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Réforme de la Sécurité de vieillesse - Charest somme Harper de le consulter

Marie Vastel   3 février 2012  Canada
Interrogée à plusieurs reprises par les néodémocrates sur les rumeurs affirmant que son gouvernement entendait hausser l’âge d’admissibilité du programme de la Sécurité de vieillesse de 65 à 67 ans, la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a refusé de commenter.<br />
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Interrogée à plusieurs reprises par les néodémocrates sur les rumeurs affirmant que son gouvernement entendait hausser l’âge d’admissibilité du programme de la Sécurité de vieillesse de 65 à 67 ans, la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a refusé de commenter.
Ottawa — S'il s'est vu imposer une réforme du financement de la santé, Jean Charest n'a pas l'intention de répéter le scénario quant au sort des prestations de retraite. Car il estime que le fédéral se doit de consulter tant les provinces que les citoyens, qui seront touchés par d'éventuels changements au programme de la Sécurité de vieillesse.

Depuis que Stephen Harper a annoncé à Davos la semaine dernière que son gouvernement apporterait des changements au régime de retraite du pays, ses troupes se sont montrées inébranlables, refusant obstinément de détailler ce qu'elles ont en tête pour ce programme social.

«Dans une démocratie, ce n'est pas de dire: "j'ai gagné, tu as perdu, je fais ce que je veux", a déploré le premier ministre québécois, de passage à Ottawa pour parler de son Plan Nord hier. Ce n'est pas ça. Surtout quand ça touche notre vie de tous les jours et ça touche les budgets des provinces.»

Refusant de tirer la sonnette d'alarme trop fort pour l'instant, Jean Charest a néanmoins souligné qu'il s'attendait à avoir un dialogue avec le fédéral, notant que son gouvernement n'avait pas été avisé par les conservateurs qu'ils prévoyaient étudier l'avenir du programme de la Sécurité de vieillesse. «C'est difficile pour nous de comprendre pourquoi il n'y aurait pas un dialogue là-dessus. Depuis quand, au Canada, on n'a plus de dialogue, on n'a plus de débat, on n'a plus d'échange d'information?»

À quelques kilomètres de là, au parlement, les conservateurs n'ont cependant pas tenu à rassurer le premier ministre provincial. «Je ne sais pas c'est quoi le "rush" d'arriver et de dire qu'il n'y a pas de consultations, alors même qu'on garantit qu'il n'y aura rien de touché dans l'immédiat», a déploré le lieutenant québécois de M. Harper, Christian Paradis. Le bureau de la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a quant à lui refusé, pour la deuxième journée consécutive, «d'avancer des hypothèses» et de préciser si le gouvernement consulterait les provinces.

Néodémocrates et libéraux ont accusé le gouvernement d'adopter une façon de faire généralisée en ne consultant personne dans leur prise de décision, rappelant les changements au financement de la santé annoncés sans préavis par M. Flaherty en décembre — une sortie qu'avaient vivement dénoncée les provinces.

Pas de précision

Le ministre des Finances a par ailleurs confirmé, sur les ondes du réseau anglais de CBC mercredi soir, que les premiers indices quant à la teneur de la réforme envisagée par Ottawa seraient présentés dans le prochain budget fédéral, attendu dans quelques semaines. De passage en Israël, Jim Flaherty a refusé de dévoiler les scénarios à l'étude. Il a simplement martelé que les aînés prestataires de la Sécurité de vieillesse et ceux qui s'apprêtent à y avoir droit ne verront pas de changements. «Je ne détaillerai pas les options, mais il y en a tout un nombre quant aux enjeux de revenus de retraite qui doivent être étudiées pour assurer la viabilité à long terme», s'est-il contenté d'affirmer en conférence téléphonique hier.

