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Ottawa allonge sa liste publique des immigrants recherchés

Les personnes «interdites de territoire pour des raisons de sécurité ou de criminalité organisée» peuvent maintenant être dénoncées

12 janvier 2012 | Guillaume Bourgault-Côté | Canada
Le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, estime que la publication de la liste des immigrants recherchés par Ottawa s’est révélée efficace puisque la stratégie a mené jusqu’ici à l’interpellation de 15 personnes, dont 7 ont été expulsées. <br />
Photo : Agence Reuters Chris Wattie Le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, estime que la publication de la liste des immigrants recherchés par Ottawa s’est révélée efficace puisque la stratégie a mené jusqu’ici à l’interpellation de 15 personnes, dont 7 ont été expulsées.
N'en déplaise aux organismes spécialisés en droit de l'immigration, la stratégie du gouvernement conservateur de révéler publiquement la liste des immigrants les plus recherchés par Ottawa — et de demander l'assistance des Canadiens pour les retrouver — s'enracine peu à peu. Une nouvelle phase a été lancée hier et cible maintenant plus largement les criminels.

Trente nouveaux profils d'individus recherchés ont été ajoutés à la page Internet spéciale de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Les personnes visées par cette liste noire font l'objet d'un mandat de renvoi pancanadien pour différentes infractions.

Bien souvent, l'agence ne précise pas celles-ci: on indique que la personne a été «condamnée pour une infraction commise à l'étranger et qui aurait constitué une infraction à la loi canadienne». Autrement, on cible des gens reconnus coupables de divers trafics, de grande criminalité, d'usage négligent d'une arme à feu, de voies de fait, d'incendie criminel, d'agressions sexuelles, etc.

Une liste qui s'allonge


Si la liste des crimes reprochés est vaste, c'est que le gouvernement a élargi le bassin de crimes pouvant mériter une exposition sur la liste prioritaire des personnes recherchées par l'ASFC. Lors du lancement de cette stratégie de divulgation publique, le 21 juillet, le gouvernement ciblait uniquement des personnes «accusées ou complices de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité».

Ce premier essai a été jugé satisfaisant pour le gouvernement (cinq arrestations en deux semaines). Le 18 août, Ottawa a donc élargi le mandat pour inclure des individus qui «ont été condamnés pour des actes criminels au Canada».

Le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, a annoncé hier un nouvel élargissement de la liste qui comprend maintenant les personnes «interdites de territoire pour des raisons de sécurité ou de criminalité organisée». Les directives au public demeurent les mêmes: il ne faut pas «essayer d'appréhender ces personnes» soi-même, mais plutôt transmettre tout renseignement à l'ASFC.

«Nous avons été surpris de la quantité d'appels de Canadiens inquiets d'un bout à l'autre du pays», a soutenu hier le ministre Kenney. Un total de 225 appels ont été recensés. Ils ont contribué à l'interpellation de 15 personnes, dont 7 ont été renvoyées. Jason Kenney a affirmé qu'il n'y a eu aucun dérapage recensé dans cette opération de dénonciation. M. Kenney n'a par ailleurs pas exclu que la liste soit de nouveau élargie pour inclure d'autres crimes reprochés.

N'empêche: l'annonce d'hier a renforcé les craintes d'une quinzaine d'organismes de défense du droit des réfugiés (notamment le Conseil canadien pour les réfugiés) qui avaient signé en juillet une déclaration dénonçant la décision du gouvernement. On faisait notamment valoir que la publication de l'identité des recherchés peut violer le droit de ces individus à la protection de la vie privée et que le processus contribue à «créer une image négative des non-citoyens comme étant de dangereux criminels». Le conseil a maintenu hier toutes ces critiques.
 
 
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