloutissait 1 million par année sans rien accomplir.

    Le programme Katimavik pour les jeunes, jugé onéreux et trop sélectif par Ottawa, sera mis de côté, au profit d’autres initiatives.

    Les Agences de développement économiques du Québec et de l’Ontario voient leur budget fondre, et celles des autres régions canadiennes aussi, mais dans une moindre mesure.

    Radio-Canada redoutait des coupes importantes. Son budget sera effectivement réduit de 10 % d’ici trois ans.

    Les diplomates en poste à l’étranger devront renoncer à leurs luxueuses résidences et se contenter de maisons «plus petites et modestes».

    Quant au gouverneur général, son salaire sera dorénavant imposé, mais seulement après avoir eu une augmentation de salaire qui effacera l’effet de l’impôt.

    Quant aux transferts aux provinces, le gouvernement n’y touche pas, insiste-t-on dans le budget.

    Le gouvernement prétend que 70 % des économies découlent de rationalisation des différents ministères et de l’augmentation de l’efficacité. Les activités ou les ressources seront mises en commun.

    Par exemple, Environnement Canada et Ressources naturelles vont limiter leurs déplacements et se débarrasser de 160 véhicules. Santé Canada et l’Agence de santé publique Canada vont fusionner leurs services administratifs. Service Canada va dorénavant offrir les services de courriel et de centres de données à 43 organisations fédérales.

     
     
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