Revue de presse - D'une surprise à l'autre
«Aliénation de l'Est.» Vous avez bien lu et l'expression a été lâchée cette semaine par nul autre que l'ex-champion de la lutte contre l'aliénation de l'Ouest, Preston Manning.
Lors d'une entrevue avec le Globe and Mail, il a dit que l'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire en mai dernier lui fait craindre l'émergence d'un sentiment d'aliénation dans l'est du pays. «Avec cette élection, le centre de gravité politique du pays s'est déplacé. On voit un alignement entre l'Ontario et l'Ouest plutôt qu'entre l'Ontario et le Québec. Cela a des implications positives, mais c'est aussi une source d'inquiétude», dit-il.
Il croit possible de contrer l'émergence d'un sentiment d'aliénation dans l'est du pays, mais la solution, selon lui, passe par de solides accords et liens interprovinciaux ainsi que par des initiatives du secteur privé pour bâtir des ponts entre différents secteurs industriels, comme entre les diverses filières énergétiques. Il ne croit pas que «le gouvernement fédéral soit nécessairement le meilleur instrument pour garder le Québec dans le giron canadien et pour répondre à ses besoins». Il invite au passage les gens de l'Ouest à ne pas prendre avec légèreté ce possible sentiment d'aliénation de l'Est. Il leur demande de se rappeler comment ils se sentaient quand ils s'estimaient ignorés. «Personne dans ce pays ne devrait à nouveau se sentir exclu», répète-t-il à ses auditoires qui, dit-il, applaudissent.
Baird aux barricades
Voici un autre événement à souligner et qui a fait peu de bruit au Québec. Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a profité de son passage devant la Royal Commonwealth Society, à Londres, pour se porter à la défense des droits des homosexuels. Il a même pris directement à partie certains pays africains et des Caraïbes où l'homosexualité est toujours considérée comme un crime. Il s'est engagé à maintenir la pression, en plus de soulever le cas de l'activiste ougandais David Kato, tué à coups de marteau l'an dernier au moment d'une vague d'agressions homophobes survenue après qu'un quotidien eut publié la photo de plusieurs gais sous le titre «Pendez-les».
Cette sortie lui a valu les félicitations de l'Edmonton Journal et de l'Ottawa Citizen. Le Journal note que Baird n'en est pas à ses premières déclarations sur le sujet, tant au Canada qu'à l'étranger, ce qui est tout à son honneur. Les gouvernements de pays progressistes comme le Canada devront toutefois faire davantage, dit le quotidien, s'ils veulent amener d'autres pays à changer, et le gouvernement canadien doit s'assurer de prêcher par l'exemple en matière de droits de la personne.
Droits autochtones
Parlant de droits, ceux des autochtones ont occupé l'avant-scène cette semaine avec la rencontre entre le gouvernement Harper et les chefs de l'Assemblée des Premières Nations (APN), la première en six ans. Le bilan de la rencontre est partagé. Le Globe and Mail juge prometteuse l'approche pragmatique et étapiste favorisée par Stephen Harper et le grand chef Shawn Atleo. Il y voit les bases d'un nouveau partenariat, le gouvernement et l'APN s'étant engagés à travailler ensemble pour éliminer les obstacles à la bonne gouvernance et au développement économique des réserves, revoir le mode de financement des programmes et mettre en oeuvre des recommandations à venir sur l'éducation. «Si, une fois le sommet terminé, les leaders autochtones et gouvernementaux travaillent ensemble pour identifier et prévenir un autre Attawapiskat, on aura fait bon usage du symbolisme», conclut le Globe.
Tim Harper, du Toronto Star, souligne que cette rencontre, menée par deux hommes pragmatiques, avait d'abord pour but de rétablir la confiance entre les autochtones et le gouvernement fédéral. Harper et Atleo partagent la même préoccupation pour le développement économique des réserves et la formation de la main-d'oeuvre abondante qui y vit. Mais pour bien des chefs, il y a plus urgent, comme le manque d'eau potable, de logements chauds, d'écoles salubres. La confiance a peut-être été renouvelée, «mais les chefs aux prises avec des besoins plus immédiats peuvent-ils faire accepter cette confiance une fois à la maison?» demande le chroniqueur avec une pointe de doute.
David Akin, de l'agence QMI, note que Harper et Atleo ont besoin l'un de l'autre. Les deux hommes sont sur la même longueur d'onde lorsqu'il est question de donner la priorité à l'éducation et à la formation professionnelle pour améliorer le sort des jeunes autochtones. Mais il faudra du temps pour voir l'effet de ces efforts sur la qualité de vie et le développement économique des réserves.
Or Atleo n'a pas des années devant lui pour faire ses preuves. Son mandat se termine cet été et, pour le voir renouvelé, il doit obtenir l'appui de 60 % des chefs, qui, dans bien des cas, sont animés d'un sentiment d'urgence. Harper peut l'aider, dit Akin, et il a intérêt à le faire, car il garderait ainsi un «partenaire pragmatique et modéré». «Le plus important peut-être, écrit Akin, est que les deux hommes pourraient ainsi travailler de façon productive pendant quelques années à améliorer de façon tangible la vie de dizaines de milliers d'autochtones.» Suffisant? On le saura lors de l'élection de l'été prochain, conclut le chroniqueur.
