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Océans: le Canada a failli à ses obligations, dit un groupe d'experts

La Presse canadienne   2 février 2012 13h18  Canada
Le groupe indépendant, formé de dix experts dans les domaines de l’océanographie, de la biologie marine et du droit maritime notamment, identifie trois facteurs de stress sur les écosystèmes marin canadiens, soit les changements climatiques, la surpêche et l’aquaculture.
Photo : Agence Reuters Andy Clark
Le groupe indépendant, formé de dix experts dans les domaines de l’océanographie, de la biologie marine et du droit maritime notamment, identifie trois facteurs de stress sur les écosystèmes marin canadiens, soit les changements climatiques, la surpêche et l’aquaculture.
Ottawa — La santé et l’équilibre écologique des océans qui entourent le pays sont menacés parce que le Canada a failli à ses obligations et n’a pas pris ses responsabilités pour en prendre soin.

C’est là le constat sévère présenté aujourd'hui par un groupe d’experts indépendants mandatés par la Société royale du Canada pour se pencher sur ces questions.

Leur rapport souligne que le Canada possède le plus long littoral océanique au monde et, à ce titre, s’est engagé à le protéger tant face à la communauté internationale que devant sa population, mais n’a pas rempli la plupart de ses obligations à ce chapitre.

«Nous avons fait plusieurs promesses, soit par le biais de politiques nationales, de statuts ou de conventions internationales, mais nous n’avons pas rempli ou respecté ces promesses», a déclaré Jeffrey A. Hutchings, président du groupe d’experts et détenteur de la Chaire de recherche du Canada en conservation marine et biodiversité à l’université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse.

«En fait, on pourrait dire que nous n’avons pas de plan en telle matière. Pourtant, d’autres pays, comme l’Australie, la Norvège, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et plusieurs pays de l’Union européenne agissent différemment.»

Changements climatiques, surpêche et aquaculture

Le groupe, formé de dix experts dans les domaines de l’océanographie, de la biologie marine et du droit maritime notamment, identifie trois facteurs de stress sur les écosystèmes marin, soit les changements climatiques, la surpêche et l’aquaculture.

Lers changements climatiques ont un impact majeur, a souligné le professeur Hutchings. «Les océans deviennent de plus en plus acides, les eaux profondes perdent leur oxygène au point de devenir impropres à la vie marine dans certains secteurs des eaux canadiennes. La glace de mer disparaît peu à peu de l’Arctique et le long des côtes du Labrador, de Terre-Neuve et du Golfe du Saint-Laurent. Tous ces changements affecteront profondément la vie aquatique et les écosystèmes qui l’abritent.»

La surpêche, pour sa part, a décimé les populations de plusieurs espèces et réduit leur diversité et perturbé la chaîne alimentaire, alors que l’aquaculture génère d’importantes quantités de déchets organiques. Cette pratique encourage également l’échange de pathogènes entre espèces et les croisements entre les espèces sauvages et celles qui proviennent d’élevages.

Les experts estiment que le rôle contradictoire de Pêches et Océans Canada (POC) n’aide pas du tout la situation, bien au contraire.

«POC a la responsabilité, d’une part, de promouvoir l’industrie de la pêche et l’aquaculture, mais, d’autre part, est aussi là pour préserver et protéger l’environnement marin, a fait valoir le professeur Hutchings. Cette dualité conflictuelle est perçue par le groupe d’experts comme une entrave à la capacité du Canada de remplir ses obligations.»

Le rapport recommande d’ailleurs de séparer ces deux responsabilités et de les confier à des entités différentes.

Le ministre sur la sellette

Une autre part du blâme est placée carrément dans la cour du ministre des Pêches et Océans. «Une deuxième entrave se situe du côté des pouvoirs discrétionnaires extraordinaires conférés au ministre des Pêches et Océans. Il en est ainsi tant dans la Loi sur les pêches, que dans la Loi sur les Océans et dans la Loi sur les espèces en péril. Il n’y a aucun règlement au Canada qui dicte ce que doit faire le ministre des Pêches et Océans lorsque certaines circonstances surviennent. Ce niveau de discrétion a miné notre progrès», a affirmé le chercheur.

Le rapport note à cet effet que les pouvoirs discrétionnaires du ministre des Pêches lui permettent notamment d’émettre des permis et des quotas de pêche sans qu’il n’ait à se soumettre à des objectifs légalement contraignants, des pouvoirs qui devraient être réduits, selon les experts, afin que ces décisions répondent à des objectifs clairs et définis.

Pas de plan

Bien que le Canada se soit engagé auprès des Nations unies à utiliser une approche préventive dans la récolte de la ressource halieutique, il ne se conforme pas aux critères requis par une telle approche. Ainsi, il n’a pas de cible de récolte pour chaque espèce récoltée, n’a pas établi quelle est la récolte renouvelable maximale et n’a pas de plan pour ramener la récolte au seuil renouvelable en cas de surpêche.

