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    Revue de presse - Débats mouvementés

    4 février 2012 | Manon Cornellier | Canada
    Le sénateur Pierre-Hughes Boisvenu disait ne pas vouloir relancer le débat sur la peine de mort en suggérant de fournir aux assassins une corde pour qu'ils puissent choisir de mettre fin à leurs jours. C'est pourtant ce qu'il a réussi à faire.

    Presque tous les chroniqueurs et éditorialistes qui se sont prononcés ont dit comprendre la réaction du sénateur dont la fille a été violée et assassinée. Plusieurs ont d'ailleurs invité ses détracteurs à faire preuve de compassion, comme le Calgary Herald qui a déploré les attaques personnelles dont il a été l'objet dans les heures qui ont suivi.

    D'autres commentateurs sont non seulement venus à sa défense, mais ont profité de l'occasion pour afficher leurs couleurs. Charles Adler, de l'agence QMI, est champion d'une justice musclée et, à son avis, quiconque a commis des crimes aussi horribles que ceux perpétrés par Clifford Olson ont «non seulement abdiqué leur droit à être dorloté en prison, mais aussi leur droit à la vie. Une exception devrait être faite pour permettre la peine de mort pour des gens ayant commis des gestes d'une brutalité exceptionnelle». S'il n'en tenait qu'à Adler, il leur donnerait une corde pour qu'ils mettent fin à leurs jours, si ça leur dit. D'autant plus que cela économiserait des millions aux contribuables, dit-il. Le chroniqueur est persuadé que le sénateur Boisvenu a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas et il ne voit pas pourquoi il devrait retirer ses paroles.

    Matt Gurney, du National Post, dit que le sénateur a involontairement soulevé «un enjeu potentiellement gagnant pour les conservateurs». Et selon lui, Boisvenu est la meilleure personne pour mener cette bataille. «Son histoire personnelle et le fait qu'il n'est pas un partisan enthousiaste de la peine de mort en toutes circonstances font de lui le candidat parfait pour promouvoir un recours limité à la peine capitale.» Gurney ne croit toutefois pas que cela se produira, le gouvernement ayant déjà indiqué qu'il ne présenterait pas un projet de loi en ce sens. «Dommage. Tant et aussi longtemps qu'aucun gouvernement ne reconnaîtra le désir des Canadiens de voir la peine de mort rétablie, notre seule autre option sera d'espérer que les pires meurtriers s'enlèvent eux-mêmes la vie», conclut-il.

    L'Ottawa Citizen est en désaccord avec cette façon de voir. Selon l'équipe éditoriale, toute position sur la peine de mort en est une de principe et ne peut souffrir d'exception. «L'État devrait-il ou non avoir le pouvoir d'enlever la vie à un citoyen? Dans un pays civilisé qui respecte les droits fondamentaux de la personne, la réponse devrait être claire. Peut-être que quelques personnes mériteraient vraiment un traitement aussi dur que celui réservé à leurs victimes, mais ce n'est pas à nous d'en décider.»

    L'autre débat

    Les propos du sénateur Boisvenu sont les seuls à avoir réussi à détourner l'attention de l'enjeu qui a dominé tous les commentaires cette semaine, soit celui des pensions de vieillesse. Voici quelques échantillons.

    Craig McInnes, du Vancouver Sun, a averti les députés qu'ils seraient mal venus de toucher aux pensions des autres sans d'abord diminuer la leur, à laquelle ils ont droit dès... 55 ans. McInnes croit toutefois que le vieillissement de la population et les pressions qu'il exerce sur les finances publiques sont des enjeux sérieux qui méritent d'être débattus.

    L'Edmonton Journal et les chroniqueurs Tasha Kheiriddin et John Ivison, du National Post, souhaitent aussi un débat sur cet enjeu. Dans le même camp, Andrew Coyne, de Postmedia News, craint toutefois le déni de certains devant les impacts du vieillissement de la population. Pour sa part, le Globe and Mail félicite le premier ministre d'oser soulever dès maintenant un enjeu à long terme aussi difficile. Selon le Globe, les changements démographiques exigent qu'on examine de près les programmes de soutien au revenu et les moyens de les financer.

    Même s'il pense que le gouvernement exagère l'importance du problème, Dan Gardner, de l'Ottawa Citizen, croit que l'équité entre générations exige d'apporter des changements et que le premier ministre fait preuve d'«un courage admirable» en osant soulever cette question. Gardner estime que l'augmentation constante de l'espérance de vie et les conditions de travail d'aujourd'hui ne justifient plus de fixer l'âge de la retraite à 65 ans. Un chiffre arbitraire, dit-il.

    De leur côté, Murray Mandryk, du Regina Leader-Post, et l'équipe éditoriale de l'Halifax Chronicle-Herald notent que bien des experts mettent en doute l'imminence d'une crise des pensions. Le Herald cite chiffres et études pour finalement se demander pourquoi le gouvernement jongle avec l'idée de modifier la Sécurité de la vieillesse. Il pense que la facilité plutôt que la viabilité future du programme motive les conservateurs. «C'est un programme qu'Ottawa peut modifier sans avoir à négocier avec les syndicats et les provinces. Et qui peut lui faire réaliser des économies importantes pour autant qu'il s'assure qu'aucun Canadien de plus de 50 ans ne soit touché et que les Canadiens de moins de 50 ans ne s'en soucient pas.» Mandryk se demande pour sa part si tout ce bruit n'est pas simplement destiné à détourner l'attention des véritables cibles du prochain budget.
     
     
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