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Armes à feu: Dutil sort la carte judiciaire pour bloquer la destruction du registre

La Presse canadienne   13 décembre 2011 14h53  Canada
Québec — Un recours judiciaire empêchera la destruction des données du registre des armes à feu en attendant une décision du tribunal sur la décision des conservateurs d’abolir ce système d’enregistrement, a déclaré aujourd'hui le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil.

M. Dutil a affirmé que le Québec est propriétaire des informations sur les utilisateurs québécois du registre, puisque la mise en place de ce dispositif a été effectuée grâce aux contribuables de la province.

La démarche et les arguments qui seront invoqués par le Québec demeurent secrets, mais le gouvernement a estimé qu’il sera possible d’empêcher la destruction des données comme le prévoit le projet de loi C-19, qui est encore à l’étude au parlement fédéral.

«Nos juristes nous disent qu’on va respecter le bon "timing" qu’il faut pour nous permettre d’intervenir avant que le registre puisse être légalement détruit», a dit M. Dutil lors d’une conférence de presse.

Comme La Presse canadienne l’a rapporté hier, M. Dutil a annoncé aujourd'hui que le gouvernement québécois s’adressera aux tribunaux dès l’entrée en vigueur du projet de loi des conservateurs, qui avaient promis en campagne électorale d’abolir le registre.

Dutil n'avait pas le choix

Entouré de représentants du monde policier, de la santé, de l’éducation et de groupes de victimes de tragédies, M. Dutil a déclaré en conférence de presse à Québec qu’il n’avait pas le choix d’agir ainsi pour sauvegarder un registre dont l’utilité a été démontrée.

Après la sanction royale du projet de loi C-19 du gouvernement conservateur, Québec prendra la voie judiciaire afin de récupérer les données des certificats d’enregistrement des armes d’épaule.

«Je trouve injuste et inéquitable pour les Québécois, qui ont contribué par leurs impôts à la création de ce registre, que les données les concernant soient détruites sans que préalablement ne soit offerte au gouvernement du Québec la possibilité de les récupérer», a-t-il dit.

«Le gouvernement du Québec s’adressera aux tribunaux afin de récupérer les données des certificats d’enregistrement des armes à feu sans restriction des citoyens québécois inscrites dans le registre canadien.»

Projet de loi

Advenant un jugement favorable des tribunaux, un projet de loi serait déposé à l’Assemblée nationale pour établir notamment la mise en place d’un registre québécois, a affirmé le ministre.

M. Dutil n’a pas caché que l’annonce de cette démarche judiciaire vise à exercer des pressions supplémentaires sur le gouvernement fédéral, dans l’espoir de parvenir à une entente avant d’en arriver devant le tribunal.

«Si ce geste-là, aujourd’hui, pouvait amener le gouvernement fédéral à négocier pour qu’on le fasse hors cour, ce serait préférable», a-t-il dit.

Selon M. Dutil, sans les données d’Ottawa, la mise en place d’un système d’enregistrement québécois coûterait plus de 35 millions.

Le gouvernement québécois est engagé depuis des semaines dans un bras de fer avec le gouvernement fédéral, qui souhaite abolir le registre des armes d’épaule et détruire les données qu’il contient.

La semaine dernière, l’Assemblée nationale s’était unanimement prononcée en faveur d’un recours judiciaire visant le maintien du registre et la préservation de ses données.

Plusieurs appuis

Présent aux côtés de M. Dutil, le chef du Service de police de la ville de Montréal, Marc Parent, a déclaré après la conférence de presse que les agents montréalais utilisent le registre 350 fois par jour lorsqu’ils sont appelés à intervenir.

«Il y a des cas où on a empêché des suicides parce qu’avec l’information qu’on a pu obtenir, on a localisé des gens qui avaient dans leur main une arme longue et qui étaient sur le point de se suicider», a-t-il dit.

Le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, a expliqué que le registre permet de saisir les armes dans des situations à risque, auprès des suicidaires mais aussi dans le cas de violence conjugale.

M. Francoeur a affirmé que tous les policiers du pays sont unanimes quant à l’utilité du système d’enregistrement. «Il est utile non seulement pour la sécurité des policiers mais pour la sécurité des citoyens», a-t-il dit.

Une représentante d’un regroupement de témoins et victimes de la tuerie de Polytechnique a bien accueilli la décision du gouvernement québécois. Heidi Rathjen, qui a activement milité pour la mise en place du registre, a constaté que le gouvernement du Québec prenait le parti des victimes, un discours pourtant mis de l’avant par les conservateurs à Ottawa, notamment pour resserrer le Code criminel récemment.

