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    Mulcair inquiète l'establishment du NPD

    Le vote qui couronnera le prochain chef approche, les attaques se multiplient

    16 mars 2012 |Marie Vastel | Canada
    Thomas Mulcair insiste pour dire que le NPD doit élargir sa portée et passer outre aux «phrases passe-partout des années 1950».
    Photo: Agence Reuters Ben Nelms Thomas Mulcair insiste pour dire que le NPD doit élargir sa portée et passer outre aux «phrases passe-partout des années 1950».
    Ottawa — À une semaine du congrès qui couronnera le prochain chef du NPD, le ton monte. L'éminence grise du parti semble de plus en plus s'inquiéter de Thomas Mulcair. L'ancien chef Ed Broadbent ne se contente plus de vanter son poulain Brian Topp, il s'attaque à son plus grand rival.

    Le député d'Outremont fait fausse route en voulant centrer davantage le Nouveau Parti démocratique pour courtiser l'électorat. Il exagère aussi en se présentant comme le candidat qui «modernisera» le parti, car c'est Jack Layton qui l'a fait avant lui. Et il est malhonnête en prétendant que c'est grâce à son intervention que la campagne néodémocrate fédérale a adapté son discours politique afin de séduire le Québec. Ed Broadbent a toute une liste de reproches à faire au candidat québécois.

    Thomas Mulcair insiste pour dire que le NPD doit élargir sa portée et passer outre aux «phrases passe-partout des années 1950». Mais cette volonté de changement dans le langage néodémocrate fait tiquer ses rivaux dans la course à la chefferie, qui l'ont presque tous, tour à tour, accusé de vouloir renier les principes sociaux-démocrates à la base du parti.

    «Phrases passe-partout. Qu'est-ce qu'il veut dire? Est-ce qu'il parle de la préoccupation envers l'inégalité? Si c'est le cas, c'est le genre de phrase passe-partout que j'aime, c'est une valeur centrale de la social-démocratie», a défendu Ed Broadbent, en entrevue avec Le Devoir hier. L'ex-leader néodémocrate accuse en outre Thomas Mulcair de vouloir déplacer son parti vers le centre de l'échiquier politique. «L'objectif, c'est évidemment d'avoir une majorité [de votes] de votre côté. Mais je ne suis pas d'accord pour dire qu'il faut pour autant diluer nos principes sociaux-démocrates.» Il y a deux solutions: convaincre davantage de Canadiens, comme ce fut le cas au Québec lors du dernier scrutin, «ou réorienter le programme dans une direction beaucoup plus conservatrice, ce qui veut dire de devenir un autre Parti libéral.» Et M. Broadbent refuse d'adhérer à la seconde.

    Pourtant, l'ex-collègue de M. Mulcair dans le gouvernement québécois, Liza Frulla, n'est pas du même avis. Le député d'Outremont serait plutôt dans la même lignée que son ancien chef. «De dire que c'est un gars de droite, je ne suis pas prête à dire ça. Peut-être plus à droite que le NPD en général, mais je le mets dans la même ligne que Jack Layton», analyse-t-elle, comme le rapporte Jean-François Lisée dans son blogue du magazine L'Actualité.

    Ed Broadbent reproche en outre à Thomas Mulcair de négliger des joueurs importants du parti et de tenter de s'approprier leurs réussites. Lorsqu'il affirme que la campagne de l'«Avenue Laurier» — en référence à l'adresse du quartier général du parti à Ottawa — a dû être rappelée à l'ordre pour adapter son discours aux réalités québécoises, «c'est faux», accuse celui qui a dirigé le parti de 1975 à 1989. Dès le premier jour, l'équipe fédérale était à l'écoute, et ceux qui ont dirigé la campagne au Québec, ce sont Brian Topp et Raymond Guardia (qui travaille aujourd'hui pour la campagne de M. Topp), de même que des employés d'arrière-plan, qui seraient eux aussi agacés de voir M. Mulcair prendre le crédit, insiste M. Broadbent, qui n'en est pas à sa première sortie pour faire l'éloge de Brian Topp.

    Brian Topp a rapidement été classé comme le candidat de l'establishment, l'appui de M. Broadbent ayant été suivi de près par l'arrivée de Raymond Guardia à titre de son directeur de campagne. Thomas Mulcair, lui, est vu comme le combattant. Et, selon les sondages internes des campagnes, qui semblent tous d'accord pour le voir en tête, il serait bien en selle, à une semaine de l'ouverture du congrès qui décidera lequel des sept candidats succédera à Jack Layton.

    Mais plusieurs s'inquiètent de son côté batailleur, qui ne conviendrait pas à un chef, accuse-t-on en coulisses. En entrevue avec The Globe and Mail, M. Broadbent a fait valoir que les collègues de M. Mulcair de la première heure au NPD ne l'ont pas entériné. «Les gens devraient regarder attentivement le fait que les gens qui étaient là [de 2007 à 2011] avec Tom, 90 % d'entre eux appuient d'autres candidats.»

    «Il n'y a aucun député de deuxième classe», a-t-on rétorqué dans le clan Mulcair, en rappelant que 43 d'entre eux, si néophytes soient-ils, appuient le candidat québécois. «On arrive dans le dernier droit de la course et tous les camps sortent toutes les munitions qu'il reste dans le fond du placard», a commenté l'un de ces appuis, le député Pierre Nantel. Le camp Mulcair a par ailleurs refusé de renchérir, arguant simplement avoir mené «une campagne optimiste, positive et respectueuse. [...] Il revient maintenant aux membres de notre parti de choisir leur prochain chef.» La décision viendra le 24 mars.

    ***

    Singh est puni pour avoir insulté Topp


    Le candidat néo-écossais Martin Singh s'est fait réprimander. Il devra payer une amende de 1100 $ après avoir accusé Brian Topp, le 4 mars dernier à Montréal, d'avoir «menti» quant à l'une de ses propositions fiscales énoncées lors d'un précédent débat. Le directeur général des élections aurait stipulé le 9 mars, selon M. Singh, que les candidats ne devaient pas utiliser un langage non parlementaire. M. Singh devra donc acquitter l'amende, à moins qu'il ne présente des excuses publiques à M. Topp. M. Singh n'a pas l'intention d'obtempérer. Il a donc invité ses partisans hier à lui faire des dons pour l'aider à débourser les frais réclamés.
     
     
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