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La tempête des commandites ne dérange pas Chrétien

Manon Cornellier   19 juin 2002  Canada
Jean Chrétien a connu d'autres tempêtes dans sa vie et il est déterminé à prouver qu'en tant que premier ministre, il ne se laisse pas distraire par celles qui secouent actuellement son gouvernement et son leadership.

S'il n'est pas aux Communes ces jours-ci, ce n'est pas pour fuir les questions sur le programme de commandites ni pour se consacrer à sa bataille contre Paul Martin en vue du vote sur son leadership en février prochain, a-t-il fait comprendre hier au cours d'une entrevue qui devait porter exclusivement sur le volet africain du sommet du G8, à Kananaskis.

«Je travaille là-dessus cette semaine. Je ne vais pas beaucoup à la Chambre des communes parce que j'ai du travail à faire», a-t-il soutenu. Et d'énumérer ses contacts avec le président français Jacques Chirac, le premier ministre britannique Tony Blair et le président américain George W. Bush au cours des derniers jours. Puis d'insister sur le fait qu'il a parlé «deux ou trois fois et encore hier» (lundi) avec le président sud-africain Thabo Mbeki, un des instigateurs du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique.

Détendu et visiblement en pleine possession de ses moyens, M. Chrétien est clairement en alerte, confiant en ses méthodes habituelles, peu importe la situation. «Une de mes stratégies, si je peux employer le terme, c'est d'être sous-estimé et de produire plus que prévu.»

Il ne parlait pas directement de l'affrontement qui l'oppose à l'ancien ministre des Finances, Paul Martin, mais l'allusion était claire. Paul Martin a refusé de freiner son organisation en vue d'une course au leadership. M. Chrétien, lui, a décidé de se soumettre au vote de confiance de son parti, en février prochain, et il est déterminé à le gagner. Mais en même temps, il fait tout pour montrer que les affaires de l'État n'ont pas été affectées par le renvoi de M. Martin du cabinet. En somme, qu'il peut maintenant s'en passer.

Le départ de Paul Martin a toutefois eu un léger impact sur la préparation du G8. Doyen des argentiers du G7, il devait présider la réunion des ministres des Finances, la fin de semaine dernière, à Halifax. C'est le nouveau ministre des Finances, John Manley, qui s'en est chargé.

Bien qu'il ne devait pas être question de ses problèmes actuels, Jean Chrétien a passé quelques messages et noté, de façon informelle en quittant la pièce, que les difficultés éprouvées avec le programme des commandites sont avant tout un problème de gestion auquel son gouvernement entend remédier. Aucun politicien ne s'est enrichi, a-t-il souligné après avoir jugé excessives les accusations de corruption.






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