«Contrairement aux conservateurs qui disent qu’ils sont là pour défendre les victimes, ce n’est pas vrai, c’est vraiment le Québec qui s’est levé pour défendre la sécurité publique, pour défendre le droit à la sécurité de leurs citoyens et peut-être même de tous les citoyens», a-t-elle dit, en espérant que d’autres provinces se joignent au Québec pour défendre les données.

Mme Rathjen a estimé que le combat que laisse entrevoir le recours judiciaire du Québec s’inscrira sur plusieurs années, peut-être même jusqu’en Cour suprême.
«On s’embarque dans un nouveau chapitre dans toute l’histoire pour le contrôle des armes à feu», a-t-elle dit.
 
 
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  • GVadnais - Inscrit
    13 décembre 2011 15 h 07
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    On pourrait soumettre une bonne idée à notre grand Stephen: pourquoi ne pas troquer le registre des armes à feux pour un registre des livres dangereux? Ça pourrait prendre un permis de lecture, ça serait pas mal.
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  •  
  • Raymond Turgeon - Abonné
    13 décembre 2011 15 h 09
    Quelle démagogie!
    Le ministre Dutil déclare que l'utilité du registre a été démontrée. Quand? Où? Comment? Je suis navré d'avoir raté cette grande démonstration. Je n'aurais jamais eu la malhonnêteté intellectuelle d'affirmer un tel mensonge. Mais puisque les journalistes omettent depuis 22 ans de questionner ce genre de prétentions, le contrôle de l'information a libre cours. Bravo.

    Raymond Turgeon
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  • Sebas124 - Abonné
    13 décembre 2011 15 h 15
    Content
    Content de voir que les intervenants du Québec sont capables de s'unir pour défendre nos valeurs.

    J'ai bien hâte de voir le fédéral essayer de faire valoir aux juges que le registre devrait être détruit sur la base d'impressions ministérielles et autre prodédés alchimiques de la droite chrétienne.

    Sébastien
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  • Notsag - Abonné
    13 décembre 2011 15 h 58
    Reality check!
    Au cours des dix dernières années, combien de meurtres ont été commis avec des armes d'épaule?

    Et de ceux-ci, combien étaient inscrites au registre?

    Avec ces données factuelles, on pourra décider s'il est vraiment nécessaire d'avoir un second registre au provincial (parce que celui au fédéral va continuer d'exister)
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  •  
  • Maryse Veilleux - Abonnée
    13 décembre 2011 16 h 08
    Monsieur Boisvenu?
    ... Monsieur Boisvenu est-il sur la tribune?...
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  •  
  • Sebastien Paquin - Inscrit
    13 décembre 2011 16 h 41
    On aura tout vu....
    Un gouvernement corrompu à l'os à la rescousse d'un régistre inutile.
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  •  
  • Hullois - Abonné
    13 décembre 2011 18 h 01
    Démontrée?
    "Entouré de représentants du monde policier, de la santé, de l’éducation et de groupes de victimes de tragédies, M. Dutil a déclaré en conférence de presse à Québec qu’il n’avait pas le choix d’agir ainsi pour sauvegarder un registre dont l’utilité a été démontrée."

    L'utilité a été démontrée? S'il-vous-plaît, démontrez-la moi donc, je suis encore ignorant!

    Moi qui pensait que ce registre ne faisait qu'inventorier les armes...
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  • M. Miclot - Inscrit
    13 décembre 2011 18 h 10
    Oh zut !!!
    Un employé fédéral a par inadvertance effacé le registre ou un virus l'a détruit. Comme Harper doit avoir peur des méchants libéraux du Québec!
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  • M. Miclot - Inscrit
    13 décembre 2011 18 h 18
    Chris Rock et le contrôle des armes à feu
    Quand même curieux que tant de gens veulent sauver le registre alors que tant se sont opposés à sa création, on est vraiment dans le summum du n'importe quoi. La solution : des balles au coût prohibitif telle que préconisée par Chris Rock. Si une balle coûtait 5000 dollars , tout le monde hésiterait avant de tirer.
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  • Plor - Inscrit
    13 décembre 2011 18 h 53
    DESTRUCTION DU REGISTRE DES ARMES D’ÉPAULE
    Ce dossier origine du drame des 14 femmes de Polytechnique. Pour se donner bonne conscience, plusieurs gouvernements, tous plus démagogiques les uns que les autres, et toutes autres personnes voulant biens paraître ont été en faveur de cet inutile registre. C’est exaspérant.