Lors d'une entrevue avec le Globe and Mail, il a dit que l'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire en mai dernier lui fait craindre l'émergence d'un sentiment d'aliénation dans l'est du pays. «Avec cette élection, le centre de gravité politique du pays s'est déplacé. On voit un alignement entre l'Ontario et l'Ouest plutôt qu'entre l'Ontario et le Québec. Cela a des implications positives, mais c'est aussi une source d'inquiétude», dit-il.
Il croit possible de contrer l'émergence d'un sentiment d'aliénation dans l'est du pays, mais la solution, selon lui, passe par de solides accords et liens interprovinciaux ainsi que par des initiatives du secteur privé pour bâtir des ponts entre différents secteurs industriels, comme entre les diverses filières énergétiques. Il ne croit pas que «le gouvernement fédéral soit nécessairement le meilleur instrument pour garder le Québec dans le giron canadien et pour répondre à ses besoins». Il invite au passage les gens de l'Ouest à ne pas prendre avec légèreté ce possible sentiment d'aliénation de l'Est. Il leur demande de se rappeler comment ils se sentaient quand ils s'estimaient ignorés. «Personne dans ce pays ne devrait à nouveau se sentir exclu», répète-t-il à ses auditoires qui, dit-il, applaudissent.
Baird aux barricades
Voici un autre événement à souligner et qui a fait peu de bruit au Québec. Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a profité de son passage devant la Royal Commonwealth Society, à Londres, pour se porter à la défense des droits des homosexuels. Il a même pris directement à partie certains pays africains et des Caraïbes où l'homosexualité est toujours considérée comme un crime. Il s'est engagé à maintenir la pression, en plus de soulever le cas de l'activiste ougandais David Kato, tué à coups de marteau l'an dernier au moment d'une vague d'agressions homophobes survenue après qu'un quotidien eut publié la photo de plusieurs gais sous le titre «Pendez-les».
Cette sortie lui a valu les félicitations de l'Edmonton Journal et de l'Ottawa Citizen. Le Journal note que Baird n'en est pas à ses premières déclarations sur le sujet, tant au Canada qu'à l'étranger, ce qui est tout à son honneur. Les gouvernements de pays progressistes comme le Canada devront toutefois faire davantage, dit le quotidien, s'ils veulent amener d'autres pays à changer, et le gouvernement canadien doit s'assurer de prêcher par l'exemple en matière de droits de la personne.
Droits autochtones
Parlant de droits, ceux des autochtones ont occupé l'avant-scène cette semaine avec la rencontre entre le gouvernement Harper et les chefs de l'Assemblée des Premières Nations (APN), la première en six ans. Le bilan de la rencontre est partagé. Le Globe and Mail juge prometteuse l'approche pragmatique et étapiste favorisée par Stephen Harper et le grand chef Shawn Atleo. Il y voit les bases d'un nouveau partenariat, le gouvernement et l'APN s'étant engagés à travailler ensemble pour éliminer les obstacles à la bonne gouvernance et au développement économique des réserves, revoir le mode de financement des programmes et mettre en oeuvre des recommandations à venir sur l'éducation. «Si, une fois le sommet terminé, les leaders autochtones et gouvernementaux travaillent ensemble pour identifier et prévenir un autre Attawapiskat, on aura fait bon usage du symbolisme», conclut le Globe.
Tim Harper, du Toronto Star, souligne que cette rencontre, menée par deux hommes pragmatiques, avait d'abord pour but de rétablir la confiance entre les autochtones et le gouvernement fédéral. Harper et Atleo partagent la même préoccupation pour le développement économique des réserves et la formation de la main-d'oeuvre abondante qui y vit. Mais pour bien des chefs, il y a plus urgent, comme le manque d'eau potable, de logements chauds, d'écoles salubres. La confiance a peut-être été renouvelée, «mais les chefs aux prises avec des besoins plus immédiats peuvent-ils faire accepter cette confiance une fois à la maison?» demande le chroniqueur avec une pointe de doute.
David Akin, de l'agence QMI, note que Harper et Atleo ont besoin l'un de l'autre. Les deux hommes sont sur la même longueur d'onde lorsqu'il est question de donner la priorité à l'éducation et à la formation professionnelle pour améliorer le sort des jeunes autochtones. Mais il faudra du temps pour voir l'effet de ces efforts sur la qualité de vie et le développement économique des réserves.
Or Atleo n'a pas des années devant lui pour faire ses preuves. Son mandat se termine cet été et, pour le voir renouvelé, il doit obtenir l'appui de 60 % des chefs, qui, dans bien des cas, sont animés d'un sentiment d'urgence. Harper peut l'aider, dit Akin, et il a intérêt à le faire, car il garderait ainsi un «partenaire pragmatique et modéré». «Le plus important peut-être, écrit Akin, est que les deux hommes pourraient ainsi travailler de façon productive pendant quelques années à améliorer de façon tangible la vie de dizaines de milliers d'autochtones.» Suffisant? On le saura lors de l'élection de l'été prochain, conclut le chroniqueur.
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