Revue de presse - De l'essentiel au futile
La semaine politique a été chargée. Du congrès du Parti libéral du Canada (PLC), la fin de semaine dernière, à la décision américaine dans le dossier Keystone XL en passant par le financement fédéral pour la santé, il y avait matière à commentaires. Malgré cela, certains commentateurs de la presse anglophone ont trouvé le moyen de s'émouvoir davantage pour la double citoyenneté de Thomas Mulcair et le supposé coût du bilinguisme.
Ainsi, la publication d'une étude de l'Institut Fraser sur le coût des services bilingues a fait les choux gras de quelques commentateurs du National Post et de la chaîne SunMedia. Et, de toute évidence, personne n'était assez bilingue à l'Ottawa Sun pour éviter les fautes. «C'est cher, n'est pas? [sic]», titrait-on à la une.
Lorne Gunter, du National Post, s'émeut des sommes en jeu: 2,4 milliards de dollars dépensés annuellement par le fédéral et les provinces. À son avis, cela ne vaut le coup que dans deux provinces, le Québec et le Nouveau-Brunswick, où les unilingues de langue minoritaire représentent plus de 1 % de la population. Pour les autres (tous francophones évidemment et moins nombreux souvent à cause de décisions passées destinées à accélérer leur assimilation), Gunter ne suggère rien. Il se contente de faire la liste par province du nombre de personnes s'exprimant uniquement dans la langue de la minorité et s'indigne de voir certaines provinces dépenser des millions pour répondre à une poignée de citoyens, tenant pour acquis que les francophones bilingues ne comptent pas dans l'équation, comme s'ils n'avaient pas le droit d'être servis dans leur langue. En même temps, il dit que toutes ces politiques sur les langues officielles n'ont rien donné puisque le niveau de bilinguisme n'a pas augmenté dans la population anglophone. Des francophones, il ne dit mot. Mais si le taux de bilinguisme n'augmente pas, cela ne veut-il pas dire que le besoin demeure entier d'avoir accès à des services dans sa langue?
Question de passeport
Candidat au leadership du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair a la double citoyenneté canadienne et française. Quelqu'un s'en est rappelé cette semaine et a, du coup, déclenché une petite tempête, en particulier au National Post où on s'est mis à plusieurs pour souligner qu'un aspirant premier ministre devrait avoir une seule citoyenneté et ne porter allégeance qu'à un seul pays, celui qu'il souhaite diriger. Le même discours que la droite et les néodémocrates (ce que plusieurs journalistes se sont plu à souligner) avaient servi à Stéphane Dion à l'époque.
Andrew Coyne, en particulier, a repris le flambeau cette semaine en précisant que cela n'avait rien de personnel et qu'il ne contestait pas le droit d'un Canadien de détenir une autre citoyenneté, bien qu'il exprime des réserves. Il note que tout cela n'a «rien de honteux ou d'immoral». «Personne ne peut le forcer à faire passer le Canada en premier», ajoute-t-il, laissant entendre ainsi l'existence d'une ambivalence chez Mulcair. Coyne ne comprend cependant pas qu'on permette à un premier ministre de faire les lois d'un pays tout en ayant juré de respecter celles d'un autre. Une personne qui peut demander le «sacrifice ultime» à ses citoyens devrait être prête à en faire un plus élémentaire, celui de renoncer à toute autre allégeance, car le Canada n'est pas qu'un point sur la carte, mais un «projet moral», dit-il. Il note que, pour être candidate à la direction d'un parti, une personne doit renoncer à toute autre affiliation politique. «Est-ce que cela devrait être différent pour un candidat au poste de premier ministre? Il nous demande de le choisir. Est-ce trop demander de vouloir qu'il nous choisisse?»
Santé
La dispute entre Ottawa et les provinces au sujet du financement de la santé a provoqué des opinions partagées et tranchées. Il y a ceux, comme Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, qui estiment que le fédéral a bien fait de ne pas répéter le grand théâtre qu'on avait connu sous Jean Chrétien et Paul Martin et de chercher à respecter les compétences des provinces. Ceux encore, comme Gary Mason, toujours du Globe, qui pensent qu'il y a toujours un risque à demander quelque chose: celui de l'obtenir. Les provinces ont toujours protesté contre l'ingérence d'Ottawa? Eh bien, Ottawa répond en disant que le débat est clos puisque l'argent est maintenant sur la table, sans condition. À l'opposé, il y a ceux, comme Thomas Walkom, du Toronto Star, et Frances Russell, du Winnipeg Free Press, qui tiennent à voir le fédéral assumer un leadership en santé et qui craignent un système de santé à multiples vitesses sous l'impulsion d'un gouvernement conservateur qui ne croit pas, selon Walkom, à un système pancanadien.
