Le Québec et le NPD - Toujours la cote
En ces temps où la politique de masse n'a plus la cote et où l'engagement civique se délite, il faut prendre la pleine mesure des 10 500 membres que le NPD a réussi à recruter au Québec depuis le mois d'octobre. Ce n'est pas assez pour couronner le futur chef, mais cela forcera l'ensemble des membres du parti à continuer de tenir compte de l'effet Québec.
Le vote québécois, à vue de nez, ne pèsera pas bien lourd lorsque les militants du Nouveau Parti démocratique choisiront leur prochain chef en mars: que valent 10 % du membership face aux quelque 60 % que représentent, réunis, les membres issus de la Colombie-Britannique et de l'Ontario? C'est aussi bien maigre quand on sait que le NPD a été propulsé opposition officielle à Ottawa parce que le Québec a fourni 35 % du total des votes néodémocrates et 58 % de sa députation.
Mais ce n'est pas à cette aune qu'il faut évaluer le décompte des effectifs que le NPD a rendu public mardi. C'est plutôt à celle d'avoir réussi à multiplier par sept, en très peu de temps, le membership au Québec. Normal, disait hier le chef libéral fédéral, Bob Rae: les courses à la direction ont toujours cet effet de levier. Au contraire, c'est précisément en raison du contexte que ce bond est spectaculaire.
Jusque-là, le NPD au Québec était un vote: celui du 2 mai, suivi d'une domination puis d'une présence forte dans les sondages. Tout le reste passe sous l'écran radar médiatique: à peine quelques députés (Alexandre Boulerice, Françoise Boivin...) qui se démarquent; un parti sans racines, sans machine, sans aile provinciale, avec un embryon d'organisation; une campagne au leadership interminable, dont personne ne parle, où tous les candidats se ressemblent, et qui n'arrive même pas à exciter ses propres membres. Tous les critères sont réunis pour ne surtout pas s'enrôler.
Et pourtant, depuis octobre, plus de 10 500 membres québécois se sont ajoutés aux maigres 1695 que le NPD comptait ici. En comparaison, le PLC a 5000 membres au Québec. Quant au Bloc québécois, on lui prêtait 49 000 membres lors de l'élection de Daniel Paillé à sa tête, en décembre dernier. Mais 13 000 d'entre eux avaient choisi de ne même pas s'enregistrer pour choisir le nouveau chef; et des 36 000 qui l'ont fait, seulement 14 000 ont finalement participé au vote.
Au final, 13 000 membres qui ne se manifestent pas, plus 22 000 qui préfèrent rester cois, tout cela égale bel et bien une perte de vitalité. Alors que les nouveaux venus au NPD témoignent au contraire d'un élan qui récuse l'idée que l'attrait du Québec pour ce parti ne tenait qu'à un seul homme, Jack Layton.
Il est donc trop tôt pour affirmer que le vote en faveur du NPD n'est qu'un feu de paille, et le repositionnement du paysage politique au Québec reste complètement mouvant. Le NPD séduit-il pour lui-même? Ou parce que, en dépit d'un nationalisme latent au Québec, la mouvance souverainiste n'en finit plus de lasser? Ou parce que Stephen Harper irrite, scandalise, exaspère? Ou parce que, jamais au grand jamais, on ne pardonnera aux libéraux le scandale des commandites? Il n'y a toujours pas de réponse claire à ces questions. Le NPD lui-même n'a toujours pas les repères pour bien comprendre les attentes de ses nouvelles recrues.
Mais il est sûr que le choix du prochain chef néodémocrate, le 24 mars prochain, sera un important jalon pour la pérennité du NPD au Québec. Et, dans ce Canada que l'on dit vouloir sortir des batailles du passé, il est assez ironique de constater que «What does Quebec want?», là est toujours la question.
Le vote québécois, à vue de nez, ne pèsera pas bien lourd lorsque les militants du Nouveau Parti démocratique choisiront leur prochain chef en mars: que valent 10 % du membership face aux quelque 60 % que représentent, réunis, les membres issus de la Colombie-Britannique et de l'Ontario? C'est aussi bien maigre quand on sait que le NPD a été propulsé opposition officielle à Ottawa parce que le Québec a fourni 35 % du total des votes néodémocrates et 58 % de sa députation.
Mais ce n'est pas à cette aune qu'il faut évaluer le décompte des effectifs que le NPD a rendu public mardi. C'est plutôt à celle d'avoir réussi à multiplier par sept, en très peu de temps, le membership au Québec. Normal, disait hier le chef libéral fédéral, Bob Rae: les courses à la direction ont toujours cet effet de levier. Au contraire, c'est précisément en raison du contexte que ce bond est spectaculaire.
Jusque-là, le NPD au Québec était un vote: celui du 2 mai, suivi d'une domination puis d'une présence forte dans les sondages. Tout le reste passe sous l'écran radar médiatique: à peine quelques députés (Alexandre Boulerice, Françoise Boivin...) qui se démarquent; un parti sans racines, sans machine, sans aile provinciale, avec un embryon d'organisation; une campagne au leadership interminable, dont personne ne parle, où tous les candidats se ressemblent, et qui n'arrive même pas à exciter ses propres membres. Tous les critères sont réunis pour ne surtout pas s'enrôler.
Et pourtant, depuis octobre, plus de 10 500 membres québécois se sont ajoutés aux maigres 1695 que le NPD comptait ici. En comparaison, le PLC a 5000 membres au Québec. Quant au Bloc québécois, on lui prêtait 49 000 membres lors de l'élection de Daniel Paillé à sa tête, en décembre dernier. Mais 13 000 d'entre eux avaient choisi de ne même pas s'enregistrer pour choisir le nouveau chef; et des 36 000 qui l'ont fait, seulement 14 000 ont finalement participé au vote.
Au final, 13 000 membres qui ne se manifestent pas, plus 22 000 qui préfèrent rester cois, tout cela égale bel et bien une perte de vitalité. Alors que les nouveaux venus au NPD témoignent au contraire d'un élan qui récuse l'idée que l'attrait du Québec pour ce parti ne tenait qu'à un seul homme, Jack Layton.
Il est donc trop tôt pour affirmer que le vote en faveur du NPD n'est qu'un feu de paille, et le repositionnement du paysage politique au Québec reste complètement mouvant. Le NPD séduit-il pour lui-même? Ou parce que, en dépit d'un nationalisme latent au Québec, la mouvance souverainiste n'en finit plus de lasser? Ou parce que Stephen Harper irrite, scandalise, exaspère? Ou parce que, jamais au grand jamais, on ne pardonnera aux libéraux le scandale des commandites? Il n'y a toujours pas de réponse claire à ces questions. Le NPD lui-même n'a toujours pas les repères pour bien comprendre les attentes de ses nouvelles recrues.
Mais il est sûr que le choix du prochain chef néodémocrate, le 24 mars prochain, sera un important jalon pour la pérennité du NPD au Québec. Et, dans ce Canada que l'on dit vouloir sortir des batailles du passé, il est assez ironique de constater que «What does Quebec want?», là est toujours la question.
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