Revue de presse - Dérapage autour d'un pipeline
Le gouvernement Harper ne s'est pas fait que des amis avec ses sorties virulentes contre les groupes écologistes qui s'opposent au projet d'oléoduc Northern Gateway, d'Enbridge.
Michael Harris, d'iPolitics, est cinglant. Selon lui, cet épisode n'en est qu'un de plus dans cet effort de Stephen Harper pour rendre notre démocratie sourde aux bruits qui lui déplaisent. Les groupes environnementaux «ne sont pas traités différemment de l'opposition, des chiens de garde indépendants, des fonctionnaires, des scientifiques courageux, des syndicats, des fermiers partisans de la Commission canadienne du blé ou de ces agaçants journalistes». Harris trouve toutefois que Harper n'a jamais frappé aussi bas que dans ce dossier du pipeline, en peignant les groupes écologistes comme des radicaux financés par des intérêts étrangers, lui qui ne désapprouve pas les appuis étrangers, financiers ou politiques, pour le même projet. Le journaliste rappelle que ce pétrole est destiné à la Chine, un pays au bilan désolant en matière de droits de la personne. «Le pétrole est-il toujours éthique quand il est vendu à un pays [...] qui écrase les Tibétains, massacre des protestataires étudiants et soutient le régime nord-coréen?», demande Harris. Comme plusieurs, le chroniqueur estime que le gouvernement ne cherche ainsi qu'à faire diversion et éviter un débat sérieux sur les mérites de cet oléoduc. Avec sa dernière manoeuvre, dit Harris, le gouvernement ne fait que jeter un doute sur une commission qui, il le sait, ne peut que permettre l'expression d'opinions qu'il refuse d'entendre et souhaiterait étouffer.
Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, parle lui aussi d'une «diversion hypocrite». Que des Américains se mêlent d'un dossier environnemental canadien n'est pas une première, rappelle-t-il. Les Canadiens, y compris les entreprises pétrolières et le gouvernement conservateur, ne se gênent pas eux non plus, comme on l'a vu dans le dossier du projet d'oléoduc Keystone XL. «Ces "radicaux" [c'est-à-dire ces Canadiens défenseurs à tout prix des entreprises] et ces "fonds étrangers" [lire: dollars canadiens] sont intervenus directement dans le processus réglementaire et politique américain comme le font souvent des intérêts "étrangers" qui sont à la recherche d'avantages économiques.» Entendre maintenant le premier ministre et son ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, se plaindre de la réciproque est un peu fort, dit Simpson. Le processus d'évaluation est peut-être trop long, mais l'opposition à l'oléoduc est avant tout canadienne. L'Office national de l'énergie va finir par approuver le projet, il le fait toujours, mais pas avant d'avoir tenu quelques années d'audiences. Et il y aura sûrement des recours devant les tribunaux de la part des autochtones, ce qui retardera davantage le projet, s'il finit par voir le jour, prédit le chroniqueur.
Parodie
Thomas Walkom, du Toronto Star, parle d'une «parodie préoccupante». Parodie parce que l'industrie pétrolière est dominée par des intérêts étrangers, les mêmes qui poussent pour cet oléoduc afin de desservir leurs projets d'exploitation des sables bitumineux. Toutes ont d'ailleurs demandé le statut d'intervenants lors de ces audiences. Walkom trouverait cela drôle si ce n'était pas un premier ministre et un ministre qui parlaient. «Harper et son ministre [...] ont délibérément recours à des demi-vérités et des faussetés pour tenter de façon grossière de calomnier leurs critiques environnementaux.»
L'équipe éditoriale du Globe and Mail estime pour sa part que, peu importe ce que l'on pense du projet d'oléoduc, le processus d'examen doit suivre son cours sans interférence politique. Les attaques du premier ministre et du ministre Oliver sont exagérées et le Globe se demande quelle mouche les a piqués. Après tout, le ministre se montrait plus modéré et circonspect en octobre en entrevue au Globe. Sa peur de voir le processus pris en otage par quelques groupes est sans fondement. En fait, c'est plutôt l'incapacité de certaines personnes de se faire entendre qui poserait un véritable risque en provoquant des recours judiciaires supplémentaires.
Faux arguments
Le National Post et SunMedia ont pour leur part défendu le droit du gouvernement de faire connaître sa position en faveur de l'oléoduc et de la défendre avec vigueur. Bien que le Post n'approuve pas tous les arguments utilisés par les conservateurs, il estime que «le gouvernement a le droit, le devoir même, de se battre pour les priorités politiques qu'il croit dans l'intérêt national». Mais il devrait cesser de porter des attaques «qui lui donnent des allures xénophobes» et se concentrer sur une présentation claire de sa position. Les Canadiens, dit le Post, sont capables de faire la part des choses.
L'Edmonton Journal pense qu'il est temps que les conservateurs abandonnent leur habitude de dénigrer leurs critiques. «En attaquant la légitimité et la crédibilité de leurs opposants au lieu de débattre avec maturité et politesse, le gouvernement a indiqué sa préférence avant même que la commission indépendante n'ait eu le temps d'écouter un seul témoin. Pire, le gouvernement a miné sa propre crédibilité en étant incohérent, sinon hypocrite, au sujet de la participation étrangère dans ce débat.»
