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Lettres - Sous-traiter la torture !

François Grenier - Le 8 février 2012  9 février 2012  Canada
Monsieur Stephen Harper,

D'un strict point de vue économique, croyez-vous souhaitable que la torture, bien sûr tolérée à des fins de sécurité nationale, soit sous-traitée dans des dictatures étrangères à la nôtre? Ce n'est pas que je remette en question le fait d'administrer des interrogatoires musclés afin de protéger nos valeurs démocratiques et humaines, ni que je doute de l'expertise de ces autres régimes délinquants; bien au contraire! Seulement, je suis persuadé que nous possédons toutes les compétences et le savoir-faire requis, en particulier parmi vos partisans, pour exécuter efficacement ces mandats délicats. Qui plus est, cela créerait des emplois bien rémunérés. On doit aussi penser à l'économie, dois-je vous le rappeler?

En outre, par égard pour les membres du SCRS, je vous en conjure, Monsieur Harper, il faut mettre un terme à cette concurrence internationale vraiment déloyale. À ce scandaleux dumping de la torture dont certains pays se sont maintenant fait une spécialité. Et surtout, veiller à éduquer nos masses dont les considérations morales l'emportent trop souvent sur le calcul des intérêts immédiats. À l'heure actuelle, notre balance commerciale, en matière de torture, est totalement déficitaire! De quoi avons-nous l'air?

Monsieur Harper, j'en appelle à votre esprit comptable. Ne laissez pas une telle injustice impunie.

***

François Grenier - Le 8 février 2012
 
 
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  • Michel Mongeau - Inscrit
    9 février 2012 08 h 56
    Une blague?
    Monsieur Grenier,
    Est-ce sérieux ce commentaire et cette réquisition au chef du gouvernement canadien? Ça pourrait se nommer: plaidoyer pour un rapatriement de la torture en sol canadien. Voilà une étrange incarnation du nationalisme économique! La torture est contraire aux intentions inhérentes à la charte des droits et libertés canadienne, un point c'est tout. Peu importe où cela puisse se faire, c'est non. Définitivement, le fossé se creuse d'une manière irréversible entre le Québec et une certaine idée du Canada qui fait présentement tache d'huile à notre grande honte, il faut le dire haut et fort. À moins que vous ne possédiez un sens de l'humour exceptionnellement retors et cynique?
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  • Franfeluche - Abonné
    9 février 2012 09 h 55
    Ironie
    Je trouve que le texte de M. Grenier témoigne d'une ironie que je partage.

    Claude Smith
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  • Nicole Moreau - Inscrite
    9 février 2012 10 h 01
    je prends cette lettre comme de la dérision
    Pour moi, le signataire de la présente lettre écrit dans la dérision tellement il trouve que la position canadienne n'a pas de bon sens et va, pour démontrer son point de vue, au bout de cette logique. En effet, si le gouvernement a décidé d'accepter de se servir de renseignements pouvant être obtenus sous la torture, pour quelle raison n'accepterait-il pas de faire lui-même le très sale boulot?
    À mon point de vue, cette lettre interpelle les politiciens pour qu'ils révisent leur position et reviennent au respect des conventions que le Canada a signé contre la torture. Des spécialistes en droit ont clairement signifié qu'il n'y avait aucune exception possible dans ces conventions. Respectons donc notre signature...
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  • François Grenier - Abonné
    9 février 2012 10 h 15
    Un raisonnement apagogique
    Soyez sans crainte monsieur Mongeau, car je partage votre opinion. Il s'agissait bien sûr d'une preuve par l'absurde, comme l'a deviné madame Moreau. Les Grecs appelaient cela un raisonnement apagogique. Une manière de démontrer qu'un raisonnement quelconque était dénué de tout fondement logique.
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  • Nelson - Inscrit
    9 février 2012 17 h 17
    Il y a des choses qu'il faut faire, sans en parler...des choses secrètes qu'il faut garder secrètes.

    Il ne faut débattre sur la place publique des choses de sécurité nationale, espionnage, opérations d'intelligence, opérations secrètes, stratégies militaires, etc.

    Il faut être idiot genre Bush ou Harper pour parler publiquement des choses secrètes.

    Ce qu'est aberrant mais nécessaire et secret, (tous les pays le font depuis toujours), nous ne devons pas parler.
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  • Mathieu Bouchard - Abonné
    9 février 2012 19 h 16
    Voir aussi
    « Une modeste proposition », par Jonathan SWIFT, en 1729, suggère que pour régler le problème de la pauvreté en Irlande, on devrait manger les bébés irlandais. Il s'étire sur de nombreux paragraphes au sujet de leur goût, leur valeur nutritive, la manière de les cuisiner, comment ça affecterait l'économie, comment le profit peut servir à payer le loyer des parents, et plein d'autres affaires dégueulasses.

    J'ai aussi lu à plusieurs endroits que Stephen Harper mange des bébés :
    http://www.ctv.ca/CTVNews/TopStories/20060502/toro

    Mais d'autres assurent que c'est faux : « tout le monde sait qu'il mange pas vraiment des bébés »
    http://www2.macleans.ca/2012/01/19/harpers-french-

    Je suis content qu'on me rassure ainsi !
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  • France Marcotte - Abonnée
    9 février 2012 20 h 03
    Sérieux, vous n'aviez pas compris que c'était drôle?
    Je trouve plutôt inquiétant que plusieurs n'aient pas compris d'emblée que monsieur Grenier faisait de l'ironie.

    Très drôle en plus.

    Comme capitale internationale de l'humour, faut croire qu'on parle chez nous d'humour au premier degré, pas plus.
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