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Détournement de débat

Manon Cornellier   11 janvier 2012  Canada
Le scénario est classique. Mécontent de voir des citoyens et des groupes utiliser les mécanismes de consultation existants pour critiquer un projet qu'il chérit, le gouvernement Harper se lance dans le dénigrement des messagers et l'intimidation de l'organisme chargé de les entendre. Il se sert ensuite des épouvantails qu'il invente pour justifier l'émasculation éventuelle du processus de consultation en question.
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  • André Chevalier - Abonné
    11 janvier 2012 04 h 49
    Aux barricades !
    À ce rythme-là, la démocratie ne pourra plus s'exercer que dans le rue.
    Comme l'écrivait Pierre Foglia, il y a plusieurs années: « Au 21e siècle, les terroristes seront ceux qui feront sauter des usines.»
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  • Raymond CHALIFOUX - Abonné
    11 janvier 2012 06 h 05
    "Plus de 4000 personnes ont demandé de se faire entendre."
    Si la verte Colombie échoue devant les sales bitumineux de l'Alberta, ce sera une (autre) démonstration que ce pays, tel que les gens de ma génération en tout cas l'on connu, n'existe "vraiment" plus: le capital de l'ouest l'a acheté par élections successives de Conservateurs interposées, et l'a ensuite foutu aux vidanges!Terminée, "La Démocratie en Amérique"!

    C'est notre version locale du Super Pac : http://www.lepoint.fr/monde/super-pac-l-arme-de-la
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  • François Ricard - Abonné
    11 janvier 2012 06 h 29
    Pour quelques sous...
    Le dollar canadien, en hausse constante, rend de plus en plus difficile l’exportation de nos produits manufacturiers. Cette hausse de notre dollar est largement tributaire du nombre artificiellement élevé de dollars américains qui arrivent pour acheter le pétrole des sables bitumineux. Nombre artificiellement élevé car le coût des ges, du nettoyage des sites, de la disposition et du traitement des mers de résidus empoisonnées n’est aucunement internalisé dans le prix final.
    Non seulement le Canada laisse aux générations futures le coût de la dégradation environnementale, mais, en plus, il leur lègue une économie moins diversifiée et moins équilibrée.
    Pour le seul pipeline « Keystone », un des nombreux approuvés depuis l’arrivée des conservateurs en 2006, 18 000 seront perdus. Ce pipeline exportera vers les USA du pétrole lourd non raffiné (545 000 barils par jour) ce qui aura pour effet de ne pas créer d’emplois à valeur ajoutée. Non seulement nous exportons nos richesses naturelles en brut, mais nous exportons aussi les emplois. C’est un comportement digne d’un pays du tiers-monde.

    Part de lAlberta dans les recettes gazières
    Lougheed 1970-1990 40%
    Klein 1987-2000 22%
    Klein 2000-2006 15%
    L'Alberta appartient maintenant aux pétrolières.
    Et en plus, on leur refile 2,8 milliards de dollars en subventions annuellement.
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  • Jacques Lison - Abonné
    11 janvier 2012 06 h 58
    Assad et Harper?
    Dans ce même journal, le titre "Assad dénonce 'un complot étranger'"... Le Canada est loin d'être une dictature, mais les tactiques Harper sont quand même révoltante, et inquiétantes
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  • Notsag - Abonné
    11 janvier 2012 09 h 25
    Précision...
    @François Ricard:

    "Part de l'Alberta dans les recettes gazières"

    Les chiffres que tu cites sont intéressants, mais est-ce uniquement pour les recettes gazières, ou pour les recettes gazières ET pétrolières?

    Merci pour la précision.
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  • François Ricard - Abonné
    11 janvier 2012 10 h 13
    @Notsag
    Ce sont plutôt les recettes " pétrolières".

