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Paradis menacé d'une nouvelle enquête de la commissaire à l'éthique

Le ministre a séjourné au camp de chasse de Marcel Aubut en pleine campagne de financement de l'amphithéâtre de Québec

28 mars 2012 | Marie Vastel | Canada
Le ministre Christian Paradis a dû défendre hier son séjour chez Marcel Aubut. «Jamais, en aucun cas, M. Aubut n’a fait du lobbying à mon égard avant ou pendant ce voyage», a-t-il notamment affirmé.<br />
Photo : Agence Reuters Chris Wattie Le ministre Christian Paradis a dû défendre hier son séjour chez Marcel Aubut. «Jamais, en aucun cas, M. Aubut n’a fait du lobbying à mon égard avant ou pendant ce voyage», a-t-il notamment affirmé.
Ottawa — Le ministre et lieutenant québécois du gouvernement conservateur, Christian Paradis, pourrait de nouveau se retrouver sous la loupe de la commissaire à l'éthique, cette fois-ci pour avoir séjourné au camp de chasse de Marcel Aubut, ex-entraîneur des Nordiques et grand défenseur de l'amphithéâtre de Québec. Le hic, c'est que ce séjour s'est déroulé alors qu'Ottawa faisait l'objet de lobbyisme pour financer l'amphithéâtre sportif de la Vieille Capitale, notamment de la part de M. Aubut.

Le ministre Paradis — aujourd'hui à l'Industrie — a reconnu avoir participé au voyage de chasse d'octobre 2009 alors qu'il était responsable des Travaux publics. Mais il soutient n'avoir rien fait de mal. «J'ai assumé ma juste part des coûts. Je me suis rendu sur le lieu selon mes propres moyens, avec mon équipement. [...] Jamais, en aucun cas, M. Aubut n'a fait du lobbying à mon égard avant ou pendant ce voyage», a-t-il martelé aux Communes. Son bureau a en outre noté que le projet d'amphithéâtre s'est de toute façon vu refuser un financement fédéral.

Le porte-parole du Comité olympique canadien, dont M. Aubut est maintenant le président, a corroboré. Le week-end était «strictement personnel» et «il n'y a pas eu de lobbying», a indiqué Dimitri Soudas, ancien porte-parole du premier ministre Stephen Harper.

Or, selon le Globe and Mail, M. Aubut aurait effectivement abordé le sujet, en demandant à M. Paradis à qui s'adresser pour faire avancer son dossier. Le ministre aurait simplement rétorqué de parler à Josée Verner, qui était responsable de la région de Québec.

L'opposition à Ottawa ne croit rien du déni du ministre Paradis. D'une part parce que M. Aubut «est un excellent lobbyiste» et ensuite, parce que passer 48 heures avec lui sans «jamais parler des Nordiques ou d'un aréna à Québec [...] c'est impossible», selon le chef bloquiste Daniel Paillé.

Pas une première


D'autant plus que ce n'est pas la première fois qu'il fait l'objet d'enquêtes de la commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, et voilà que les libéraux ont demandé à la commissaire Mary Dawson de se pencher sur ce nouveau dossier. De passage au Parlement hier, Mme Dawson s'est fait demander si elle avait mémoire d'un député ayant fait l'objet d'autant de plaintes. «Probablement pas, non. Je n'en ai pas souvenir.»

Devant cette accumulation, le chef du NPD Thomas Mulcair demande, à l'instar des autres chefs de l'opposition, que le premier ministre clarifie ce qu'il pense des actions de son ministre. Au dernier jour d'un séjour en Asie, M. Harper avait rétorqué quelques heures plus tôt que selon ses informations, il s'agissait d'un voyage personnel et qu'il n'y avait aucun lien avec des affaires gouvernementales.

Mais le chef libéral par intérim, Bob Rae, estime que M. Paradis a «fait preuve d'un manque de jugement complet» en acceptant une invitation de M. Aubut qui le plaçait dans une situation fort délicate, en tant que ministre.

La semaine dernière, la commissaire Dawson a conclu que M. Paradis a contrevenu à la loi sur les conflits d'intérêts en août 2009, en accordant un accès gouvernemental privilégié à l'ex-député conservateur Rahim Jaffer après qu'il l'eut contacté pour offrir ses services.

La commissaire se penche également présentement sur une plainte du néodémocrate Guy Caron, concernant le déménagement d'un centre d'assurance-emploi de sa circonscription, à Rimouski, vers celle du ministre, à Thetford Mines. Le nouveau centre s'apprêterait à être logé dans des locaux appartenant à un partenaire du père de M. Paradis.
 
 
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