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Lettres - La vendetta

Danny Lafrance - Montréal, le 3 février 2012  4 février 2012  Canada
En offrant la possibilité à un assassin de se suicider, il est évident qu'on l'incitera à commettre l'irréparable.

Devant ce dilemme orchestré par l'État, un criminel qui choisirait à l'inverse de rester en vie serait perçu comme un parasite, qui gaspille l'argent des contribuables en s'obstinant, envers et contre tous, à continuer d'exister. L'électeur honnête croirait alors détenir un droit de vie ou de mort sur une minorité criminelle, juste parce qu'il est aussi un «payeur de taxes».

On devine le risque de dérive. La rhétorique conservatrice s'empresserait de réduire la vie humaine à une question de coûts, et les mesures budgétaires supportées de tous encourageraient les fonctionnaires du milieu carcéral à convaincre les infâmes de faire le choix économique.

Fantasme de la droite ultrasécuritaire? Probablement pas. Le sénateur Boisvenu parle avec émotion, et l'absence de condamnation formelle du gouvernement témoigne davantage de sa sympathie pour l'homme et ses opinions que d'un véritable coup de sonde auprès de l'électorat.

Si la douleur causée par le drame explique le ressentiment de M. Boisvenu, on peut néanmoins dénoncer son manque de retenue. N'ayons pas peur des sentences et allons-y d'un aphorisme: si l'État dit qu'il est interdit de tuer, il est donc interdit pour l'État de tuer, sans quoi ce dernier se réserverait le droit de faire à un criminel exactement ce qu'il lui reproche. La justice n'est pas synonyme de vengeance et aucune loi ne peut légitimer la vendetta populaire, même si une majorité paraît l'appuyer. Nos institutions servent aussi de garde-fous, censés nous protéger de nos délires, collectifs et individuels. Et parmi ces délires se trouve celui de faciliter la mort d'autrui, par le crime, la loi ou le suicide.

***

Danny Lafrance - Montréal, le 3 février 2012
 
 
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  • Sand 700 - Inscrite
    4 février 2012 09 h 40
    CE SÉNATEUR, NON ÉLU, DOIT RÉFLÉCHIR !!
    Tout à fait exact, la loi du Talion ne fait pas partie de nos moeurs, ni de notre culture, et ce, ni au Canada, ni au Québec et ce sénateur, dont le salaire est payé à même nos impôts et taxes, devrait y réfléchir !!!

    Il a souffert, souffre sûrement encore mais beaucoup de gens, de canadiens et de québécois souffrent aussi, pour différentes raisons et différents évènements traumatisants de leur vie, est-ce que tous brandissent ce besoin de vengeance face à ces évènements traumatisants ???

    Non, le deuil, les peines, ça se guérit, ça se soigne dans une société civilisée, il y a des aides disponibles, en thérapie, en méditation, et même dans la prière et ça permet la paix et le réconfort !!

    Rien ne peut ramener les êtres aimés qui sont décédés, peu importe dans quelles circonstances. Ce n'est surtout pas en prônant la vengeance que ce sénateur peut être utile à notre société qui, heureusement, défend des valeurs de paix et de tolérance, en plus de celles du pardon.

    Non, je n'appuie pas les propos de cet homme et sur plus de 30 Millions de canadiennes et canadiens, je suis convaincue qu'une majorité est contre les propos de ce sénateur qui nous font régresser, en tant qu'humanité, à une époque de barbarie. Qu'il réfléchisse et se rétracte, sincèrement...!!! Et non du bout des lèvres, par respect pour la population qui le paie !!!
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  • Nelson - Inscrit
    4 février 2012 23 h 23
    Comment expliquer les idioties conservatrices.

    Parce qu'ils ne sont pas outillés pour composer avec la complexité de la réalité.

    Ils sont bons pour faire de l'argent, parce que centrés dans leurs intérêts.

    Le fait que se réfugient dans les explications toutes faites et rigides des religions, montre leur incapacité pour avoir des explications valables sur la réalité....et le fait qu'ils soient si loin des réalités canadiennes.
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  • Luc Normandin - Abonné
    4 février 2012 23 h 24
    Belle réflexion!
    Bravo pour ce texte sage!
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