Aux Communes, ses collègues ne se sont pas montrés plus loquaces. Les néodémocrates ont demandé à cinq reprises au premier ministre et à sa ministre des Ressources humaines si leur gouvernement entendait bel et bien hausser l'âge d'admissibilité du programme de la sécurité de vieillesse de 65 à 67 ans, comme le veulent les rumeurs. Tous deux ont de nouveau évité de commenter, préférant répéter ad nauseam, comme M. Flaherty, qu'il fallait assurer la «viabilité à long terme» du programme social.

Les conservateurs plaident qu'avec le vieillissement de la population et l'arrivée des baby-boomers à la retraite, le programme de la Sécurité de vieillesse coûtera trois fois plus cher à l'État dans 20 ans. Des études ont toutefois contredit la gravité du problème économique.

L'an dernier, les conservateurs n'avaient finalement pas retenu le scénario prévoyant la bonification du Régime de pensions du Canada, au motif que certaines provinces s'y opposaient. Le Québec faisait partie du lot. Selon le réseau CTV, certains conservateurs se seraient plaints, derrière les portes closes de la réunion du caucus cette semaine, de voir l'électorat leur tenir rigueur d'une réforme des prestations de retraite. Les députés de l'opposition affirment que plusieurs électeurs ont appelé leurs bureaux, se disant inquiets du sort de leur retraite.

***

Avec La Presse canadienne
 
 
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  • a rappola - Inscrite
    3 février 2012 02 h 59
    Citations intéressantes de Jean Charest
    Je n'aurais jamais cru faire cela, mais je ne peux m'empêcher de citer Jean Charest, par ailleurs lui-même un ancien Tory :

    «Dans une démocratie, ce n'est pas de dire: "j'ai gagné, tu as perdu, je fais ce que je veux", a déploré le premier ministre québécois.

    «Depuis quand, au Canada, on n'a plus de dialogue, on n'a plus de débat, on n'a plus d'échange d'information?»

    La réponse: depuis que Harper est au pouvoir. Il est parvenu à un contrôle quasi absolu de l'information avec ses gouvernements minoritaires (en se faisant élire comme défendeur de la transparence, merci pour l'ironie!). N'osons imaginer tout ce qui se passera les 3(1/2) prochaine années.

    Vivement une révolution (tranquille, bien sûr) contre cette fausse démocratie qui ne représente pas grand monde.
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  •  
  • Marc-Antoine Daneau - Abonné
    3 février 2012 08 h 02
    Dépendance ou indépendance
    « Il faut choisir, se reposer ou être libre. » -Thucydide
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  • Paul Rodgers - Inscrit
    3 février 2012 08 h 03
    Semblables
    Premièrement, John James Charest est toujours un conservateur pur et dur. Deuxièmement, Harper pourrait répondre au larbin du Parti des Anglais qu'il reprend à son compte les pratiques autoritaires et unilatérales qui entachent l'administration Charest depuis 2003.
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    3 février 2012 08 h 42
    Démocratie représentative
    Nous élisons des représentants pour nous représenter.

    Le seul pouvoir qu'ils détiennent, c'est le pouvoir que nous leur accordons. Pas une fois à tous les 4 ans, à chaque jour, à chaque heure de la journée.

    À la minute où nous déciderons collectivement qu'ils n'ont plus aucun pouvoir, hé bien, ils n'en auront plus aucun pouvoir. C'est comme ça.

    Nous avons maintenant des outils de communication qui n'ont aucune commune mesure avec ceux qui existaient auparavant, mais nous continuons de vivre dans des institutions inventées au temps où le courrier était livré à cheval.

    C'est à nous d'exercer notre souveraineté, de décider ce qu'on veut, et les politiciens, faut qu'ils suivent, un point c'est tout. Les fonctionnaires sont payés pour nous servir nous, pas eux. La police et l'armée sont là pour nous défendre nous, pas eux.