    En effet, outre les coûts importants engloutis, personne n’a jamais démontré de lien causal significatif entre le registre des armes d’épaule et le drame de Polytechnique. Cette démonstration aurait été importante. Les arguments apportés pour conserver ce registre sont illogiques et sans lien avec le but visé de protéger la population ou, même, les policiers.

    Bien qu’un exemple pour illustrer un point de vue soit souvent dangereux, je me risque. Prenez une personne conduisant sa Mustang sur l’autoroute à 160 kmh qui frapperait un minibus et en tuerait les 14 occupantes. Quel est le problème dans cet exemple? Le minibus, l’autoroute, la vitesse permise de 100 kmh, les 14 occupantes elles-mêmes, l’occupation de 14 occupantes dans un seul minibus, la vitesse de 160 kmh, la Mustang, le conducteur du minibus ou le conducteur de la Mustang? Répondre à cette question aiderait à la réflexion dans le dossier des armes. Si on appliquait le même raisonnement que pour le registre des armes d’épaule, j’ai l’impression qu’au Québec on privilégierait une solution de créer une bureaucratie additionnelle qui augmenterait le contrôle de la vente des autos! Quelle réponse bizarre et erronée alors que le problème dans cet exemple est, de toute évidence, le conducteur fou.

    Il serait bien intéressant d'écouter des débatteurs de la chose. Bien qu’il soit une activité usuelle au Québec de critiquer ce qui vient d’Ottawa, à l’instar de plusieurs autres propriétaires d’armes d’épaule qui, comme pour la majorité de la population sont d’honnêtes citoyens, je crois que les conservateurs, en cette matière, sont tout simplement logiques dans leur projet d'enterrer ce triste dossier.
    -Paul Lorion
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  • Maxim Bernard - Inscrit
    13 décembre 2011 20 h 59
    Charest espère gagner : il n'a même pas l'appui des Québécois !
    Je viens de lire les commentaires de certains d'entre vous. Pour la plupart, vous êtes pour l'abolition de ce registre. C'est aussi mon cas.

    Mais notre petit gouvernement Charest va quand même à l'encontre de l'opinion de la majorité et veut rapatrier la bureaucratie d'Ottawa ! Comme si on ne payait pas assez comme ça.

    De plus, la seule manière de faire abolir, par les tribunaux, une loi adoptée par le Parlement, serait de démontrer qu'elle est anticonstitutionnelle. Est-ce le cas du projet de loi C-19 ? Non.

    C'est ça, continuez de faire l'autruche, monsieur Charest.
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  •  
  • Jordan Veillette - Inscrit
    13 décembre 2011 21 h 32
    Lecture de l'arcticle...
    il me semble assé clair durant la lecture que ce n'est pas Charest qui demande le rapatriment du registe mais bien le regroupement incluant M. Dutil du secteur policier, de la santé ainsi que des victimes de cas dans lequel le registre aurait été utilisable ainsi que l'utilité de celui-ci quand on dénombre 350 utilisation du registre uniquement pour l'île de Montréal tout les jours, certainement dans ce cas vue les preuves mentionnés dans l'article ci-dessus je suis pour le rappatriment de celui-ci!
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  • Hullois - Abonné
    13 décembre 2011 22 h 42
    Balles à 5000$...
    Si vous voulez payer votre gibier à 20000$, d'accord...

    La viande de gibier est tendre et délicieuse, et ces animaux qui vécurent en liberté toute leur vie ont eu une bien meilleure vie que la vaste majorité des animaux d'élevage.

    La viande de gibier ne devrait pas être une luxe réservé aux très riches. Cette viande fait parti de notre patrimoine et on devrait se la réapproprier. Ce n'est cependant certainement pas avec des mesures de même que ça va se passer...
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  •  
  • Maxim Bernard - Inscrit
    14 décembre 2011 16 h 56
    @Jordan Veillette
    Non, c'est bien Jean Charest qui est derrière tout ça. Dans notre système parlementaire, les ministre ne sont que des exécutants des volontés du Premier ministre. Si c'est M. Dutil qui parle aux médias, c'est quand même M. Charest qui l'a exigé. De plus, selon l'article, c'est le gouvernement du Québec qui pourrait intenter la poursuite. Si le PM s'y était opposé, cela ne pourrait pas arriver.
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