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    Sursaut pro-vie chez les conservateurs

    22 décembre 2011 |Hélène Buzzetti | Canada
    Lors de la dernière élection, Stephen Harper s'est engagé à ne pas rouvrir le débat sur l'avortement. «Je ne rouvre pas ce débat. Je ne veux pas le rouvrir. Je n'ai pas voulu le rouvrir. Je ne l'ai pas rouvert en tant que premier ministre et je ne le rouvrirai pas.»
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Lors de la dernière élection, Stephen Harper s'est engagé à ne pas rouvrir le débat sur l'avortement. «Je ne rouvre pas ce débat. Je ne veux pas le rouvrir. Je n'ai pas voulu le rouvrir. Je ne l'ai pas rouvert en tant que premier ministre et je ne le rouvrirai pas.»
    Ottawa — Le débat sur le statut légal des fœtus au Canada est sur le point d'être relancé. Et avec lui, celui de l'avortement. Le député conservateur Stephen Woodworth trouve inconcevable que le fœtus n'ait aucune existence légale tant qu'il n'est pas sorti vivant du corps de sa mère et demande à ce que cela soit changé.

    Alors que les fêtes de la Nativité approchent à grands pas, M. Woodworth (Kitchener Centre, Ontario) a envoyé un communiqué de presse hier sans préavis aucun. «Le député Stephen Woodworth en appelle à une révision d'une loi canadienne vieille de 400 ans», est-il écrit. Il rappelle qu'au Canada, le droit définit un enfant comme étant un être «ayant complètement sorti vivant du corps de la mère». «Cela signifie, déplore le député, qu'au Canada, un enfant qui respire est quand même considéré comme un sous-humain tant qu'un de ses petits orteils est encore dans le canal vaginal.»

    Le député conservateur suggère que cette loi soit réévaluée à la lumière des connaissances médicales du XXIe siècle. «Le député Stephen Woodworth estime que le Parlement a la responsabilité de mener cette évaluation.» M. Woodworth siège au Comité de la justice de la Chambre des communes, où une telle étude pourrait être amorcée à sa demande. Les conservateurs y détiennent une majorité de voix.

    Le député n'a accordé aucune entrevue hier pour expliquer ce qu'il avait en tête. Son bureau parlementaire a indiqué que lui seul était autorisé à parler de son initiative.

    Un projet de loi qui se fait toujours attendre

    Lors de la dernière élection, Stephen Harper s'est engagé à ne pas rouvrir le débat sur l'avortement. «Je ne rouvre pas ce débat. Je ne veux pas le rouvrir. Je n'ai pas voulu le rouvrir. Je ne l'ai pas rouvert en tant que premier ministre et je ne le rouvrirai pas.»

    En 2008, le gouvernement conservateur — incluant M. Harper et ses ministres — avait appuyé un projet de loi d'initiative parlementaire d'un des leurs, Ken Epp, par lequel un criminel aurait été puni deux fois s'il s'en prenait à une femme enceinte: pour les sévices infligés à la femme et ceux infligés au foetus. Tout le milieu pro-choix y avait vu un moyen détourné d'octroyer un statut légal au foetus et une étape vers la recriminalisation de l'avortement.

    Finalement, quelques jours avant le déclenchement de l'élection, en août 2008, le ministre de la Justice avait convoqué la presse pour annoncer que son gouvernement n'irait pas de l'avant avec le projet de loi de M. Epp. Rob Nicholson s'engageait à en proposer un autre.

    «Nous avons entendu des critiques à travers le pays, incluant des membres de la communauté médicale, que le projet de loi de M. Epp, tel que rédigé, pourrait être interprété de manière à octroyer des droits aux foetus, avait expliqué M. Nicholson. Soyons clairs: notre gouvernement ne rouvrira pas le débat sur l'avortement. Pour cette raison, et tout en gardant à l'esprit l'objectif de ce gouvernement de combattre le crime, j'annonce que le gouvernement déposera un projet de loi qui punit les criminels s'attaquant aux femmes enceintes, mais de manière à ne laisser aucune place à l'introduction de droits foetaux.»

    Deux élections plus tard (2008 et 2011), le gouvernement conservateur n'a toujours rien déposé à cet égard. Le bureau de M. Nicholson a refusé de dire si la promesse tenait toujours. «Nous avons toujours été clairs: notre gouvernement n'a pas l'intention de rouvrir le débat sur l'avortement», s'est limitée à dire Julie Di Mambro, l'attachée de presse du ministre.

    Les banquette conservatrices comptent un fort contingent de députés pro-vie. En septembre, quatre d'entre eux s'étaient insurgés en apprenant que la Fédération internationale pour le planning familial (FIPF) avait obtenu une subvention de 6 millions de dollars de l'ACDI pour améliorer la santé maternelle dans les pays en voie de développement. Et ce, même si FIPF s'était engagée à n'utiliser cette subvention que dans les pays où l'avortement est illégal, comme l'oblige désormais la politique internationale du gouvernement de Stephen Harper.

    Les Maurice Vellacott, Harold Albrecht, Brad Trost et Leon Benoit exècrent ce groupe qui milite pour le droit à l'avortement et à la limitation des naissances. «Un des objectifs avoués de la FIPF est de faire voler en éclats les lois sur l'avortement dans tous les pays à travers le monde et de faire reconnaître l'avortement comme un droit humain universel», avait fulminé M. Vellacott.












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