    J'ai tiré ceci de Anfrew Nififoruk. Il fait alors référence à Oilsands gas output"
    Je pense que j'aurais dû traduire par "pétrolifères" plutôt que "gazières".
    Mon erreur.
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  • Notsag - Abonné
    11 janvier 2012 12 h 27
    Redevances pétrolières
    @François Ricard:

    Merci pour ta réponse. J''ai voulu vérifier ces chiffres, et j'ai trouvé cet article du Devoir: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-s

    Le premier paragraphe dit "L'Alberta a réduit hier ses redevances sur le pétrole afin de stimuler l'exploitation de ses sables bitumineux".

    Au deuxième paragraphe, on dit: "Le taux maximum des redevances exigées par l'Alberta pour le pétrole traditionnel sera ramené de 50 % à 40 % des revenus et celui du gaz naturel passera de 50 % à 36 %."

    Par contre, on ne fait aucune mention du taux pour le pétrole non-conventionnel (provenant des sables bitumineux).

    Il est donc possible que les chiffres de Nikiforuk s'appliquent spécifiquement au pétrole issu des sables bitumineux. C'est à vérifier.
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  • Notsag - Abonné
    11 janvier 2012 12 h 50
    M. Kent a tenu sa propre Commission, et sa guillotine est prête!
    Fatigué d'attendre après la Commission de l'Office National de l'Énergie, il a tenu sa propre Commission. Dans La Presse d'aujourd'hui, on apprend:

    "Depuis sa nomination le 4 janvier 2011, M. Kent a eu 72 rencontres au total avec des lobbyistes, dont 9 avec des représentants de filiales de sociétés pétrolières ou gazières étrangères."

    Malheureusement, on ne cite pas le nombre de représentants écolo que SA commission a accueilli.

    J'ai l'impression que M. Kent prépare le terrain en prévision de la décision américaine à propos de Keystone, attendu en février. Si c'est positif, Le Northern Gateway sera alors moins "urgent". Toutefois, si c'est négatif, il voudra alors se rabattre sur le Northern Gateway, et imposer la guillotine à la Commission.

    Est-ce que la constitution lui permettrait d'imposer cette guillotine???
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  • Pascal Barrette - Abonné
    11 janvier 2012 15 h 20
    Groupes écolos, 5 rendez-vous
    @ Notsag

    Le Droit d'aujourd'hui, p. 15, publie l'article de La Presse que vous citez à propos des lobbyistes qui courtisent Peter Kent. Après le paragraphe que vous citez, «... dont 9 avec des représentants de filiales de sociétés pétrolières ou gazières étrangères", on y lit: «De leur côté, les groupes écologistes ont eu cinq rendez-vous avec le ministre Kent au total.»

    Si le ministre des Ressources naturelles Joe Oliver, présent à deux des rencontres des représentants des sociétés pétrolières avec le ministre Kent, accuse les écologistes d'être «noyautés» par des groupes étrangers, on peut lui relancer la balle sur le mur des données du Commissariat au lobbying du Canada, et reprocher au gouvernement Harper de se laisser lui-même courtiser davantage par des groupes pétroliers étrangers que par des écologistes.

    Hélas, «quid novi sub sole?»

    Pascal Barrette, Ottawa
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  • France Marcotte - Abonnée
    11 janvier 2012 15 h 26
    Le gouvernement: ennemi du peuple
    On a curieusement la même impression au Québec.
    Est-ce normal docteur?

    C'est grave grave grave. Et madame Cornellier n'a plus besoin de cumuler les exemples, on a compris.

    Alors?, dit le citoyen esseulé, tout nu dans son salon.

    Quel est le prochain pas? À qui on envoie l'appel de détresse?

    Un long silence creux lui répond, semblable à celui qu'a reçu la vigie sur le Titanic, un soir d'avril sur l'Atlantique Nord.

