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Loi sur la justice - La science avant les émotions, disent les opposants

La Presse canadienne   24 février 2012  Canada
Ottawa — Un groupe comprenant des défenseurs des droits des victimes d'actes criminels, deux juges à la retraite et un ancien député conservateur soutient que le Canada sera moins sûr dans cinq ans à cause des changements au système de justice pénale prônés par le gouvernement Harper.

Un projet de loi omnibus incluant neuf anciens projets de loi est sur le point d'être approuvé par la majorité conservatrice au Sénat. Ses détracteurs continuent toutefois à plaider que le gouvernement devrait baser ses politiques sur des données scientifiques plutôt que sur ses «réactions émotives».

«Malheureusement, ce projet créera chez les Canadiens un plus grand sentiment de crainte et d'insécurité. Et tout ça, au nom des victimes», a déclaré David Daubney, qui a déjà présidé le Comité de la justice de la Chambre des communes sous le gouvernement Mulroney.

Steve Sullivan, un ancien ombudsman fédéral des victimes d'actes criminels, soutient que les victimes sont souvent insatisfaites des jugements de la justice et que ce sentiment ne changera pas avec des peines plus lourdes. «Le projet de loi est présenté comme étant bénéfique pour les victimes d'actes criminels, a-t-il dit. En fait, nous craignons que ce soit tout le contraire.»

Un comité sénatorial procédait à des audiences, hier, de victimes d'actes criminels dans un bâtiment adjacent au parlement, et la charge émotive des témoignages aide à illustrer l'appel populaire de l'ordre du jour conservateur en matière de criminalité.

Des défenseurs des droits de la personne possédant une vision plus large du paysage juridique ont toutefois affirmé que les victimes traumatisées ne trouveront pas de rédemption avec des lois plus sévères contre le crime.

Le premier ministre Stephen Harper, s'exprimant hier d'Iqaluit, au Nunavut, a maintenu que son gouvernement majoritaire avait reçu un mandat pour aller de l'avant dans ce dossier.
 
 
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  • André Michaud - Inscrit
    24 février 2012 10 h 10
    L'avis des victimes?
    Est-ce qu'enfin on pensera aux victimes avant de penser aux pauvres meurtriers qui ont eu une pauvre enfance etc.. ??? Est-ce la fin des sentences bonbons?

    Je parie ma chemise que la majorité des canadiens et des québécois en ont ras le bol de cette situation ou on peut enlever la vie sans en subir les conséquences...et sortir de prison presque automatiquement au tiers de la sentence!!! Faudra T'il tripler les sentences ?
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    24 février 2012 11 h 30
    Les victimes?
    Les conservateurs prônent une approche plus punitive alors que les recherches et les études des dernières décennies ont démontré clairement que les victimes ont beaucoup plus de satisfaction quand un accusé est traité selon un programme de justice réparatrice. La réalité c'est qu'une peine de prison est effectivement une peine «bonbon» car le prisonnier n'a pas à prendre la responsabilité de son ou ses crimes et va simplement «faire son temps» avec d'autres qui ont les mêmes «intérêts» criminels que lui. D'ailleurs dans ce système punitif, l'accusé n'a même pas à témoigner ni à dire un seul mot lors de son procès et de l'audience de détermination de la peine - souvent tout est dit par la seule voix de son avocat.

    Les programmes de justice réparatrice eux obligent les accusés à prendre leurs responsabilités et à faire face à leurs victimes ainsi qu'à la collectivité en général et il y a plusieurs accusés qui refusent de participer à ces programmes parce qu'ils sont trop difficiles pour eux car les sanctions sont souvent très exigeantes.

    Ces programmes existent autant au Canada qu'aux ÉU et dans ce dernier cas, le Texas est devenu le dernier état à se tourner vers une approche plus réparatrice sachant qu'elle est plus susceptible de responsabiliser les accusés et à faire baisser les taux de récidive et, conséquemment, les taux de criminalité. Cela est clairement démontré par toutes les études faites à ce sujet jusqu'à présent et le Texas ne s'est pas tourné vers cette approche à l'aveuglette.

    Mais les électeurs sont souvent manipulés par les politiciens et c'est leur appui que cherchent les conservateurs - pas à faire baisser la criminalité... Donc, en réalité les victimes vont aussi en payer le prix.
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  • Roland Berger - Abonné
    24 février 2012 12 h 19
    Oeil pour oeil, dent pour dent
    Les conservateurs, qui n'hésitent pas à parader leurs croyances religieuses, ne se souviennent pas que leur Jésus a condamné sans réserve la loi du talion, c'est-à-dire d'une vengeance au moins égale à celle du crime commis. De fétides hypocrites, voilà ce qu'ils sont. Et 39 % des Canadiens les appuient.
    Roland Berger
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  • Jean de Cuir - Abonné
    24 février 2012 14 h 01
    Revoir la justice!
    Non, pas 39% d’ appui, seulement 24 % ( 60% ont exercé leur vote, On ne sait pas si ceux-celles qui n’ ont pas voté l’appuie). Que des politiciens manipulent les électeurs, ce n’est pas nouveau et c’est malheureux. La grande question que M. H. n’ose pas se demander c’est qu’est-ce que la justice. Il n’ a pas fait sa théologie ni sa philosophie, du moins pas celle, classique. À savoir, pourquoi ne pas relire la Somme théologique de S. Thomas d’ Aquin, la 2a-2ae, questions 57-79, en particulier, 57-62. Et l’Éthique à Nicomaque d’ Aristote, il y a tant de commentaires! Plus près de nous, R. Dworkin et A. Davidson. Quant à réfléchir sur la raison, et bien, il suffit de retourner à l’école. Que penser de la mesure, et de l’accès aux faits. Et M. H. a-t-il reçu un mandat pour changer le système de justice pénal? Je ne me souviens pas!
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  • France Marcotte - Abonnée
    24 février 2012 16 h 39
    Ça se tient mais "ça craint"
    "...le gouvernement devrait baser ses politiques sur des données scientifiques plutôt que sur ses «réactions émotives»", disent ses détracteurs.

    Ses réactions émotives ou plus exactement son idéologie.

    Comme on l'a dit l'autre jour, une position idéologique forte trouve plutôt encombrantes les données scientifiques, et pas seulement en matière de la justice.

    Et cette fois, les victimes, se croyant enfin comprises, sont en plus d'être victimes utilisées à des fins idéologiques par celui qui se pose comme étant leur défenseur.
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