Politique québécoise - Les transfuges
Les transfuges politiques se multiplient. Nous avons eu droit à deux hier. L'un à Ottawa avec la députée néodémocrate de Saint-Maurice-Champlain, Lise Saint-Denis, qui est passée au Parti libéral, et l'autre à Québec avec le député péquiste de Laprairie, François Rebello, qui a rejoint la CAQ de François Legault. Ces allers-retours politiques sont autant de répliques au séisme politique du 2 mai, qui est loin d'être totalement apaisé.
Il y a toujours eu dans la politique des transfuges, des vire-capot, disait-on à une autre époque, motivés par des désaccords idéologiques, des ambitions personnelles ou encore la peur de perdre leur siège lors de la prochaine élection. Leurs défections sont toujours reçues comme une trahison par leurs collègues. Également par les électeurs qui, aujourd'hui, votent plus pour le parti et son chef que pour le député.
Manifestement, c'était le cas de la députée Saint-Denis, qui, comme tous les députés NPD du Québec, doit son élection à son chef Jack Layton. Bien sûr, elle a le droit de changer d'allégeance. Une fois élu, le député est libre de ses gestes, dont il n'aura à rendre compte qu'à l'élection suivante. Néanmoins, cela crée un malaise, d'autant que, dans son cas, la prochaine élection n'aura lieu que dans trois ans et demi, ce qui n'est pas le cas des transfuges de l'Assemblée nationale.
Inattendue, cette défection illustre le caractère composite du caucus néodémocrate québécois élu le 2 mai, qui est un amalgame de députés dont un grand nombre ne se destinaient nullement à cette fonction. Jack Layton en était le liant. Son absence a certainement joué un rôle dans la décision de Mme Saint-Denis. La direction du parti devrait y voir un feu jaune.
***
La démission de François Rebello est aussi une conséquence de l'élection du 2 mai. La défaite du Bloc québécois l'a convaincu que la souveraineté du Québec n'est pas pour demain. Il est de ceux qui, «en attendant», croient possible de faire avancer autrement le Québec pendant la période de latence où se retrouve ce projet. Cette attitude est tout à fait respectable. Ce qui l'est moins est le double jeu qu'il a mené tous ces derniers mois alors qu'il réfléchissait à son avenir politique.
François Rebello n'a surpris personne hier. On le sait carriériste et sa proximité politique avec François Legault était connue de tous. Il a été de toutes les batailles menées par celui-ci alors qu'il était député et ministre péquiste. Les serments de loyauté donnés ces derniers mois à sa chef Pauline Marois étaient bien sûr faux. Celle-ci a raison de se sentir trahie. Cette autre démission de son caucus ne diminuera en rien son sentiment d'être assiégée de tous bords tous côtés.
L'arrivée de ce nouveau député au caucus caquiste soulève une question fondamentale qui est celle de la place qui sera faite dans la Coalition avenir Québec au nationalisme. François Rebello a décrit son nouveau chef comme le seul leader nationaliste capable de se tenir debout devant Ottawa. Il assure que ses convictions souverainistes ne seront nullement contraintes. Rien n'est moins sûr, car la nature même de la CAQ est de réunir souverainistes et fédéralistes que tout oppose sur la question des rapports Ottawa-Québec et qui, quoi qu'en dise François Legault, demeure au coeur du débat politique. Sur cette question, il y a de sa part une sorte de déni qu'il ne pourra maintenir... à moins d'obtenir de son ami Rebello de se contraindre au silence. On jugera alors ce qui prime chez ce dernier, de ses convictions ou de ses ambitions.
Il y a toujours eu dans la politique des transfuges, des vire-capot, disait-on à une autre époque, motivés par des désaccords idéologiques, des ambitions personnelles ou encore la peur de perdre leur siège lors de la prochaine élection. Leurs défections sont toujours reçues comme une trahison par leurs collègues. Également par les électeurs qui, aujourd'hui, votent plus pour le parti et son chef que pour le député.
Manifestement, c'était le cas de la députée Saint-Denis, qui, comme tous les députés NPD du Québec, doit son élection à son chef Jack Layton. Bien sûr, elle a le droit de changer d'allégeance. Une fois élu, le député est libre de ses gestes, dont il n'aura à rendre compte qu'à l'élection suivante. Néanmoins, cela crée un malaise, d'autant que, dans son cas, la prochaine élection n'aura lieu que dans trois ans et demi, ce qui n'est pas le cas des transfuges de l'Assemblée nationale.
Inattendue, cette défection illustre le caractère composite du caucus néodémocrate québécois élu le 2 mai, qui est un amalgame de députés dont un grand nombre ne se destinaient nullement à cette fonction. Jack Layton en était le liant. Son absence a certainement joué un rôle dans la décision de Mme Saint-Denis. La direction du parti devrait y voir un feu jaune.
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La démission de François Rebello est aussi une conséquence de l'élection du 2 mai. La défaite du Bloc québécois l'a convaincu que la souveraineté du Québec n'est pas pour demain. Il est de ceux qui, «en attendant», croient possible de faire avancer autrement le Québec pendant la période de latence où se retrouve ce projet. Cette attitude est tout à fait respectable. Ce qui l'est moins est le double jeu qu'il a mené tous ces derniers mois alors qu'il réfléchissait à son avenir politique.
François Rebello n'a surpris personne hier. On le sait carriériste et sa proximité politique avec François Legault était connue de tous. Il a été de toutes les batailles menées par celui-ci alors qu'il était député et ministre péquiste. Les serments de loyauté donnés ces derniers mois à sa chef Pauline Marois étaient bien sûr faux. Celle-ci a raison de se sentir trahie. Cette autre démission de son caucus ne diminuera en rien son sentiment d'être assiégée de tous bords tous côtés.
L'arrivée de ce nouveau député au caucus caquiste soulève une question fondamentale qui est celle de la place qui sera faite dans la Coalition avenir Québec au nationalisme. François Rebello a décrit son nouveau chef comme le seul leader nationaliste capable de se tenir debout devant Ottawa. Il assure que ses convictions souverainistes ne seront nullement contraintes. Rien n'est moins sûr, car la nature même de la CAQ est de réunir souverainistes et fédéralistes que tout oppose sur la question des rapports Ottawa-Québec et qui, quoi qu'en dise François Legault, demeure au coeur du débat politique. Sur cette question, il y a de sa part une sorte de déni qu'il ne pourra maintenir... à moins d'obtenir de son ami Rebello de se contraindre au silence. On jugera alors ce qui prime chez ce dernier, de ses convictions ou de ses ambitions.
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