    Serge Grenier
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  • Jacques Anar - Inscrit
    3 février 2012 09 h 38
    Question intéressante...
    Suis-je le seul à ne plus pouvoir encaisser ces façons de faire de ce gouvernement? Suis-je le seul à ne plus pouvoir regarder les faces de Paradis, Lebel, Blainey et autres valets de ce dictateur?
    Les westerners en majorité à la botte de Harper, encore, je puis les comprendre. Le Québec ne fait pas partie de leurs priorités ni de leurs intérêts. Mais les valets du Québec, tout juste bons à porter le message du Duce, sont tellement serviles et sans envergure que c'est pitié.
    À chaque fois que j'ai le déplaisir de les voir et entendre, je pense invariablement à ces KAPO des camps de concentration nazis, où contre un bout de pain et un rien de pouvoir, certains prisonniers se transformaient en gardiens...
    Suis-je donc le seul à ne plus pouvoir les encaisser? Et il reste encore long avant un choix...
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  • André Michaud - Inscrit
    3 février 2012 10 h 05
    pas de panique
    Rien est décidé. Cependant TOUS les fonds de pension au monde doivent
    s'ajuster à la situation économique pour ne pas surendetter la prochaine génération. C,est une question d'équité. M.harper ne fait qu'énoncer une réalité, mais il n'a pas encore fait de choix..

    On pourrait commencer par ne plus rendre accessible à la Pension de Vieillisse ceux gagnant plus de 40,000$ en pensions autres. On peut très bien vivre avec autant de fric, et ainsi en laisser pour les moins riches.
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  •  
  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    3 février 2012 10 h 49
    @Sanzalure : Vive La Boétie
    «Le seul pouvoir qu'ils détiennent, c'est le pouvoir que nous leur accordons». On jurerait entendre La Boétie : «De la servitude volontaire». Pourquoi sont-ils au pouvoir ? parce que nous le voulons. S on le voulait aussi, on pourrait les déloger. Nous sommes la majorité, nous sommes les 99% Mais voulons être libre ou continuer d'être des esclaves volontaires, satisfaits des miettes qui tombent autour de la table du banquet des 1% ?
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  • Roland Berger - Abonné
    3 février 2012 11 h 51
    À conservateur conservateur et demi
    Jean Charest, le conservateur à la tête du PLQ, trouve Stephen Harper trop conservateur. Il le somme de jouer à la démocratie avec lui.
    Roland Berger
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  •  
  • dancause - Abonné
    3 février 2012 12 h 42
    Conservateurs et conservateurs
    Je ne suis pas d'allégeance conservatrice mais je me sens obligé de nous rappeler à tous ceci:
    - les conservateurs de Harper n'ont absolument rien à voir avec les progressistes conservateurs de Mulroney et Charest!
    - les conservateurs d'aujourd'hui sont dans les faits une évolution du "reform party" de l'ouest. Là, on parle d'une tout autre idéologie et d'intérêts différents!
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  •  
  • Malartic - Inscrit
    3 février 2012 21 h 45
    Le gouvernement de Qiébec a-t'il consulté les municipalités?
    Quand l'idée des fusions municipales a germé dans les têtes du gouvernement du Québec, ont-ils consultés les administrations municipales visées? Qu'a fait M. Charest des résultats des référendums pour les défusions? Il a agit en gouvernement
    "supérieur" et maintenue les fusions forcés en le renommant "agglomérations". M. Charest avait gagné la dernière élection et il a fait comme il voulait..
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  •  
  • Louka Paradis - Inscrit
    5 février 2012 15 h 23
    Belle démonstration !
    Voilà une claire démonstration de l'utilité des référendums d'initiative populaire. Si cette possibilité existait au niveau fédéral, Harper 1er serait moins arrogant et moins dictatorial, et son sinistre des finances aussi...
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  •  
  • Ginette Pilon - Abonnée
    5 février 2012 22 h 37
    Régime de pension...
    Il va falloir couper les régimes et les pensions des employés fédéraux, ministres, députés, etc... Après tout, c'est avec nos impôts qu'ils ont ces beaux régimes! S'il n'y a pas d'argent pour financer NOS régimes, il n'y a certainement pas d'argent pour financer LEURS régimes!

    Ginette Pilon
    Toronto
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