Ainsi, la publication d'une étude de l'Institut Fraser sur le coût des services bilingues a fait les choux gras de quelques commentateurs du National Post et de la chaîne SunMedia. Et, de toute évidence, personne n'était assez bilingue à l'Ottawa Sun pour éviter les fautes. «C'est cher, n'est pas? [sic]», titrait-on à la une.
Lorne Gunter, du National Post, s'émeut des sommes en jeu: 2,4 milliards de dollars dépensés annuellement par le fédéral et les provinces. À son avis, cela ne vaut le coup que dans deux provinces, le Québec et le Nouveau-Brunswick, où les unilingues de langue minoritaire représentent plus de 1 % de la population. Pour les autres (tous francophones évidemment et moins nombreux souvent à cause de décisions passées destinées à accélérer leur assimilation), Gunter ne suggère rien. Il se contente de faire la liste par province du nombre de personnes s'exprimant uniquement dans la langue de la minorité et s'indigne de voir certaines provinces dépenser des millions pour répondre à une poignée de citoyens, tenant pour acquis que les francophones bilingues ne comptent pas dans l'équation, comme s'ils n'avaient pas le droit d'être servis dans leur langue. En même temps, il dit que toutes ces politiques sur les langues officielles n'ont rien donné puisque le niveau de bilinguisme n'a pas augmenté dans la population anglophone. Des francophones, il ne dit mot. Mais si le taux de bilinguisme n'augmente pas, cela ne veut-il pas dire que le besoin demeure entier d'avoir accès à des services dans sa langue?
Question de passeport
Candidat au leadership du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair a la double citoyenneté canadienne et française. Quelqu'un s'en est rappelé cette semaine et a, du coup, déclenché une petite tempête, en particulier au National Post où on s'est mis à plusieurs pour souligner qu'un aspirant premier ministre devrait avoir une seule citoyenneté et ne porter allégeance qu'à un seul pays, celui qu'il souhaite diriger. Le même discours que la droite et les néodémocrates (ce que plusieurs journalistes se sont plu à souligner) avaient servi à Stéphane Dion à l'époque.
Andrew Coyne, en particulier, a repris le flambeau cette semaine en précisant que cela n'avait rien de personnel et qu'il ne contestait pas le droit d'un Canadien de détenir une autre citoyenneté, bien qu'il exprime des réserves. Il note que tout cela n'a «rien de honteux ou d'immoral». «Personne ne peut le forcer à faire passer le Canada en premier», ajoute-t-il, laissant entendre ainsi l'existence d'une ambivalence chez Mulcair. Coyne ne comprend cependant pas qu'on permette à un premier ministre de faire les lois d'un pays tout en ayant juré de respecter celles d'un autre. Une personne qui peut demander le «sacrifice ultime» à ses citoyens devrait être prête à en faire un plus élémentaire, celui de renoncer à toute autre allégeance, car le Canada n'est pas qu'un point sur la carte, mais un «projet moral», dit-il. Il note que, pour être candidate à la direction d'un parti, une personne doit renoncer à toute autre affiliation politique. «Est-ce que cela devrait être différent pour un candidat au poste de premier ministre? Il nous demande de le choisir. Est-ce trop demander de vouloir qu'il nous choisisse?»
Santé
La dispute entre Ottawa et les provinces au sujet du financement de la santé a provoqué des opinions partagées et tranchées. Il y a ceux, comme Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, qui estiment que le fédéral a bien fait de ne pas répéter le grand théâtre qu'on avait connu sous Jean Chrétien et Paul Martin et de chercher à respecter les compétences des provinces. Ceux encore, comme Gary Mason, toujours du Globe, qui pensent qu'il y a toujours un risque à demander quelque chose: celui de l'obtenir. Les provinces ont toujours protesté contre l'ingérence d'Ottawa? Eh bien, Ottawa répond en disant que le débat est clos puisque l'argent est maintenant sur la table, sans condition. À l'opposé, il y a ceux, comme Thomas Walkom, du Toronto Star, et Frances Russell, du Winnipeg Free Press, qui tiennent à voir le fédéral assumer un leadership en santé et qui craignent un système de santé à multiples vitesses sous l'impulsion d'un gouvernement conservateur qui ne croit pas, selon Walkom, à un système pancanadien.
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