Oléoduc - Tirer sur le messager
Le début houleux des audiences concernant le projet d'oléoduc Northern Gateway qui doit acheminer le pétrole de l'Alberta jusqu'au Pacifique est à l'image de tous les débats du genre qui se tiennent désormais en pays démocratiques. Il procède du droit des citoyens de participer aux décisions qui les affectent. Malheur aux élus qui voudront imposer leurs choix de façon unilatérale au nom de ce bon vieux concept de progrès rebaptisé «création-de-richesse»!
D'un bout à l'autre du Canada, l'abondance des ressources constitue une source d'activité économique majeure. Malheureusement, la preuve n'est pas faite que leur exploitation se déroule toujours dans le meilleur intérêt des collectivités hôtes, au contraire. On a pu le constater lorsque le gouvernement Charest a donné son appui, d'abord inconditionnel, à l'exploitation des gaz de schiste. Ou encore à travers les travaux du vérificateur général qui ont amené le même gouvernement à se montrer plus exigeant envers les sociétés minières. On l'observe aussi dans l'acharnement du gouvernement Harper à défendre les intérêts des pétrolières.
Dans une lettre ouverte au contenu surréaliste publiée la semaine dernière, le ministre fédéral des Ressources naturelles, Joe Oliver, a poussé le ridicule jusqu'à comparer la lenteur des consultations précédant la réalisation des grands projets contemporains à l'empressement avec lequel on a construit le chemin de fer transcanadien, il y a 125 ans.
Faisant écho aux allégations d'un groupe de pression favorable au «pétrole éthique» de l'Alberta, le ministre a accusé les «radicaux» financés par des intérêts «étrangers» de prendre en otage le processus de consultation entourant le projet Northern Gateway de la société Enbridge. Pourtant, tous les rapports crédibles publiés à ce jour ont montré que la presque totalité de l'argent et des personnes qui ont demandé à être entendues proviennent de Colombie-Britannique, dont une quarantaine de nations autochtones.
En revanche, on ne peut pas en dire autant du lobby favorable au pipeline formé des filiales de sociétés étrangères qui souhaitent exporter «leur» pétrole vers l'Asie. Il faut un sacré culot pour accuser les autres d'intervenir dans ses affaires quand on appartient à un gouvernement qui mène une campagne soutenue pour influencer les autorités américaines afin qu'elles approuvent cet autre projet d'oléoduc, celui de TransCanada, qui doit relier l'Alberta au sud des États-Unis.
En conclusion de sa lettre ouverte, le ministre Oliver annonçait que son gouvernement allait modifier les règles afin d'accélérer le processus de consultation entourant les grands projets canadiens. Voilà qui n'augure rien de bon!
Les gisements pétrolifères, les mines, les forêts génèrent des emplois et des revenus pour bien des gens et pour les gouvernements. Malheureusement, ceux qui les exploitent tentent trop souvent d'imposer la version courte de l'histoire, moins coûteuse mais plus risquée. Aux États-Unis, TransCanada est sur le point de faire connaître un nouveau tracé pour l'oléoduc Keystone XL dont la réalisation est menacée par le refus de l'État du Nebraska. Pourquoi avoir tant attendu? Qui est responsable du retard?
De nos jours, les études et les consultations constituent le moyen le plus adéquat pour obtenir le matériau indispensable à l'arbitrage politique des inévitables conflits entre citoyens et promoteurs. Qu'elles exigent du temps est un moindre mal: elles sont indispensables à la vie démocratique.
D'un bout à l'autre du Canada, l'abondance des ressources constitue une source d'activité économique majeure. Malheureusement, la preuve n'est pas faite que leur exploitation se déroule toujours dans le meilleur intérêt des collectivités hôtes, au contraire. On a pu le constater lorsque le gouvernement Charest a donné son appui, d'abord inconditionnel, à l'exploitation des gaz de schiste. Ou encore à travers les travaux du vérificateur général qui ont amené le même gouvernement à se montrer plus exigeant envers les sociétés minières. On l'observe aussi dans l'acharnement du gouvernement Harper à défendre les intérêts des pétrolières.
Dans une lettre ouverte au contenu surréaliste publiée la semaine dernière, le ministre fédéral des Ressources naturelles, Joe Oliver, a poussé le ridicule jusqu'à comparer la lenteur des consultations précédant la réalisation des grands projets contemporains à l'empressement avec lequel on a construit le chemin de fer transcanadien, il y a 125 ans.
Faisant écho aux allégations d'un groupe de pression favorable au «pétrole éthique» de l'Alberta, le ministre a accusé les «radicaux» financés par des intérêts «étrangers» de prendre en otage le processus de consultation entourant le projet Northern Gateway de la société Enbridge. Pourtant, tous les rapports crédibles publiés à ce jour ont montré que la presque totalité de l'argent et des personnes qui ont demandé à être entendues proviennent de Colombie-Britannique, dont une quarantaine de nations autochtones.
En revanche, on ne peut pas en dire autant du lobby favorable au pipeline formé des filiales de sociétés étrangères qui souhaitent exporter «leur» pétrole vers l'Asie. Il faut un sacré culot pour accuser les autres d'intervenir dans ses affaires quand on appartient à un gouvernement qui mène une campagne soutenue pour influencer les autorités américaines afin qu'elles approuvent cet autre projet d'oléoduc, celui de TransCanada, qui doit relier l'Alberta au sud des États-Unis.
En conclusion de sa lettre ouverte, le ministre Oliver annonçait que son gouvernement allait modifier les règles afin d'accélérer le processus de consultation entourant les grands projets canadiens. Voilà qui n'augure rien de bon!
Les gisements pétrolifères, les mines, les forêts génèrent des emplois et des revenus pour bien des gens et pour les gouvernements. Malheureusement, ceux qui les exploitent tentent trop souvent d'imposer la version courte de l'histoire, moins coûteuse mais plus risquée. Aux États-Unis, TransCanada est sur le point de faire connaître un nouveau tracé pour l'oléoduc Keystone XL dont la réalisation est menacée par le refus de l'État du Nebraska. Pourquoi avoir tant attendu? Qui est responsable du retard?
De nos jours, les études et les consultations constituent le moyen le plus adéquat pour obtenir le matériau indispensable à l'arbitrage politique des inévitables conflits entre citoyens et promoteurs. Qu'elles exigent du temps est un moindre mal: elles sont indispensables à la vie démocratique.
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