Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Appels électoraux frauduleux - «Inacceptable», dit maintenant Harper

    «Nous considérons que les activités qui semblent avoir été menées dans Guelph sont totalement inacceptables, et nous voulons voir cette affaire examinée et résolue», a affirmé M. Harper aux Communes.
    Photo: Agence Reuters Chris Wattie «Nous considérons que les activités qui semblent avoir été menées dans Guelph sont totalement inacceptables, et nous voulons voir cette affaire examinée et résolue», a affirmé M. Harper aux Communes.
    Ottawa — Pour la première fois hier, Stephen Harper a affirmé que ce qui s'est produit dans Guelph était «inacceptable», semblant prendre acte du sentiment populaire alors qu'un sondage suggère que les Canadiens sont préoccupés par les appels frauduleux effectués pendant la dernière campagne électorale. Mais pour le reste, le premier ministre n'a pas bronché: ses troupes n'ont rien à se reprocher et c'est l'opposition qui a des explications à rendre dans ce dossier.

    «Nous considérons que les activités qui semblent avoir été menées dans Guelph sont totalement inacceptables, et nous voulons voir cette affaire examinée et résolue», a affirmé M. Harper aux Communes. Mais pour le reste, les conservateurs ont scandé sans relâche les mêmes réponses, peu importe la question.

    Élections Canada dispose déjà des documents du Parti conservateur, mais c'est aussi à l'opposition de s'expliquer, ont martelé les conservateurs. Cette absence de réponse, selon le chef libéral par intérim, envoie un message clair: «il a quelque chose à cacher», a tranché M. Rae au sujet de M. Harper. «Quand on parle de fraude électorale, les conservateurs tremblent. De quoi ce gouvernement a-t-il peur? Pourquoi refuse-t-il de tout dévoiler?», a quant à lui demandé le néodémocrate Alexandre Boulerice.

    Un sondage effectué par la firme Angus Reid démontre qu'une importante majorité (81 %) de Canadiens voudraient qu'une enquête indépendante soit menée pour découvrir qui a commandé les appels. En outre, 50 % des répondants — 61 % au Québec — pensent qu'une élection partielle devrait être tenue dans les circonscriptions où ces coups de téléphone ont eu lieu, contre 37 % qui s'y opposent.

    Pas moins de 64 % des répondants pensent que le stratagème frauduleux s'est «probablement» ou «assurément» déroulé ailleurs au pays, et pas seulement à Guelph. Seuls les sympathisants conservateurs sont sous la barre des 50 % à cet égard, mais ils sont quand même plus nombreux à croire à un stratagème répandu (47 %) qu'à un cas isolé (33 %). Le sondage effectué auprès de 1001 internautes a une marge d'erreur de plus ou moins 3,1 % 19 fois sur 20.

    Enquête élargie


    Les conservateurs sont dans l'embarras depuis qu'il a été révélé qu'Élections Canada mène une enquête sur des appels robotisés faits dans Guelph par la compagnie RackNine, liée au Parti conservateur, qui avisaient faussement les électeurs que leur bureau de scrutin avait été déménagé. L'enquête serait maintenant élargie pour se pencher sur la circonscription de Nipissing-Timiskaming, dans le nord de l'Ontario, révélait hier le Toronto Star. Une militante écologiste de North Bay a reçu elle aussi un coup de fil l'informant que son bureau de scrutin avait été déplacé. Élections Canada n'avise jamais par téléphone les électeurs d'un déménagement de bureau de vote. D'ailleurs, l'agence fédérale avait demandé aux partis politiques de ne pas le faire, consigne qu'ils n'ont pas respectée note-t-elle dans son rapport publié à la suite de l'élection.

    Au fil de son enquête, Élections Canada a découvert que les appels automatisés faits par RackNine dans Guelph ont été commandés par un cellulaire acheté par «Pierre Poutine» de Joliette. Le Globe and Mail a révélé hier que l'agence fédérale se tourne maintenant vers la compagnie PayPal, qui permet de faire des paiements en ligne, laissant croire que l'agence fédérale tente d'identifier le détenteur de la carte de crédit qui a payé RackNine.

    Justement, Élections Canada tente de découvrir si cette campagne conservatrice a essayé de cacher ses liens avec RackNine. Postmedia News rapportait hier qu'Élections Canada a contacté l'agent officiel du candidat conservateur dans Guelph pour comprendre pourquoi les dépenses électorales facturées par RackNine n'ont pas été inscrites, comme la loi l'exige, dans le rapport de campagne.

    Un des organisateurs conservateurs locaux, Andrew Prescott, a toujours soutenu que c'est lui qui a payé les factures de RackNine et qu'il s'est fait rembourser par la campagne locale 1100 $. Une portion de ce montant (moins de 400 $) représente la facture de RackNine, soutient-il. Pourtant, une entente signée en début de campagne prévoyait que ces 1100 $ seraient versés seulement à titre de salaire. On n'y faisait pas mention du coût des appels. «Il s'agit d'une erreur de comptabilité qui serait sûrement passée inaperçue si la campagne locale n'avait pas été sous surveillance pour une autre question [les appels frauduleux] qui n'est pas reliée», explique une source conservatrice au Devoir.

    ***

    Élections Canada: un point de chute pour les plaintes

    Élections Canada enjoint aux électeurs de communiquer directement avec le Commissaire aux élections fédérales plutôt que les partis politiques s'ils ont reçu un «appel frauduleux» lors de la dernière campagne électorale. Un portail a été créé dans Internet pour faire un signalement et en faciliter le traitement. «Certains organismes ont établi leurs propres processus pour recueillir les préoccupations et les plaintes des électeurs, écrit Élections Canada. Pour éviter toute confusion, Élections Canada demande aux partis politiques, aux députés, aux candidats ou à leurs représentants ainsi qu'à tout organisme qui recueille ou reçoit des renseignements, de guider les électeurs vers le formulaire de plainte.»












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.