Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?

    Droit de vote - La fin et les moyens

    3 mars 2012 |Bernard Descôteaux | Canada
    La Charte canadienne des droits et libertés fait du droit de vote l'un des droits prééminents dans une société libre et démocratique. Il va de soi que l'exercice de ce droit doit être encouragé et n'être soumis à aucune entrave. Le Canada se fait fort d'ailleurs d'en promouvoir la reconnaissance dans des pays totalitaires ou dictatoriaux. C'est d'ailleurs au nom de la restauration de la démocratie que 157 militaires canadiens sont morts en Afghanistan.

    Ce droit, dont le gouvernement conservateur de Stephen Harper se fait si spontanément le champion à l'étranger, devrait être l'objet du même respect ici même au pays. Du moins, il serait raisonnable de le croire, mais les milliers de plaintes reçues par Élections Canada d'électeurs qui à l'élection du 2 mai 2011 auraient été l'objet d'interventions de la part du Parti conservateur pour les empêcher de voter ne peuvent que susciter un profond doute à cet égard.

    La preuve est bien sûr à faire de la responsabilité de la direction du Parti conservateur dans ces appels téléphoniques robotisés faits par une firme liée à cette formation et qui transmettaient de faux messages sur le déplacement des bureaux de scrutin au nom d'Élections Canada. L'enquête sera longue et difficile. Entre-temps, il y a présomption d'innocence.

    Le nombre de ces plaintes, 31 000 jusqu'ici, permet d'affirmer qu'il ne s'agit pas d'incidents isolés. Les témoignages d'employés du centre d'appels mis en cause ne laissent pas de doute. Ces appels visaient à empêcher l'exercice du droit de vote et à influencer le résultat du scrutin dans les circonscriptions. Cela relève de la fraude et de l'usurpation d'identité d'agents d'Élections Canada.

    Cette machination n'a pas influencé le résultat de l'élection d'un gouvernement majoritaire conservateur. Cela n'a pas empêché des candidats libéraux qui en ont été l'objet d'être élus. Là n'est pas le problème. Le problème est dans la persistance de moeurs électorales délétères que des décennies d'efforts n'ont pas encore totalement assainies. C'est comme combattre une hydre à sept têtes. Arrive-t-on à imposer des règles strictes sur le financement des partis politiques ou sur l'identification des électeurs pour empêcher les morts de voter, que l'on trouve d'autres façons de contourner la loi et son esprit. Comme toujours, ces gens estiment que la fin, c'est-à-dire la quête du pouvoir, justifie les moyens.

    Des soupçons graves pèsent sur le Parti conservateur que le premier ministre Stephen Harper ne peut décemment ignorer. Le chef du Parti libéral, Bob Rae, lui a fait une proposition honnête, qui est de remettre à Élections Canada les listes des appels faits par leurs partis. Cela faciliterait l'enquête en cours et empêcherait qu'elle s'enlise dans un débat partisan. Ce serait manifester une hauteur de vue et un respect de nos institutions démocratiques que l'on ne trouve pas toujours chez ce premier ministre, surtout depuis qu'il a obtenu ce qu'il désespérait d'avoir, soit cette majorité qui lui permet de mener le Parlement de façon autoritaire.
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel