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    Budget fédéral - Possibles compressions de 7 milliards

    Les conservateurs refusent de dire de quelle façon ils fourniront les détails aux Canadiens

    29 mars 2012 |Hélène Buzzetti | Canada
    Jim Flaherty<br />
    Photo: Agence Reuters Jim Flaherty
    Ottawa — C'est au tour du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, de présenter aujourd'hui son budget d'austérité. L'horizon financier s'améliore, assure le ministre, mais pas suffisamment, semble-t-il, pour écarter les compressions budgétaires promises. Les rumeurs font maintenant état de réductions de 7 milliards de dollars, ou 8,75 %, des budgets compressibles d'Ottawa.

    Comme cela est la tradition, Jim Flaherty s'est rendu hier dans une boutique de chaussures pour se procurer «de nouveaux souliers à un prix raisonnable». Mais pourquoi acheter du neuf alors que M. Flaherty s'était amusé dans le passé à adapter la tradition, faisant plutôt poser de nouvelles semelles à ses chaussures pour envoyer un message de frugalité? «Parce que les choses prennent du mieux, a répondu le ministre. La situation budgétaire s'améliore, nous regardons à plus long terme et de nouveaux souliers sont donc appropriés.»

    Les choses prennent peut-être du mieux, mais le solde budgétaire fédéral ne sera pas encore écrit à l'encre noire pour autant. Dans sa mise à jour économique de novembre, le gouvernement conservateur a dû annoncer que l'atteinte de l'équilibre budgétaire était repoussée d'un an, à 2015-2016. Même en comptabilisant les économies espérées de l'examen stratégique et fonctionnel des dépenses, le déficit devait s'élever à 26,4 milliards pour l'année qui s'amorce, à 15 milliards l'année suivante et à 3,5 milliards en 2014-2015. On saura donc aujourd'hui si M. Flaherty peut renouer avec son plan initial en accélérant les compressions.

    Depuis le dernier budget, les conservateurs ont piloté des fuites faisant état d'un exercice de compression des dépenses deux fois plus important que ce qui avait été annoncé, soit de 10 % des dépenses compressibles au lieu de 5 %. La dernière de ces fuites, rapportée hier par La Presse canadienne, établit ces économies annuelles à 7 milliards de dollars au lieu de 4 milliards, ou 8,75 %. En admettant que le même échéancier de compressions soit maintenu, le déficit serait pour ainsi dire éliminé en 2014-2015 (-0,5 milliard). À titre de comparaison, le dernier budget du gouvernement du Québec prévoit des réductions de 0,9 % des dépenses de tous les ministères à l'exception de ceux de la Santé, de l'Éducation et de la Famille.

    Le budget fédéral doit en théorie indiquer où ces milliards seront retranchés. Les déclarations du ministre Flaherty laissent croire que seule une ventilation grossière des compressions sera fournie. Le ministre responsable du Conseil du trésor, Tony Clement, a refusé de dire hier de quelle façon il fournirait les détails supplémentaires à la population canadienne... s'il les fournit un jour. Comme Le Devoir en faisait état en juin dernier, Ottawa n'a jamais donné les détails des quatre précédents examens stratégiques menés par le gouvernement conservateur. Même après avoir placé des demandes médiatiques et avoir attendu des semaines une réponse, la moitié des ministères n'avaient jamais expliqué où la hache s'était abattue.

    Le budget doit en outre faire la lumière sur la réforme de la Sécurité de la vieillesse avec laquelle jongle le gouvernement Harper. La possibilité de repousser de 65 à 67 ans l'âge d'admissibilité semble bien réelle. Le budget devrait aussi indiquer comment Ottawa entend alléger le processus d'évaluation environnementale des grands projets, notamment d'exploitation pétrolière.

    Les partis d'opposition se tiennent prêts pour ce budget. Le nouveau chef du Nouveau Parti démocratique a prévenu le premier ministre hier que ses troupes n'accepteraient pas sans broncher un budget qui choisirait d'oublier les familles canadiennes de la classe moyenne et de couper les services qui leur sont dus. Car tout est une question de choix, a-t-il martelé.

    «Si les conservateurs abandonnent leur promesse de créer des emplois et qu'à la place ils s'attaquent à notre système de santé et à notre régime de pensions, M. Harper, vous allez nous retrouver sur votre chemin», a averti Thomas Mulcair en s'adressant à son caucus en matinée. Il a toutefois peu d'espoir de voir les conservateurs changer de cap et renoncer au plan de match envisagé. «J'espère que c'est ça qu'il [M. Harper] fera. Mais il ne faut pas rêver en couleur, surtout pas avec lui [...] S'il le fait, nous serons là pour lui tenir tête à toutes les étapes du processus, je peux vous le garantir.»

    Les libéraux, eux, mettent en garde contre la «propagande». «C'est un budget qui va prétendre, en donnant quelques millions à quelque chose [...], que c'est un budget de croissance, mais ils vont couper des milliards et vont continuer de dépenser des millions sur les publicités, les avions et les prisons, a lancé le chef libéral par intérim, Bob Rae. Alors, moi, je ne m'attends pas à grand-chose. Et mon problème avec les conservateurs, c'est qu'ils ne parlent jamais du fait qu'il y a beaucoup plus d'insécurité dans le public qu'avant.»

    M. Rae reconnaît que certaines dépenses de l'État pourraient être réduites, mais pas nécessairement celles désignées par le gouvernement. Il a maintes fois rappelé que, sous Stephen Harper, les dépenses de publicité avaient explosé.

    Le chef bloquiste, Daniel Paillé, espère que le gouvernement tiendra compte des demandes du Québec. Il n'est pas opposé aux compressions, lui non plus, surtout si elles s'attaquent à ce qu'il considère comme un gaspillage «monarchique». «Il n'y a pas de petites économies.»

    Si furieux soient-ils de voir le gouvernement imposer d'importantes coupes à l'appareil gouvernemental, les partis d'opposition ont été forcés de concéder qu'ils ne pourraient pas bloquer grand-chose, confrontés qu'ils sont à la majorité conservatrice. Mais le travail se fera auprès de l'opinion publique, car celle-là, «les conservateurs ne peuvent pas juste [la] balayer» sous le tapis, a affirmé le néodémocrate Peter Julian.

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    Avec la collaboration de Marie Vastel

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    Contribution de la Chambre des communes

    La Chambre des communes n'a pas été soumise à l'examen stratégique et fonctionnel des dépenses de l'État, mais elle a quand même choisi d'apporter sa contribution. Elle retranchera 30,3 millions de dollars de ses dépenses de manière progressive d'ici 2014-2015, soit 6,9 % de son budget. Les budgets des bureaux des députés seront réduits de 2 %. Ceux des chefs de parti, des leaders à la Chambre, des whips et des présidents de caucus seront diminués de 600 000 $. Ces budgets servent notamment à payer les services de traduction et les technologies de l'information. Pour leurs déplacements, enfin, les députés devront désormais acheter des billets au tarif Tango Plus, sauf lorsqu'il s'agit de retourner dans leur circonscription et que la durée du vol est de plus de deux heures.
     
     
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