Michael Harris, d'iPolitics, est cinglant. Selon lui, cet épisode n'en est qu'un de plus dans cet effort de Stephen Harper pour rendre notre démocratie sourde aux bruits qui lui déplaisent. Les groupes environnementaux «ne sont pas traités différemment de l'opposition, des chiens de garde indépendants, des fonctionnaires, des scientifiques courageux, des syndicats, des fermiers partisans de la Commission canadienne du blé ou de ces agaçants journalistes». Harris trouve toutefois que Harper n'a jamais frappé aussi bas que dans ce dossier du pipeline, en peignant les groupes écologistes comme des radicaux financés par des intérêts étrangers, lui qui ne désapprouve pas les appuis étrangers, financiers ou politiques, pour le même projet. Le journaliste rappelle que ce pétrole est destiné à la Chine, un pays au bilan désolant en matière de droits de la personne. «Le pétrole est-il toujours éthique quand il est vendu à un pays [...] qui écrase les Tibétains, massacre des protestataires étudiants et soutient le régime nord-coréen?», demande Harris. Comme plusieurs, le chroniqueur estime que le gouvernement ne cherche ainsi qu'à faire diversion et éviter un débat sérieux sur les mérites de cet oléoduc. Avec sa dernière manoeuvre, dit Harris, le gouvernement ne fait que jeter un doute sur une commission qui, il le sait, ne peut que permettre l'expression d'opinions qu'il refuse d'entendre et souhaiterait étouffer.
Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, parle lui aussi d'une «diversion hypocrite». Que des Américains se mêlent d'un dossier environnemental canadien n'est pas une première, rappelle-t-il. Les Canadiens, y compris les entreprises pétrolières et le gouvernement conservateur, ne se gênent pas eux non plus, comme on l'a vu dans le dossier du projet d'oléoduc Keystone XL. «Ces "radicaux" [c'est-à-dire ces Canadiens défenseurs à tout prix des entreprises] et ces "fonds étrangers" [lire: dollars canadiens] sont intervenus directement dans le processus réglementaire et politique américain comme le font souvent des intérêts "étrangers" qui sont à la recherche d'avantages économiques.» Entendre maintenant le premier ministre et son ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, se plaindre de la réciproque est un peu fort, dit Simpson. Le processus d'évaluation est peut-être trop long, mais l'opposition à l'oléoduc est avant tout canadienne. L'Office national de l'énergie va finir par approuver le projet, il le fait toujours, mais pas avant d'avoir tenu quelques années d'audiences. Et il y aura sûrement des recours devant les tribunaux de la part des autochtones, ce qui retardera davantage le projet, s'il finit par voir le jour, prédit le chroniqueur.
Parodie
Thomas Walkom, du Toronto Star, parle d'une «parodie préoccupante». Parodie parce que l'industrie pétrolière est dominée par des intérêts étrangers, les mêmes qui poussent pour cet oléoduc afin de desservir leurs projets d'exploitation des sables bitumineux. Toutes ont d'ailleurs demandé le statut d'intervenants lors de ces audiences. Walkom trouverait cela drôle si ce n'était pas un premier ministre et un ministre qui parlaient. «Harper et son ministre [...] ont délibérément recours à des demi-vérités et des faussetés pour tenter de façon grossière de calomnier leurs critiques environnementaux.»
L'équipe éditoriale du Globe and Mail estime pour sa part que, peu importe ce que l'on pense du projet d'oléoduc, le processus d'examen doit suivre son cours sans interférence politique. Les attaques du premier ministre et du ministre Oliver sont exagérées et le Globe se demande quelle mouche les a piqués. Après tout, le ministre se montrait plus modéré et circonspect en octobre en entrevue au Globe. Sa peur de voir le processus pris en otage par quelques groupes est sans fondement. En fait, c'est plutôt l'incapacité de certaines personnes de se faire entendre qui poserait un véritable risque en provoquant des recours judiciaires supplémentaires.
Faux arguments
Le National Post et SunMedia ont pour leur part défendu le droit du gouvernement de faire connaître sa position en faveur de l'oléoduc et de la défendre avec vigueur. Bien que le Post n'approuve pas tous les arguments utilisés par les conservateurs, il estime que «le gouvernement a le droit, le devoir même, de se battre pour les priorités politiques qu'il croit dans l'intérêt national». Mais il devrait cesser de porter des attaques «qui lui donnent des allures xénophobes» et se concentrer sur une présentation claire de sa position. Les Canadiens, dit le Post, sont capables de faire la part des choses.
L'Edmonton Journal pense qu'il est temps que les conservateurs abandonnent leur habitude de dénigrer leurs critiques. «En attaquant la légitimité et la crédibilité de leurs opposants au lieu de débattre avec maturité et politesse, le gouvernement a indiqué sa préférence avant même que la commission indépendante n'ait eu le temps d'écouter un seul témoin. Pire, le gouvernement a miné sa propre crédibilité en étant incohérent, sinon hypocrite, au sujet de la participation étrangère dans ce débat.»
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