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Libre opinion - Retrait de Kyoto: une honte pour le Canada

Simon Dubé - Hyogo-ken, Japon  30 décembre 2011  Canada
Le lundi 12 décembre 2011, le gouvernement Harper a encore une fois couvert les Canadiens de honte, cette fois en annonçant le retrait du Canada de la prochaine phase du Protocole de Kyoto. L'annonce de ce retrait s'est faite lors de la dernière journée de la 17e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques réunissant les ministres et délégués des pays qui s'étaient engagés à poursuivre les pourparlers sur l'avenir du Protocole.

Lors de cette conférence, le ministre de l'Environnement Peter Kent n'a pas dévoilé ses intentions. Pensant que le Canada agissait de bonne foi, les participants ont conclu plusieurs ententes à la condition que les pays développés, dont le Canada, suivent leurs engagements climatiques. La plus importante avancée a probablement été menée par la Chine, qui, pour la première fois de son histoire, s'est montrée ouverte à s'engager dans la lutte.

Mais le lundi matin, lors du dernier segment de la conférence, le ministre Kent déclarait sourire en coin que le Canada ne croit plus à la pertinence du Protocole de Kyoto et annonçait ainsi le retrait de son engagement.

La honte! Après trois jours de pourparlers constructifs, le Canada osait saboter une partie des progrès accomplis lors d'une conférence de l'ONU, en plus d'annoncer une décision n'ayant même pas été débattue à la Chambre des communes!

Indépendamment du fait que la politique en question est l'environnement, il est tout simplement indigne qu'un ministre garde un visage impassible lors d'une conférence de ce genre pour ensuite exprimer son retrait à la dernière minute. Mais le blâme ne revient pas principalement au ministre Kent pour ce manque de jugement. En effet, Peter Kent n'est qu'un bouc émissaire, comme l'ont été ses prédécesseurs Mme Rona Ambrose et M. John Baird, servant à prendre les coups des journalistes et des critiques, et néanmoins permettre ce sordide changement de cap des politiques vertes du Canada. C'est M. Harper lui-même qui doit être tenu responsable; le premier ministre semble avoir une aversion irréfléchie pour l'ensemble du débat climatique.

Question d'identité


Je suis un fier Acadien originaire de Moncton, Nouveau-Brunswick. À l'époque où j'ai vécu un été au Brésil, on considérait mon pays comme une terre de liberté, de sécurité, de tolérance et de paix. Pour les Brésiliens, le Canada était un pays progressiste. J'habite aujourd'hui le Japon. Du Canada, on imagine de vastes forêts vierges, des aurores boréales admirées en pleine nature, un respect de la faune et de la flore et un peuple digne de l'immensité d'un tel territoire.

En apprenant ces nouvelles du Canada, devrais-je plutôt me demander ce qu'est devenu ce pays? En quoi les Canadiens respectent-ils encore les valeurs de ceux de l'époque de Jean Chrétien?

Au final, ce n'est plus une question d'environnement ou d'économie: c'est une question d'identité. Qui sommes-nous et en quoi croyons-nous encore tous ensemble? Le gouvernement Harper a écrasé l'opposition lors des dernières élections et se prend aujourd'hui pour la voix unifiée des Canadiens. Mais en réalité, ce ne sont qu'environ 25 % de l'ensemble des citoyens canadiens qui ont exprimé leur appui aux conservateurs au scrutin du 2 mai. Pourtant, Harper s'arroge le droit de transformer et de souiller l'image de mon pays à l'étranger. Le pays que Harper conçoit avec ses politiques ressemble aux États-Unis des républicains. Ce pays n'est pas le mien.

***

Simon Dubé - Hyogo-ken, Japon
 
 
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  • François Dugal - Abonné
    30 décembre 2011 08 h 38
    Démocratie 101
    Démocratiquement élu, le gouvernement Harper réalise ses promesses électorales; une majorité de canadiens approuve ses actions.
    Ainsi va la démocratie dans le «plusse meilleur» pays du monde; l'Alberta fait partie du Canada, que ça vous plaise ou non.
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  • Johanne Lavallée Bernard Dupuis - Abonné
    30 décembre 2011 09 h 37
    Une fermeture sur le monde
    Il est vrai que nous vivons à une époque de mondialisation et de prise de conscience de l'avenir de la planète. Les fédéralistes, y compris Jack Layton, ont toujours utilisé cet état de fait pour pourfendre les tenants de la souveraineté du Québec. Ceux-là alléguaient que le fédéralisme était une bien meilleure façon de rester ouvert sur le monde et faire partie de ces négociations et de ces collaborations nécessaires afin d'assurer l'avenir de prochaines générations. Or, nous pouvons voir comment cet argument des fédéralistes est fallacieux. Ce n'est pas parce que le Québec reste une province du Canada qu'il est plus ouvert sur le monde.

    C'est le Canada qui se ferme relativement à la mondialisation. Comme un enfant, il affirme que tant que les autres ne seront pas gentils, il se permettra de faire le délinquant à son tour. Il prend prétexte du fait que certains gros pays ne respectent pas les normes environnementales rigoureuses pour ne pas les respecter à son tour. C'est le sophisme de la double faute: je peux bien mal faire, puisque d'autres le font.

    Je reste convaincu qu'un Québec souverain ne serait pas moins ouvert sur le monde que le Canada, borné, «red neck» et mauvais citoyen de la mondialisation. Le Québec souverain ne serait pas subordonné à cette image souillée du Canada des sables bitumineux. J'aimerais bien savoir ce qu'en pense Daniel Breton et ses amis fédéralistes du NDP-NPD.

    Bernard Dupuis, Berthierville
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  • Jean Tremble - Inscrit
    30 décembre 2011 20 h 01
    @François Dugal
    << (...) Le gouvernement Harper réalise ses promesses électorales; une majorité de canadiens approuve ses actions.

    << Ainsi va la démocratie dans le «plusse meilleur» pays du monde; l'Alberta fait partie du Canada, que ça vous plaise ou non >>

    Peut-être… Cependant, le Canada fait partie de la Terre, et là il n’a pas la majorité.

    Il ne peut donc pas cochonner la planète à sa guise.
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