Réforme de la Sécurité de vieillesse - Charest somme Harper de le consulter
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Interrogée à plusieurs reprises par les néodémocrates sur les rumeurs affirmant que son gouvernement entendait hausser l’âge d’admissibilité du programme de la Sécurité de vieillesse de 65 à 67 ans, la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a refusé de commenter.
Ottawa — S'il s'est vu imposer une réforme du financement de la santé, Jean Charest n'a pas l'intention de répéter le scénario quant au sort des prestations de retraite. Car il estime que le fédéral se doit de consulter tant les provinces que les citoyens, qui seront touchés par d'éventuels changements au programme de la Sécurité de vieillesse.
Depuis que Stephen Harper a annoncé à Davos la semaine dernière que son gouvernement apporterait des changements au régime de retraite du pays, ses troupes se sont montrées inébranlables, refusant obstinément de détailler ce qu'elles ont en tête pour ce programme social.
«Dans une démocratie, ce n'est pas de dire: "j'ai gagné, tu as perdu, je fais ce que je veux", a déploré le premier ministre québécois, de passage à Ottawa pour parler de son Plan Nord hier. Ce n'est pas ça. Surtout quand ça touche notre vie de tous les jours et ça touche les budgets des provinces.»
Refusant de tirer la sonnette d'alarme trop fort pour l'instant, Jean Charest a néanmoins souligné qu'il s'attendait à avoir un dialogue avec le fédéral, notant que son gouvernement n'avait pas été avisé par les conservateurs qu'ils prévoyaient étudier l'avenir du programme de la Sécurité de vieillesse. «C'est difficile pour nous de comprendre pourquoi il n'y aurait pas un dialogue là-dessus. Depuis quand, au Canada, on n'a plus de dialogue, on n'a plus de débat, on n'a plus d'échange d'information?»
À quelques kilomètres de là, au parlement, les conservateurs n'ont cependant pas tenu à rassurer le premier ministre provincial. «Je ne sais pas c'est quoi le "rush" d'arriver et de dire qu'il n'y a pas de consultations, alors même qu'on garantit qu'il n'y aura rien de touché dans l'immédiat», a déploré le lieutenant québécois de M. Harper, Christian Paradis. Le bureau de la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a quant à lui refusé, pour la deuxième journée consécutive, «d'avancer des hypothèses» et de préciser si le gouvernement consulterait les provinces.
Néodémocrates et libéraux ont accusé le gouvernement d'adopter une façon de faire généralisée en ne consultant personne dans leur prise de décision, rappelant les changements au financement de la santé annoncés sans préavis par M. Flaherty en décembre — une sortie qu'avaient vivement dénoncée les provinces.
Pas de précision
Le ministre des Finances a par ailleurs confirmé, sur les ondes du réseau anglais de CBC mercredi soir, que les premiers indices quant à la teneur de la réforme envisagée par Ottawa seraient présentés dans le prochain budget fédéral, attendu dans quelques semaines. De passage en Israël, Jim Flaherty a refusé de dévoiler les scénarios à l'étude. Il a simplement martelé que les aînés prestataires de la Sécurité de vieillesse et ceux qui s'apprêtent à y avoir droit ne verront pas de changements. «Je ne détaillerai pas les options, mais il y en a tout un nombre quant aux enjeux de revenus de retraite qui doivent être étudiées pour assurer la viabilité à long terme», s'est-il contenté d'affirmer en conférence téléphonique hier.
Aux Communes, ses collègues ne se sont pas montrés plus loquaces. Les néodémocrates ont demandé à cinq reprises au premier ministre et à sa ministre des Ressources humaines si leur gouvernement entendait bel et bien hausser l'âge d'admissibilité du programme de la sécurité de vieillesse de 65 à 67 ans, comme le veulent les rumeurs. Tous deux ont de nouveau évité de commenter, préférant répéter ad nauseam, comme M. Flaherty, qu'il fallait assurer la «viabilité à long terme» du programme social.
Les conservateurs plaident qu'avec le vieillissement de la population et l'arrivée des baby-boomers à la retraite, le programme de la Sécurité de vieillesse coûtera trois fois plus cher à l'État dans 20 ans. Des études ont toutefois contredit la gravité du problème économique.