    Dites-nous la vérité. Nous sommes foutus?
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  • Bernard Lorazo - Abonné
    11 janvier 2012 16 h 44
    Harper, Assad, Poutine et autres "pseudo démocrates", même combat
    Lorsque le bon peuple se rebiffe, le "complot étranger" est invoqué pour le discréditer et le faire taire.
    Pitoyable Premier Ministre du Canada pour qui le bien commun n'existe pas!
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  • Camille - Abonnée
    11 janvier 2012 16 h 58
    Une autre note, svp. (1)
    Tout le monde et son voisin ici étant viscéralement et presqu'aveuglément contre l'exploitation pétrolière de l'Alberta, j'ose faire connaître mon opposition à ce consensus écologico-politique parce que c’est bien de cela qu’il s’agit.

    En ce qui concerne l’essence même de cette industrie, il faudrait reconnaître que malgré le relais haut et fort du discours des écologistes par les médias, notre société a besoin du pétrole pour un bon bout de temps encore. Ce n’est pas l’énergie solaire, ou éolienne qui peut encore répondre à tous les besoins énergétiques de notre société. Il se fait de la recherche sur les énergies alternatives, tant mieux. Mais tout le monde ne peut pas se promener à bycik.

    Puisqu’on a besoin du pétrole encore au XXI ième siècle, on devrait pouvoir reconnaître que le nôtre produit chez nous, en faisant travailler des gens d’ici, à bons salaires, et en apportant des revenus à notre économie, vaut pas mal mieux que celui des pays du Golfe, dont les U.S.A. sont encore grands consommateurs. Pays du Golfe dont les régimes politiques dans l’ensemble ne sont pas très amis de l’Occident. D’accord pour nos dollars, mais pas pour notre culture, nos valeurs, notre démocratie, notre religion.

    La production du pétrole n’est pas nécessairement une industrie plus propre dans les pays du Golfe ni même en Iran. Que savons-nous véritablement des problèmes écologiques là-bas ? En plus, de rester accrochés aux problèmes environnementaux des sables bitumineux d’il y a 10 ans n’est pas très honnêtes aujourd’hui. L’industrie fait de très gros efforts en ce sens et investit des sommes importantes dans la recherche pour réduire sans cesse l’impact écologique. La science a évolué et continuera d'évoluer (même en ce qui concerne la construction de l'oléoduc lui-même).

    (A suivre)
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  • Camille - Abonnée
    11 janvier 2012 16 h 59
    Une autre note, svp. (2)
    Quant aux audiences de la Commission d’étude sur l’environnement sur ce projet d’oléoduc et son ouverture à l’opinion du public, 4000 intervenants veulent se faire entendre (on n’est pas en Iran ici, même pas aux USA si on veut bien le reconnaître). Peu d’information nous est donnée pas les médias sur qui sont ces 4000. Mais on sait au moins qu’il y a beaucoup de groupes environnementaux dont un certain nombre sont financés par des fonds étrangers (ce qui n’est pas sans intérêt). Même Hugo Chaves et sa compagnie pétrolière se sont inscrits. De même qu’un Cave man (homme des cavernes), sans compter les Léonard di Caprio et autres acteurs, dont l’empreinte écologique et carbonique citoyenne est loin des normes mises de l’avant par les groupes écologiques.

    Se pourrait-il aussi que les intérêts étrangers finançant des groupes écologiques d’ici ou d’ailleurs, chargés de dénigrer la production du pétrole de l’Alberta et de tout faire pour retarder la mise en route du projet Keystone, quitte à encombrer ridiculement la Commission d’étude, se pourrait-il donc que ces intérêts étrangers aient en fait des visées purement économiques et non écologiques face à l’arrivée d’un plus gros joueur sur le marché mondial ?
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  • Roland Berger - Abonné
    11 janvier 2012 17 h 08
    Moé, j'ai le droit. Pas toé !
    Kent accuse les écologistes d'être noyautés par des groupes étrangers. Pour les capitalistes, l'argent n'a pas d'odeur. Mais ils ne veulent surtout pas qu'il en soit de même pour ceux et celles qui veulent sauver la planète pour les générations futures. Ça, c'est de la trahison.
    Roland Berger
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