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Assurance-emploi: le NPD veut que la commissaire à l’éthique enquête sur Christian Paradis

La Presse canadienne   24 février 2012 15h35  Canada
Le NPD reproche au ministre Christian Paradis d’être responsable du déménagement d’un centre de traitement de l’assurance-emploi de Rimouski à Thetford Mines.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le NPD reproche au ministre Christian Paradis d’être responsable du déménagement d’un centre de traitement de l’assurance-emploi de Rimouski à Thetford Mines.
Ottawa — Le Nouveau Parti démocratique se tourne vers la commissaire à l’éthique, espérant qu’elle blâmera le ministre Christian Paradis. Le NPD reproche au ministre d’être responsable du déménagement d’un centre de traitement de l’assurance-emploi de Rimouski à Thetford Mines.

Déjà, les néodémocrates soupçonnaient le ministre de patronage, Thetford Mines étant dans sa circonscription alors que Rimouski est représenté par le NPD.

Mais voilà que La Presse révélait aujourd'hui que le nouveau centre de Thetford Mines louera les locaux d’un édifice appartenant à une société à numéro dont le principal actionnaire est Ghislain Dionne. Or, M. Dionne est associé avec le père du ministre au sein du cabinet d’avocats Paradis-Dionne. Le ministre lui-même était le troisième associé de ce cabinet avant son élection à Ottawa.

«Les faits parlent d’eux-mêmes», accuse le député néodémocrate de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Guy Caron.

«Si un proche de M. Paradis avec qui il a travaillé, qui travaille toujours avec son père, bénéficie directement de cette aide, pour nous, ça mérite une enquête de la part de la commissaire à l’éthique», fait valoir le député.

Selon lui, le ministre Paradis s’est placé en situation de conflit d’intérêts lorsqu’il a convaincu sa collègue ministre des Ressources humaines, Diane Finley, de déménager le centre là où elle le fait.

Dans une lettre à la commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mary Dawson, le NPD rappelle les mots du ministre Paradis lui-même qui se vantait d’avoir obtenu ce centre pour sa région. «J’ai fait mes représentations auprès de la ministre [Finley]. Nous avons un beau centre qui est bien situé [...]», cite la lettre que signe le député Caron.

Puis le député rappelle la loi qui interdit «à tout titulaire de charge publique de se prévaloir de ses fonctions officielles pour tenter d’influencer la décision d’une autre personne dans le but de favoriser son intérêt personnel ou celui d’un parent ou d’un ami».

Le déménagement du centre affectera une trentaine d’employés qui pourront, s’ils le veulent, déménager avec le centre. Le député Caron calcule cependant que ce déménagement nuira à l’économie de sa région.

«En terme de retombées économiques, on parle de 1,8 million dans l’économie locale, ce qui est quand même assez important pour une région comme le Bas-Saint-Laurent», a-t-il dit au cours d’une entrevue.

Le député croit aussi que le gouvernement fédéral perdra 1,2 million à cause du bail qui le lie jusqu’en 2018 au propriétaire de ses locaux à Rimouski.

«Il n’y avait aucune raison valable pour déménager le bureau à Thetford Mines sinon le patronage. Puis là, si un proche du ministre Paradis en bénéficie directement, pour nous, c’est clairement un conflit d’intérêts», conclut le député.

Le ministre Paradis a, jusqu’à maintenant, refusé de réagir à ces allégations.
Son gouvernement a envoyé à sa rescousse un autre ministère, celui des Travaux publics et Services gouvernementaux (TPSGC).

Dans un courriel, la directrice des communications de la ministre Rona Ambrose écrit: «Suite au processus compétitif, ouvert et transparent, le site a été retenu par TPSGC puisqu’il répondait aux critères et représentait la meilleure valeur pour la Couronne».

 
 
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  • Roland Berger - Abonné
    24 février 2012 23 h 06
    Ben voyons donc !
    Si l'on se met à empêcher aux élus de s'enrichir directement ou indirectement (amis, parenté) en utilisant leur fonction, il n'y aura bientôt plus personne à la Chambre des Communes... et à l'Assemblée nationale.
    Roland Berger
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