Parti libéral du Canada - La route sera longue
Des trois partis d'opposition à la chambre des communes, le Parti libéral est celui qui en 2011 a le mieux joué son rôle. Relégué au statut de deuxième parti d'opposition, il s'est comporté comme s'il était le premier, menant la charge contre le gouvernement majoritaire de Stephen Harper. Ce succès, il le doit pour l'essentiel à son chef intérimaire, Bob Rae.
Les circonstances ont bien servi les libéraux durant ces huit premiers mois du gouvernement Harper. Le décès subit au cours de l'été de Jack Layton a laissé les députés néo-démocrates littéralement sans voix et sans moyens. Leur seul véritable succès durant cette session aura été la bataille en juin contre la loi de retour au travail à Postes Canada. Après, plus rien... ou presque. La nomination de Nycole Turmel comme chef intérimaire et la décision d'exclure des postes de critiques les candidats à la direction du parti laissèrent toute la place aux libéraux. Bob Rae sut faire la démonstration de son talent et de son instinct politique.
Les choses ne seront pas aussi faciles en 2012 pour M. Rae. Avec la fin de la course au leadership fin mars, le NPD se remettra en mouvement. Le vide politique laissé par le départ de Jack Layton se comblera, tout au moins partiellement car ni Brian Topp ni Thomas Mulcair, qui sont les deux principaux prétendants à sa succession, n'ont son talent et son aura. Le gagnant devra acquérir sa propre stature. Il lui faudra refaire l'unité des militants et surtout consolider les résultats de l'élection du 2 mai, tout particulièrement au Québec. Ce ne sera pas chose facile, mais au moins, ce nouveau chef aura la légitimité que lui donnera son élection.
Cette légitimité est ce qui manquera à Bob Rae cette prochaine année, lui qui ne sera toujours que chef intérimaire, avec au surplus l'engagement de ne pas être candidat à la
succession de Michael Ignatieff. Aux yeux des électeurs, il ne sera qu'un autre chef de passage... en attendant mieux.
La double décision de l'exécutif du Parti libéral prise au lendemain de la démission de Michael Ignatieff de ne tenir de congrès au leadership qu'en 2013 et d'exiger du chef intérimaire de ne pas être candidat pouvait s'expliquer par le choc traumatique de la défaite. On ne voulait pas se jeter précipitamment dans les bras d'un autre faux Messie. On craignait aussi que Bob Rae prenne le contrôle du parti pour l'amener à se fusionner au NPD. Ce fut une erreur puisque celui-ci s'est montré un serviteur loyal des intérêts du parti et qu'il apparaît aujourd'hui comme celui qui pourrait le mieux conduire le parti sur la voie de la reconstruction.
Le Parti libéral a besoin de profondes remises en cause qu'évoque avec justesse Sheila Copps dans la page Idées aujourd'hui. Ce parti ne peut avoir de grandes aspirations lors des prochaines élections. Il doit voir objectivement son état de faiblesse et se consacrer à la reconstruction sans attendre car la route sera longue. Or, peu importe qu'il s'agisse de refonte organisationnelle ou de remise en cause idéologique il est essentiel que ce travail soit animé par celui qui sera l'incarnation du parti aux yeux du public.
Attendre deux ans avant de se donner un nouveau chef, soit presque à la veille des prochaines élections, est une erreur qui doit être corrigée. Ce nouveau chef pourrait être Bob Rae qui a démontré qu'il a toutes les qualités pour jouer ce rôle. Libéré des menottes que lui impose son parti, il serait encore plus efficace. Ce pourrait aussi être quelqu'un d'autre, qui sait. Celui-là appréciera encore plus d'avoir tout le temps nécessaire pour asseoir son autorité avant le prochain rendez-vous électoral.
Les circonstances ont bien servi les libéraux durant ces huit premiers mois du gouvernement Harper. Le décès subit au cours de l'été de Jack Layton a laissé les députés néo-démocrates littéralement sans voix et sans moyens. Leur seul véritable succès durant cette session aura été la bataille en juin contre la loi de retour au travail à Postes Canada. Après, plus rien... ou presque. La nomination de Nycole Turmel comme chef intérimaire et la décision d'exclure des postes de critiques les candidats à la direction du parti laissèrent toute la place aux libéraux. Bob Rae sut faire la démonstration de son talent et de son instinct politique.
Les choses ne seront pas aussi faciles en 2012 pour M. Rae. Avec la fin de la course au leadership fin mars, le NPD se remettra en mouvement. Le vide politique laissé par le départ de Jack Layton se comblera, tout au moins partiellement car ni Brian Topp ni Thomas Mulcair, qui sont les deux principaux prétendants à sa succession, n'ont son talent et son aura. Le gagnant devra acquérir sa propre stature. Il lui faudra refaire l'unité des militants et surtout consolider les résultats de l'élection du 2 mai, tout particulièrement au Québec. Ce ne sera pas chose facile, mais au moins, ce nouveau chef aura la légitimité que lui donnera son élection.
Cette légitimité est ce qui manquera à Bob Rae cette prochaine année, lui qui ne sera toujours que chef intérimaire, avec au surplus l'engagement de ne pas être candidat à la
succession de Michael Ignatieff. Aux yeux des électeurs, il ne sera qu'un autre chef de passage... en attendant mieux.
La double décision de l'exécutif du Parti libéral prise au lendemain de la démission de Michael Ignatieff de ne tenir de congrès au leadership qu'en 2013 et d'exiger du chef intérimaire de ne pas être candidat pouvait s'expliquer par le choc traumatique de la défaite. On ne voulait pas se jeter précipitamment dans les bras d'un autre faux Messie. On craignait aussi que Bob Rae prenne le contrôle du parti pour l'amener à se fusionner au NPD. Ce fut une erreur puisque celui-ci s'est montré un serviteur loyal des intérêts du parti et qu'il apparaît aujourd'hui comme celui qui pourrait le mieux conduire le parti sur la voie de la reconstruction.
Le Parti libéral a besoin de profondes remises en cause qu'évoque avec justesse Sheila Copps dans la page Idées aujourd'hui. Ce parti ne peut avoir de grandes aspirations lors des prochaines élections. Il doit voir objectivement son état de faiblesse et se consacrer à la reconstruction sans attendre car la route sera longue. Or, peu importe qu'il s'agisse de refonte organisationnelle ou de remise en cause idéologique il est essentiel que ce travail soit animé par celui qui sera l'incarnation du parti aux yeux du public.
Attendre deux ans avant de se donner un nouveau chef, soit presque à la veille des prochaines élections, est une erreur qui doit être corrigée. Ce nouveau chef pourrait être Bob Rae qui a démontré qu'il a toutes les qualités pour jouer ce rôle. Libéré des menottes que lui impose son parti, il serait encore plus efficace. Ce pourrait aussi être quelqu'un d'autre, qui sait. Celui-là appréciera encore plus d'avoir tout le temps nécessaire pour asseoir son autorité avant le prochain rendez-vous électoral.
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