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Libre opinion - Pour 2012, que le Canada travaille partout en faveur des droits de la personne

Béatrice Vaugrante, Directrice générale, Amnistie internationale Canada et Alex Neve, Secrétaire général, Amnesty International Canada  29 décembre 2011  Canada
Il y a un an, le bruit des protestations en Tunisie et les signes de mécontentement en Égypte n'auraient pu faire croire à cette révolution des droits humains dans une région longtemps maintenue par des mains de fer dans un déni de libertés fondamentales et de justice. Quels renversements spectaculaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Les populations du Yémen, de Bahreïn et de Syrie continuent leur quête, au prix terrible de milliers de vies humaines.

Certes, on ne peut pas — encore — parler de révolutions institutionnelles. Mais la prise du pouvoir de la rue par la population civile — et particulièrement les femmes — pour faire valoir leurs droits est historique. Ce mouvement, d'ailleurs, réclame la jouissance de tous les droits, démontrant ainsi leur trop concrète interdépendance dans la vie de tous les jours: dire son opinion, se défendre contre un régime, mais aussi pour un revenu décent, un avenir. Bref, vivre dignement, à l'abri de la peur et de la misère, comme le proclame la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Le monde doit prendre acte de ces nouveaux portraits, après des décennies de tyrannie, alors qu'on assiste à l'élection de partis islamistes. Des questions sont soulevées sur la protection des droits des femmes, des minorités religieuses et des gais et lesbiennes. Les progrès touchant l'ensemble des droits humains restent à construire.

Tout autant que le bruit des manifestants, le silence feutré des gouvernements durant ce début d'année 2011 pour décider de leur éventuel soutien dans cette région du monde est terriblement révélateur. Une leçon pour beaucoup, dont le Canada.

Ces gouvernements ont toléré — s'ils n'en ont profité — ces pratiques violant les droits humains perpétrées pendant si longtemps par ces dictateurs. Bien trop souvent, les considérations touchant les droits des populations sont passées, si même elles passaient, bien après les alliances politiques, les enjeux liés à la sécurité ou les ententes commerciales.

Le Canada a commencé mollement en début d'année à réagir aux événements. Nous avons été l'un des derniers gouvernements à apporter notre soutien aux protestataires égyptiens. Nous étions quasi silencieux lors des premiers jours de la rébellion en Syrie, bien que maintenant nous soyons assez clairs. Le Canada a été plus engagé en Libye.

Le Canada a donc des préférences en matière de protection des droits humains. Nous le voyons avec Israël: notre soutien est sans conditions, le Canada se gardant de critiquer le pays pour ses nombreux échecs au chapitre des droits humains et son refus de rendre des comptes. Nous restons silencieux face à l'Arabie Saoudite, comme la plupart des autres nations qui n'osent critiquer le royaume du pétrole et son catastrophique bilan en matière de droits humains.

Même au Bahreïn, où un Canadien fait face à une peine de cinq ans de prison pour avoir pris part aux manifestations pacifiques, nous n'avons pas de nouvelles du Canada. Serait-ce à cause des perspectives commerciales en pétrole et gaz qui se développent entre les deux pays?

2012 doit devenir l'année où la politique en matière d'affaires étrangères du Canada doit enfin gagner en constance. Le Canada s'affirme haut et clair dans les dossiers touchant l'Iran et le Myanmar. Après l'ambivalence qui a prévalu, une position canadienne maintenant plus forte demande des comptes au Sri Lanka. Mais nous nous attendons à bien plus de considérations de cette nature vis-à-vis de la Colombie, les pays à risque en Afrique et la Chine.

Nous devons avoir l'assurance que les compagnies extractives canadiennes renforcent, et non affaiblissent, la protection des droits humains à l'étranger. Le Canada doit cesser le jeu des positions tièdes sur des enjeux globaux tels que les droits des peuples autochtones, les droits sexuels et reproductifs des femmes, le droit à l'eau, la peine de mort.

C'est pareil à la maison: il est temps de s'atteler à quelques enjeux cruciaux. La crise d'Attawapiskat a fait prendre conscience qu'il ne s'agit là que d'un exemple parmi d'autres. Les peuples autochtones chez nous subissent une myriade de violations de leurs droits depuis trop longtemps. Seule une ferme volonté politique peut résoudre ces écarts inacceptables. Le gouvernement doit abandonner sa pitoyable excuse qu'il n'est pas obligé de financer les services de protection de l'enfance des Premières Nations au même degré que les provinces finançant les autres agences de protection de l'enfance.

