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    La réplique › Marc Bellemare - Politicien rouge ou bleu?

    22 mars 2012 |Jean-Claude Hébert, avocat | Canada
    L’avocat Marc Bellemare a récemment reproché au Barreau du Québec de se comporter comme un parti politque.<br />
    Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger L’avocat Marc Bellemare a récemment reproché au Barreau du Québec de se comporter comme un parti politque.
    Le déclencheur › La guérilla politique du Barreau du Québec

    «Le système judiciaire n'appartient pas aux juges ni aux procureurs de la Couronne, encore moins au Barreau et aux avocats. Il appartient aux citoyens dont il doit refléter les valeurs humaines et sociales. Le Code criminel doit s'adapter à la réalité sociologique et à la forte réprobation qu'éprouve la population canadienne par rapport au fléau des prédateurs sexuels et des narcotrafiquants.»

    Marc Bellemare - Le Devoir, 20 mars 2012

    Le confrère Marc Bellemare reproche au Barreau du Québec de se comporter comme un parti politique. Son plaidoyer tient à ceci: les têtes pensantes du Barreau n'ont pas la légitimité requise pour parler au nom des 24 000 membres, alors que l'actuel gouvernement fédéral peut légitimement voter des lois au nom de tous les Canadiens.

    Une précision s'impose. Le comité consultatif du Barreau en matière criminelle comporte une vingtaine de membres. À l'instar du sénateur Boisvenu, Marc Bellemare conclut que ce groupuscule se transforme en machine de guerre politique «au service d'une poignée d'entre eux».

    La raillerie de Me Bellemare porte à faux.

    Peu importe la matière, le Barreau du Québec suit les recommandations de nombreux comités consultatifs. Ceux-ci sont composés de membres spécialisés dans différents domaines du droit. Concrètement, il s'avère impossible de tenir des consultations auprès des 24 000 membres pour tous les rapports émanant d'avocats spécialisés.

    Le Comité de droit criminel du Barreau compte 20 membres, 11 avocats agissent (ponctuellement ou régulièrement) en défense. Les 9 autres membres du comité seraient-ils de simples benêts instrumentalisés par une «poignée» de procureurs de la défense? Le gouvernement Harper peut-il revendiquer plus de légitimité que le Barreau du Québec, dont le bâtonnier et le vice-président sont élus au suffrage universel? Rappelons pour mémoire que le Parti conservateur a recueilli seulement 38 % des suffrages au pays... et encore moins au Québec.

    Le confrère Bellemare stigmatise Me Gilles Ouimet, le bâtonnier sortant. Il souligne avec ironie qu'il est «avocat criminaliste de profession». Ce mépris bien senti aurait-il un lien quelconque avec le fait que Me Ouimet est l'associé professionnel de Me Giuseppe Battista, président du Comité de droit criminel du Barreau?

    Curieusement, Me Battista était le procureur-chef de la commission Bastarache... un animal politique vertement décrié par Marc Bellemare.

    Enfin, on note avec amusement que, dans son analyse politique, Marc Bellemare emprunte, à rebours, le sentier politique de son confrère Jean Charest. Alors que ce dernier est passé du bleu au rouge, Me Bellemare colore en bleu son parcours de politicien rouge...

    ***

    Jean-Claude Hébert, avocat
     
     
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