L'an dernier, les conservateurs n'avaient finalement pas retenu le scénario prévoyant la bonification du Régime de pensions du Canada, au motif que certaines provinces s'y opposaient. Le Québec faisait partie du lot. Selon le réseau CTV, certains conservateurs se seraient plaints, derrière les portes closes de la réunion du caucus cette semaine, de voir l'électorat leur tenir rigueur d'une réforme des prestations de retraite. Les députés de l'opposition affirment que plusieurs électeurs ont appelé leurs bureaux, se disant inquiets du sort de leur retraite.
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Avec La Presse canadienne
Depuis que Stephen Harper a annoncé à Davos la semaine dernière que son gouvernement apporterait des changements au régime de retraite du pays, ses troupes se sont montrées inébranlables, refusant obstinément de détailler ce qu'elles ont en tête pour ce programme social.
«Dans une démocratie, ce n'est pas de dire: "j'ai gagné, tu as perdu, je fais ce que je veux", a déploré le premier ministre québécois, de passage à Ottawa pour parler de son Plan Nord hier. Ce n'est pas ça. Surtout quand ça touche notre vie de tous les jours et ça touche les budgets des provinces.»
Refusant de tirer la sonnette d'alarme trop fort pour l'instant, Jean Charest a néanmoins souligné qu'il s'attendait à avoir un dialogue avec le fédéral, notant que son gouvernement n'avait pas été avisé par les conservateurs qu'ils prévoyaient étudier l'avenir du programme de la Sécurité de vieillesse. «C'est difficile pour nous de comprendre pourquoi il n'y aurait pas un dialogue là-dessus. Depuis quand, au Canada, on n'a plus de dialogue, on n'a plus de débat, on n'a plus d'échange d'information?»
À quelques kilomètres de là, au parlement, les conservateurs n'ont cependant pas tenu à rassurer le premier ministre provincial. «Je ne sais pas c'est quoi le "rush" d'arriver et de dire qu'il n'y a pas de consultations, alors même qu'on garantit qu'il n'y aura rien de touché dans l'immédiat», a déploré le lieutenant québécois de M. Harper, Christian Paradis. Le bureau de la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a quant à lui refusé, pour la deuxième journée consécutive, «d'avancer des hypothèses» et de préciser si le gouvernement consulterait les provinces.
Néodémocrates et libéraux ont accusé le gouvernement d'adopter une façon de faire généralisée en ne consultant personne dans leur prise de décision, rappelant les changements au financement de la santé annoncés sans préavis par M. Flaherty en décembre — une sortie qu'avaient vivement dénoncée les provinces.
Pas de précision
Le ministre des Finances a par ailleurs confirmé, sur les ondes du réseau anglais de CBC mercredi soir, que les premiers indices quant à la teneur de la réforme envisagée par Ottawa seraient présentés dans le prochain budget fédéral, attendu dans quelques semaines. De passage en Israël, Jim Flaherty a refusé de dévoiler les scénarios à l'étude. Il a simplement martelé que les aînés prestataires de la Sécurité de vieillesse et ceux qui s'apprêtent à y avoir droit ne verront pas de changements. «Je ne détaillerai pas les options, mais il y en a tout un nombre quant aux enjeux de revenus de retraite qui doivent être étudiées pour assurer la viabilité à long terme», s'est-il contenté d'affirmer en conférence téléphonique hier.
Aux Communes, ses collègues ne se sont pas montrés plus loquaces. Les néodémocrates ont demandé à cinq reprises au premier ministre et à sa ministre des Ressources humaines si leur gouvernement entendait bel et bien hausser l'âge d'admissibilité du programme de la sécurité de vieillesse de 65 à 67 ans, comme le veulent les rumeurs. Tous deux ont de nouveau évité de commenter, préférant répéter ad nauseam, comme M. Flaherty, qu'il fallait assurer la «viabilité à long terme» du programme social.
Les conservateurs plaident qu'avec le vieillissement de la population et l'arrivée des baby-boomers à la retraite, le programme de la Sécurité de vieillesse coûtera trois fois plus cher à l'État dans 20 ans. Des études ont toutefois contredit la gravité du problème économique.
L'an dernier, les conservateurs n'avaient finalement pas retenu le scénario prévoyant la bonification du Régime de pensions du Canada, au motif que certaines provinces s'y opposaient. Le Québec faisait partie du lot. Selon le réseau CTV, certains conservateurs se seraient plaints, derrière les portes closes de la réunion du caucus cette semaine, de voir l'électorat leur tenir rigueur d'une réforme des prestations de retraite. Les députés de l'opposition affirment que plusieurs électeurs ont appelé leurs bureaux, se disant inquiets du sort de leur retraite.
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Avec La Presse canadienne
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