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Les candidats dans la course à la chefferie du NPD

17 mars 2012 | Marie Vastel | Canada
Thomas Mulcair
57 ans, né à Ottawa, vit à Montréal

Seul Québécois dans la course depuis que Romeo Saganash s'est retiré pour ensuite l'appuyer. Il propose de sortir des créneaux traditionnels du parti pour en élargir la base, seul moyen de former le gouvernement en 2015, selon lui. Presque tous ses rivaux l'ont attaqué sur ce point (Topp, Nash, Dewar, Ashton), l'accusant de vouloir renier les principes fondamentaux du NPD. «Comment pouvez-vous inspirer les électeurs à voter pour notre parti alors que vous ne semblez pas vous-même inspiré par notre parti?», lui a lancé Paul Dewar au dernier débat à Vancouver. Considéré comme le meneur, il a aussi dû encaisser les critiques de sites ou de comptes Twitter créés pour dénoncer certaines de ses prises de position passées ou remettre en question son allégeance au parti, puisqu'il s'est joint après avoir quitté les libéraux québécois, qu'il aurait flirté avec les conservateurs avant de rejoindre les néodémocrates et qu'il n'avait pas fait de dons au NPD fédéral, mais simplement à son association de circonscription. Il propose un système de plafonnement et d'échanges de GES — comme ses rivaux —, il ne s'oppose pas aux sables bitumineux, mais propose de cesser de les subventionner. Il ne rejette pas non plus le financement fédéral du projet hydroélectrique du Bas-Churchill, dénoncé par Québec.


Brian Topp
51 ans, né à Longueuil, vit à Toronto

Ex-stratège du parti, M. Topp se décrit comme l'héritier de son ancien patron Jack Layton, avec qui il a rédigé des politiques comme la Déclaration de Sherbrooke, et il entend camper bien à gauche du spectre politique. Il propose d'augmenter les impôts des plus riches (250 000 $ et plus) de même que ceux des entreprises. Président de l'ACTRA (Alliance of Canadian Cinema, Television and Radio Artists), il est considéré comme proche du monde syndical. Il est aussi vu comme le candidat de l'establishment du parti — l'ex-leader Ed Broadbent était à ses côtés lorsqu'il s'est lancé dans la course, mi-septembre, et l'ancien premier ministre de la Saskatchewan, Roy Romanow, pour qui il a travaillé, lui a aussi donné son appui, parmi d'autres anciens leaders néodémocrates au pays. Il est l'un des deux seuls candidats (avec Martin Singh) qui ne siège pas aux Communes. Au départ de la course, il était considéré comme le meneur, mais il semble avoir perdu de son élan.

Peggy Nash

60 ans, née à Toronto, vit à Toronto

Porte-parole aux finances jusqu'à ce qu'elle renonce à ce poste pour briguer la chefferie, elle insiste sur l'importance de démontrer que le NPD peut gérer les finances de l'État et pas seulement les questions sociales. Elle tente ainsi de s'attaquer au cheval de bataille des conservateurs, qui plaident sans relâche qu'ils sont les seuls à défendre l'économie canadienne et qui ont déjà commencé à marteler que les néodémocrates étaient dans ce domaine «inaptes à gouverner». Elle plaide aussi, comme plusieurs de ses rivaux, pour un scrutin proportionnel, mais son discours à cet égard a pris de l'ampleur en fin de campagne. Mme Nash est elle aussi proche des syndicats.

Paul Dewar
49 ans, né à Ottawa, vit à Ottawa

Il s'est distingué avec ses positions sur les questions internationales, après avoir été le porte-parole de son parti en la matière pendant quatre ans. Il a d'ailleurs déniché l'appui de quelques grands noms de la scène internationale, comme Maher Arar, d'anciens employés de Droits et démocratie, sa collègue députée et ancienne diplomate Hélène Laverdière. Il propose par ailleurs de rétablir le financement public des partis politiques, en fonction de la proportion de candidatures féminines aux élections fédérales. Plus le pourcentage de candidates féminines est important, plus le parti recevrait d'argent, jusqu'à concurrence des 2 $ par vote actuels (financement qu'abolissent graduellement les conservateurs). Il s'est vivement fait reprocher de ne pas assez bien parler français pour conserver la faveur de l'électorat québécois. Son français demeure en effet laborieux. À cet égard, c'est le plus faible des sept candidats, mais Ashton, Singh et Cullen ne sont pas parfaitement bilingues non plus.

Nathan Cullen
39 ans, né à Toronto, vit à Smithers, Colombie-Britannique

Candidat controversé dans cette course que plusieurs ont accusée d'être trop uniforme, M. Cullen a causé la surprise en proposant une union ponctuelle des néodémocrates et des libéraux, qui s'entendraient pour présenter un candidat unique dans les circonscriptions qu'il leur est possible de ravir aux conservateurs. Son idée a été vivement critiquée, ses rivaux rétorquant, comme à l'endroit de M. Mulcair, que si le NPD se colle au Parti libéral, il disparaîtra au profit de ce second, implanté depuis plus longtemps dans la politique canadienne. M. Cullen a par ailleurs suggéré de permettre aux jeunes de voter dès l'âge de 16 ans. Il suggère en outre un référendum sur la monarchie et il veut repenser le traité de libre-échange avec l'Union européenne.

Niki Ashton
29 ans, née à Thompson, nord du Manitoba, et y vit

La plus jeune candidate dans cette course, elle mise justement sur son jeune âge et dit vouloir remplacer la «vieille politique» de Stephen Harper — celle de la division, déclare-t-elle — par une «nouvelle politique». Elle affirme par ailleurs qu'un parti fédéral doit reconnaître les différences régionales. Élue d'un comté rural du Manitoba, elle ne s'est jamais ralliée à la position de son parti dans le dossier du registre des armes d'épaule et a voté avec les conservateurs pour le démanteler. Signe que les autres candidats craignent peu sa candidature, lorsqu'ils se sont fait demander de nommer leur «deuxième choix» au premier débat d'Ottawa, Topp et Nash ont choisi Niki Ashton (les autres se sont abstenus de répondre).

Martin Singh
39 ans, né à Halifax, vit à Musquodoboit Harbour, Nouvelle-Écosse

Hommes d'affaires et pharmacien, M. Singh a misé sur sa volonté de faire du NPD un parti qui peut être favorable aux entreprises (les néodémocrates ont vivement dénoncé les réductions d'impôts accordées par les conservateurs aux entreprises). Il défend aussi l'importance d'une stratégie pancanadienne d'assurance-médicaments. Cette semaine, il a confirmé qu'il appellerait ses partisans à faire de Thomas Mulcair leur deuxième choix au bulletin préférentiel. Ses rivaux l'accusant d'avoir une alliance secrète avec le Québécois, ce qu'ont démenti les deux camps.
 
 
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