Les fonctionnaires pourraient-ils enfin reconnaître le droit à la terre des Cris du Lubicon? Enfin, pourrait-on commencer à travailler de manière urgente à un plan d'action nationale afin de mettre fin aux niveaux inacceptables de violence envers les femmes autochtones?

Cela ne finit pas là. Nous devons réparation aux trop nombreuses personnes dont les droits ont été violés dans le contexte du contre-terrorisme, à cause des certificats de sécurité, ou qui ont été torturées dans d'autres pays avec la complicité du Canada.

En 2012, nous devons démontrer aux millions de personnes qui ont — ou ont eu — du courage au ventre, animées par la quête de la dignité, qu'elles ne sont pas battues pour rien. Le potentiel pour bâtir et renforcer des sociétés de droits est devant nous. Même chez nous. Chérissons notre solidarité, notre droit à la dissidence, notre engagement historique pour la réalisation des droits pour tous. Montrons au Canada que c'est ce que nous voulons être: un leader en droits humains. Participez. Avec d'autres. Pour d'autres. Pour nous.

***

Béatrice Vaugrante, Directrice générale, Amnistie internationale Canada et Alex Neve, Secrétaire général, Amnesty International Canada
 
 
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  • Robert Henri - Inscrit
    29 décembre 2011 07 h 10
    Il ne faut pas rêver !
    Avec Stephen Harper? Il ne peut même pas respecter les droits et répondre aux besoins de sa propre population alors, il ne faut pas rêver, il faut nous en débarrasser.

    «Attawapiskat ou la dure réalité autochtone
    Caroline Montpetit 29 décembre Actualités en société
    Enfants couchant dans des logements sans chauffage à des températures sous zéro, jeune femme écrivant sa détresse... »
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    29 décembre 2011 08 h 35
    Mal placé pour parler!
    Avec la Reine d'Angleterre comme chef d'État
    Avec une centaine de sénateurs non-élus, choisis parmi les amis du partis au pouvoir jusqu'à 75 ans!
    Avec un gouvernement élu par 40% des électeurs, et seulement 25% de la population canadienne
    Avec sa constitution adoptée sans l'accord du Québec
    le gouvernement canadien est très mal placé pour faire la morale à quiconque sur la terre.
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  • michel lebel - Inscrit
    29 décembre 2011 09 h 56
    Le véritable fondement de la politique...
    Les droits de l'Homme devraient être le fondement de la politique de tous les États. Si ces droits étaient respectés, il n'y aurait plus de famine, de pauvreté, de terreur, de guerre. Nous sommes hélas bien loin de là! Il ne faut pas désespérer. L'Homme peut se dépasser. Un petit effort, M.Harper!
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    29 décembre 2011 11 h 24
    Oui, mais...
    Ça fait des décennies que la situation des peuples autochtones au Canada est décriée et ça continue de se détériorer. Alors le Canada est mal placé pour aller faire la leçon aux autres. Il devrait commencer par nettoyer sa propre maison et s'attaquer aux violations des droits humains ici, au pays, et ensuite, quand ce sera fait, il pourra aller donner des leçons aux autres, en prêchant par l'exemple. En ce moment, toute leçon que le Canada pourrait vouloir donner aux autres est risible et ne soulève que le mépris.

    J'aimerais bien qu'AI et les autres ONG des droits humains se concentrent sur ces violations des droits humains ici, au Canada, et ne cessent de harceler ce gouvernement jusqu'à ce que la situation soit corrigée.
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  • Nelson - Inscrit
    29 décembre 2011 12 h 32
    Pas des droits de la personne avec des "Marchands du Temple", qui voient juste $$$$$$$$

    Si nous sommes assez idiots pour elire des gouvernements de droite, oublions le droits humains dans le monde, et meme chez nous.

    Nous sommes responsables des exces et cochoneries de la droite politique et economique, parce que ce nous que les elisons pour nous gouverner....et nous abuser...et faire des alliances avec des dictateurs monstres vendus a nous..meme les integristes....pour les piquer le petrole et tout.
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