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    Voyage de Paradis chez Marcel Aubut: la commissaire à l’éthique est interpellée

    27 mars 2012 14h37 |La Presse canadienne | Canada
    Ottawa — Le ministre Christian Paradis pourrait une nouvelle fois faire face à la commissaire à l’éthique, cette fois pour une histoire de voyage de chasse au chalet de l’ancien propriétaire des Nordiques de Québec, Marcel Aubut.

    Le réseau CTV a révélé qu’en 2009, alors qu’il était ministre des Travaux publics, Christian Paradis a séjourné au gîte de M. Aubut. Or, ce dernier tentait à cette époque d’obtenir d’Ottawa du financement pour un nouvel aréna dans la ville de Québec.

    M. Paradis serait resté deux jours à ce chalet, mais il assure qu’il avait apporté sa propre nourriture et son équipement personnel.

    Questionné par les journalistes à son entrée aux Communes aujourd'hui, M. Paradis a nié s’être placé en conflit d’intérêts. Il affirme s’être rendu au gîte avec sa voiture personnelle et dit avoir assumé sa part des coûts du voyage. Il soutient qu’aucun lobbying n’a été fait à l’occasion de ce voyage. Ni avant, ni après, a-t-il ajouté.

    Cette explication est loin de satisfaire l’opposition, qui y voit là une apparence de conflit d’intérêts flagrante.

    Les libéraux ont fait parvenir à la commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mary Dawson, une lettre pour lui faire part de leurs préoccupations dans cette affaire. Les troupes de Bob Rae estiment que M. Paradis, aujourd’hui ministre de l’Industrie, a contrevenu à plusieurs articles de la Loi sur les conflits d’intérêts.

    Selon cette législation, les députés ne peuvent accepter un cadeau ou autre avantage «qui pourrait raisonnablement donner à penser qu’il a été donné pour influencer le titulaire dans l’exercice de ses fonctions officielles.»

    À la sortie d’un comité aujourd'hui, Mme Dawson a confirmé avoir reçu la lettre des libéraux, mais elle n’a pas eu le temps de se pencher sur les détails du dossier.

    Interrogée à savoir si elle se souvenait qu’un autre ministre ait déjà fait l’objet d’autant de plaintes que M. Paradis, la commissaire a répondu par la négative. «Probablement pas, non. Je ne m’en rappelle pas», a-t-elle admis.

    Une autre infraction

    Pas plus tard que la semaine dernière, Mme Dawson a déclaré M. Paradis coupable d’avoir accordé un accès gouvernemental privilégié à l’ancien député conservateur, Rahim Jaffer. Elle étudie actuellement une autre plainte, celle du néo-démocrate Guy Caron, concernant le déménagement d’un centre d’assurance-emploi à Thetford Mines, dans le comté de M. Paradis.

    Pour les néodémocrates, il ne fait pas de doute que M. Aubut avait quelque chose de très précis à demander au gouvernement fédéral au moment du voyage de chasse, à savoir une contribution pour la construction de l’amphithéâtre permettant un retour des Nordiques.

    Le fait que le gouvernement de Stephen Harper ait finalement décidé de ne pas accorder de financement pour l’amphitéâtre ne rend pas le voyage plus justifiable, croit le député Alexandre Boulerice.

    «Il se met les deux pieds dans les plats et puis après ça, il dit: "j’en n’ai pas profité, ils n’ont pas eu le contrat". C’est comme si un brigand disait à un juge "c’est correct, je n’ai pas volé la banque, j’ai juste essayé"», a-t-il illustré.
     
     
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