Les experts notent, à titre d’exemple, que la réduction des stocks de morue équivaut, en biomasse, à la population entière du Canada. Or, la récolte annuelle de morue pourrait être 20 fois plus élevée (500 000 tonnes plutôt que les 25 000 tonnes enregistrées en 2008), si sa gestion était planifiée pour permettre de ramener les stocks à leur seuil maximal de récolte renouvelable.
 
 
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  • Jerome S - Inscrit
    2 février 2012 14 h 15
    Une piste de solution négligée
    Alors que l'efficacité d'un réseau d'aires marines protégées à contribuer à la santé des écosystèmes marins est largement reconnue, le rapport souligne que le Canada est, dans ce domaine aussi, à la traîne.
    Les experts rapportent que selon l'indice de performance environnementale développé par l'Université de Yale, le Canada se classe 70ème sur 228. Actuellement moins de 1 % de son territoire est protégé. Cette statistique est aussi malheureusement valable pour le Québec.
    Pour en savoir plus sur les aires marines protégées vous pouvez visiter le site de la SNAP Québec http://snapqc.org/campaigns/marins
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  •  
  • Delphine Noreau - Inscrit
    2 février 2012 14 h 42
    Le Canada à failli
    J'adore ce titre,il nous montre où nous en sommes après six ans de ce régime
    conservateur.Regressif et avec lequel nous devons transiger.
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  • Notsag - Abonné
    2 février 2012 15 h 41
    Bonne occasion pour réduire le déficit...
    J'ai l'impression que le financement de la Chaire de recherche du Canada en conservation marine et biodiversité à l’université Dalhousie va bientôt s'assécher.
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  • SylvainArchambault - Inscrit
    2 février 2012 15 h 56
    Et pendant ce temps là...
    Pendant que nos océans se dégradent...

    Pendant que le ministère des Pêches et des Océans manque à son devoir de protection et de bon gestionnaire...

    Pendant que les stress subis par nos milieux marins s'intensifient...

    On se prépare allègrement à ouvrir le golfe du Saint-Laurent à une industrie lourde, l'industrie pétrolière. Un stress supplémentaire pour des milieux marins en mauvaise santé.

    Elle est où la logique?!?!?

    Sylvain Archambault
    Coalition Saint-Laurent
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  • France Marcotte - Abonnée
    2 février 2012 16 h 05
    Rage et pleurs
    Il était une fois un pays riche possédant le plus long littoral océanique au monde.
    La santé et l’équilibre écologique des océans qui entouraient ce pays étaient menacés parce qu'il avait failli à ses obligations et n’avait pas pris ses responsabilités pour en prendre soin.

    Si ce pays avait considéré ces océans comme les trésors sans prix qu'ils sont, n'en aurait-il pas pris soin?
    Depuis quand malmène-t-on des joyaux (de la couronne)?
    Même les bandits ont la notion de ce qui est précieux, pourquoi pas les représentants de sa majesté?
    La Société royale du Canada a mandaté des experts indépendants?
    Y'a au moins ça qui brille.
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  • MJ - Inscrite
    2 février 2012 21 h 37
    Un plan de préservation des diverses espèces marines n’existe pas au Canada? Incompréhensible!
    Il est urgent de développer un plan de protection et de préservation de la biodiversité marine avant que la surpêche ne vide complètement nos océans et que nous ne nous retrouvions qu’avec des méduses dans les océans.

    Pourquoi ne pas s’inspirer des normes et actions existantes dans d’autres pays qui ont ce souci de protection de la biodiversité et qui ont déjà prévu un tel plan pour préserver leurs richesses marines. D’abord, faire le bilan de la situation selon les espèces marines menacées d’extinction, vérifier les normes existantes, les réviser en fonction des actions à entreprendre, interdire la pêche de certaines espèces en voie d’extinction, imposer des quotas de pêches pour des espèces menacées, faire de la surveillance dans les zones côtières et pour la pêche en haute mer, planifier des stratégies et des moyens efficaces pour lutter contre la pollution des océans, etc.
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  • Louise Lefebvre - Inscrite
    13 février 2012 11 h 19
    Inacceptable!
    Les impôts que l'on paie doivent, entre autre, servir à protéger notre environnement et nos richesses naturelles...
    Le gouvernement actuel fait tout le contraire, notre pays se dégrade sous nos yeux...
    Parcontre il investit dans notre protection contre un terrorisme sorti tout droit de leur monde imaginaire ...alors que son rôle devrait être de protéger nos océans contre le vandalisme et le pillage.
    Cette ''négligence criminelle'' est d'une grande tristesse...
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