Sables bitumineux albertains - Tout n'est pas joué en Europe
Photo : Agence France-Presse Mark Ralston
La directive accole au pétrole des sables bitumineux comme celui exploité à Fort McMurray, en Alberta, une valeur d’émission de gaz à effet de serre supérieure à celle du pétrole traditionnel.
Bruxelles — Ce sont les politiciens d'Europe qui devront trancher le sort des sables bitumineux albertains. Une tentative d'un comité de l'Union européenne qui aurait catégorisé le pétrole des sables bitumineux comme plus polluant que le pétrole traditionnel s'est terminée en queue de poisson.
Le vote sur la proposition s'est soldé par un résultat ne donnant ni raison ni tort à personne. Il fallait une majorité de 255 votes pour trancher la question. Or, hier, 89 membres du comité ont approuvé la proposition, 128 ont voté contre et 128 autres se sont abstenus.
Il revient maintenant au Conseil européen de trancher. Les 27 pays membres du Conseil devraient prendre une décision définitive en juin.
Les environnementalistes croient qu'ils gagneront au bout du compte. Mais au gouvernement canadien, on croit plutôt être maintenant en meilleure position pour savoir quels politiciens européens il faut charmer afin de tuer pour de bon la Directive sur la qualité des carburants (DQC).
La directive accole des valeurs d'émission de gaz à effet de serre à différentes sources d'approvisionnement en carburant. La principale inquiétude du Canada vient du fait que le pétrole des sables bitumineux est placé dans une catégorie à part, avec une valeur de 23 % plus élevée que celle du pétrole traditionnel.
Le but de la DQC vise à réduire de 10 % les émissions polluantes émises par le transport. «Nous ne sommes pas opposés au but de la directive sur la qualité des carburants, mais nous ne pouvons absolument pas accepter que le brut canadien tiré des sables bitumineux fasse l'objet d'une discrimination injuste, sans fondement scientifique», a déclaré le ministre canadien des Ressources naturelles, Joe Oliver, dans un communiqué diffusé hier matin. Le ministre dit travailler «à déterminer quelles sont les prochaines étapes».
Plus précise, la première ministre de l'Alberta dit que les efforts de lobbying de son gouvernement seront dorénavant plus «ciblés». Alison Redford dit que le résultat du vote lui permet de savoir quels pays européens il lui faut convaincre. Les représentants de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de la France et des Pays-Bas au comité sont parmi ceux qui ont préféré s'abstenir au vote d'hier.
Les environnementalistes confiants
Chez Greenpeace, Keith Stewart croit plutôt que le vote d'hier est une bonne nouvelle. «Nous sommes très optimistes», dit-il. «Si nous allions perdre, nous nous serions attendus à perdre dans un vote de comité meublé de technocrates anonymes plutôt que dans un vote de ministres qui devront répondre de leur décision», analyse-t-il. «S'ils veulent se lever et dire qu'ils sont du côté de Shell ou de BP plutôt que du côté du climat, ce sera une position très inconfortable à prendre en Europe», ajoute le chef de campagne Climat Énergie chez Greenpreace Canada.
Pour sa part, Équiterre sermonne le gouvernement canadien. «Plutôt que de tenter de s'opposer aux pays et États qui veulent mettre en place différentes initiatives pour lutter contre les changements climatiques, le gouvernement conservateur devrait prendre exemple sur ces derniers et s'attaquer à la pollution des sables bitumineux», a fait valoir Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d'Équiterre.
Du côté de l'opposition à Ottawa, Megan Leslie, porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d'environnement, voit dans les derniers développements «un sérieux avertissement pour le gouvernement Harper».
«Si le gouvernement fédéral avait pris de meilleures décisions et avait réglementé les impacts environnementaux des sables bitumineux dès le départ, le Canada ne serait pas dans cette position», a déclaré Mme Leslie dans un communiqué.
Le vote sur la proposition s'est soldé par un résultat ne donnant ni raison ni tort à personne. Il fallait une majorité de 255 votes pour trancher la question. Or, hier, 89 membres du comité ont approuvé la proposition, 128 ont voté contre et 128 autres se sont abstenus.
Il revient maintenant au Conseil européen de trancher. Les 27 pays membres du Conseil devraient prendre une décision définitive en juin.
Les environnementalistes croient qu'ils gagneront au bout du compte. Mais au gouvernement canadien, on croit plutôt être maintenant en meilleure position pour savoir quels politiciens européens il faut charmer afin de tuer pour de bon la Directive sur la qualité des carburants (DQC).
La directive accole des valeurs d'émission de gaz à effet de serre à différentes sources d'approvisionnement en carburant. La principale inquiétude du Canada vient du fait que le pétrole des sables bitumineux est placé dans une catégorie à part, avec une valeur de 23 % plus élevée que celle du pétrole traditionnel.
Le but de la DQC vise à réduire de 10 % les émissions polluantes émises par le transport. «Nous ne sommes pas opposés au but de la directive sur la qualité des carburants, mais nous ne pouvons absolument pas accepter que le brut canadien tiré des sables bitumineux fasse l'objet d'une discrimination injuste, sans fondement scientifique», a déclaré le ministre canadien des Ressources naturelles, Joe Oliver, dans un communiqué diffusé hier matin. Le ministre dit travailler «à déterminer quelles sont les prochaines étapes».
Plus précise, la première ministre de l'Alberta dit que les efforts de lobbying de son gouvernement seront dorénavant plus «ciblés». Alison Redford dit que le résultat du vote lui permet de savoir quels pays européens il lui faut convaincre. Les représentants de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de la France et des Pays-Bas au comité sont parmi ceux qui ont préféré s'abstenir au vote d'hier.
Les environnementalistes confiants
Chez Greenpeace, Keith Stewart croit plutôt que le vote d'hier est une bonne nouvelle. «Nous sommes très optimistes», dit-il. «Si nous allions perdre, nous nous serions attendus à perdre dans un vote de comité meublé de technocrates anonymes plutôt que dans un vote de ministres qui devront répondre de leur décision», analyse-t-il. «S'ils veulent se lever et dire qu'ils sont du côté de Shell ou de BP plutôt que du côté du climat, ce sera une position très inconfortable à prendre en Europe», ajoute le chef de campagne Climat Énergie chez Greenpreace Canada.
Pour sa part, Équiterre sermonne le gouvernement canadien. «Plutôt que de tenter de s'opposer aux pays et États qui veulent mettre en place différentes initiatives pour lutter contre les changements climatiques, le gouvernement conservateur devrait prendre exemple sur ces derniers et s'attaquer à la pollution des sables bitumineux», a fait valoir Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d'Équiterre.
Du côté de l'opposition à Ottawa, Megan Leslie, porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d'environnement, voit dans les derniers développements «un sérieux avertissement pour le gouvernement Harper».
«Si le gouvernement fédéral avait pris de meilleures décisions et avait réglementé les impacts environnementaux des sables bitumineux dès le départ, le Canada ne serait pas dans cette position», a déclaré Mme Leslie dans un communiqué.
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